ANAGRAMME
de Monseigneur le Garde des Sceaux, Armand-Thomas- Hue de Miromesnil :
homme droit ennemi du mal.
Restent les lettres H, A, S, A, R, qui sont les initiales des mots suivants :
Humble, Ami, Sincère, Abhaissé (sic), Relevé.
Cette pièce est de l'auteur de l'acrostiche latine (sic). »
En 1764, la naissance du fils de Miroménil fut saluée par un horoscope (d'après l'ode d'Auger, professeur de rhétorique au collège de Rouen) de plus de quatre-vingts hexamètres, par Le Prévost, « théologien, précepteur chez M. Tocqueville; » comme aussi de vers français du même, présentés à Mme de Miroménil; enfin d'un acrostiche en douze vers latins « par un inconnu. » (Affiches de Normandie, 17 et 24 févr. 1764.)
(1) Ordinairement nommé Durand de Missy.
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Moitié (le), instituteur à Rouen, fit preuve de talent dans la poésie latine par deux allégories couronnées au Palinod de Rouen : en 1739 par la Pucelle d'Orléans; en 1740 par Henri IV.
Mollière (Thomas), autre que Jean-Baptiste et Joseph du même nom, voulut que le sien fût au nombre des lauréats du Palinod de Rouen en i633. Les deux prix qu'il y remporta lui assurèrent en effet cet honneur. Le Miroir ardent avait été le sujet qu'il avait traité dans une ode française, et le Miroir d'argent fut sa récompense ; le Soleil fut la seconde pour les stances sur la déesse Cypris, à laquelle il compara celle que l'Ecriture appelle « la Mère de la belle Dilection » [Eccli. xxiv, 24] :
Vierge, dont la beauté se rend plus admirable Que celles que l'on vante en la mère d'amour, Permets que ton Concept de l'ombre d'une fable Je tire par mes vers un [? en] véritable jour.
De l'écume des flots si Jupiter exprime Un chef-d'œuvre si beau qu'on l'a cru sans pareil, Dieu fait dedans la nuit de notre premier crime Ton concept si brillant qu'il fait honte au soleil.
Vénus pour sa beauté devient une déesse, Et voit beaucoup d'autels érigés à son nom ; Et Dieu veut que ton los retentisse sans cesse Aux temples consacrés à la Conception.
Que si le Dieu d'amour conçu de Cythérée Captive sous ses lois les hommes et les dieux, Tu produiras un Fils dont la flèche dorée Embrasera d'amour et la terre et les cieux.
Leur amour toutefois au vôtre contrarie,
Et leurs traits élancés sont de différents sort;
Les nostres sont trempés au nectar de la vie, Les autres, abreuvés du poison de la mort.
Aussi leur déité ne fut qu'imaginaire; Mais ton sacré Concept, de qui l'intégrité Va puisant son bonheur dedans notre misère, Tire d'un Dieu puissant toute sa vérité.
(V. Du Boccage).
Monclair (François de) peut avoir concouru aux prix du Palinod de Rouen avant et après 1619 ; mais on ne le voit couronné qu^en cette année par les mains de Pierre Puchot, Prince à cette époque. Le Lis, qui marquait alors le second prix du chant royal fut sa récompense pour celui qu'il présenta sur Thoas, roi de Lemnos.
Monnier {Nicolas le) (1). La plupart des pièces qu'il présenta au Palinod de Rouen furent de purs dons aux Princes du milieu du xvne siècle : une ballade à M. Boivin en 1648 sur le Triton qui calme Forage; un sonnet à M. de Beuvron en 1649, sur la Conception; une ode française au même sur Andromède ; un chant royal à M. de Harcourt en i65o, sur Abdolonime. Les seuls prix qu'il ait remportés sont celui d^ne ode française sur un fleuve d^spagne, dont le rivage fait honte au lambris des deux. Cette pièce lyrique lui valut le Miroir d^rgent en 1 636, sous Guiliaumede Marescot; Guillaume de Boivin lui donna le Lis pour un second chant royal en 1648, sur
La fille seule exempte du naufrage.
Moutier (Pierre du) ne se trouve que dans le Recueil
(1) Un Nicolas le Monnier était consul des marchands de Rouen en
d'Adrien Boccage, p. 22 et 35 1, et pour deux stances qui prouvent qu'elle était son imagination. Il terminait les unes par ces quatre vers :
Puissé-je toujours voir, o Vierge bien eurée, Mon âme s'enflammer aux rayons de votre œil, Comme cette fontaine en Asie admirée S'allumait autrefois aux flammes du soleil ;
et les autres par cette strophe :
Mon âme, arrête-toy : cet objet non pareil
N'a plus, pour sa grandeur, d'objet qui lui ressemble;
Dès que la Vierge est seule un phénix, un soleil,
Un grand miracle, un trosne, et un ciel tout ensemble.
Il est difficile de croire que le Soleil, l'un des prix fondé pour les stances, n'ait pas été le partage de l'auteur; mais on ignore absolument Pépoque de ses succès; ce Recueil est de 1 6 1 5 .
Montagut , conseiller et magistrat présidial en la sénéchaussée de Toulouse. C'est peut-être après s'être signalé aux Jeux floraux de cette ville qu'il vint se présenter aux Palinods de Rouen en 1 658, sous la principauté de Henri de Mathan. Un chant royal avec une ballade fut son offrande à cette société littéraire ou plutôt à la Patronne de l'institut, et il en remporta les prix, dont les symboles étaient la Palme et la Rose. Il obtint celle-ci par une peinture agréable de la Grenade :
Le seul fruict qui porte couronne,
Le chant royal avait pour sujet et pour refrain : L'astre du jour qui perce le nuage.
Montallois [François), référendaire en la chancellerie, Tun des confrères et juges destinés à gérer la principauté
du Palinod de Rouen, au premier siècle de cette institution. Il était le soixante-huitième sur le catalogue de ces Princes.
Monchrétien [Antoine). (V. le Supplément.)
Monfauld {Pierre), de Rouen, avocat général au parlement de Normandie en i522, président en 1527. Sans le secours de sa bibliothèque et des premiers statuts du Palinod de Rouen qu'il y possédait,, on Saurait peut-être jamais pu connaître au vrai l'origine de cet institut. L'exemplaire qu'il en avait, fut rendu authentique par arrêt du Parlement, et depuis refondu dans l'ouvrage de M. de Bretteville en 16 t 5, continué par le P. Marche, etc., Pierre de Monfauld fut incontestablement Prince du Puy, quoiqu'on ignore absolument l'année; et- ce doit être à cette occasion que furent composés deux chants royaux dont le refrain fait allusion à son nom :
Avec bon droict souvent ayde Moult fault,
disait Jean Broise vers i53o; et un anonyme du même temps :
Faulx mesdisans, cessez à mal parler Du sainct Concept de ma mère Marie.
Moult fault celui qui ne la clame saincte.
Le président a été plus délicatement loué par Jean- Baptiste Le Chandelier dans son poème sur le parlement de Rouen :
Delicix nostrx, etpopuli spectata voluptas, Omnibus acceptus nostra theatra régis
L'expression de théâtre,synonymedePuyoude Palinod pourrait prouver qu'en effet il en avait été Prince. Les vers suivants prouvent plus clairement que la ville de Rouen pouvait se glorifier d'avoir été son berceau :
Officii spécimen ducis, qua natus in urbe Lœtitiam hanc magnam civibus ingeminas.
Son extérieur n'était pas avantageux, mais quand il parlait, on oubliait sa taille :
Qui plus quam exigao corpore parvus erat ; Interior mirandus erat
Ce magistrat mourut le 20 septembre 1 54 1 , et gît à Sainte- Croix-Saint-Ouen. Il portait : écartelé d'azur, à la bande d'or et trois dards de sable.
Montfleury (J. Petit, écuyer, sieur de), membre de l'Académie de Caen, sa patrie, où il est mort le 7 avril 1777, à soixante-dix-neuf ans. Etait aussi chevalier académicien de V Ordre social ; et, dès 171 8, il publia diverses poésies, in-8° de 82 pages à Caen, dont les pièces principales sont des odes contre le monde, sur la mort, et touchant la naissance de Jésus-Christ. Une autre parut dans le Journal de Verdun, 1728; elle contenait l'éloge du Papier et avait été couronnée Tannée précédente au Puy de Caen. A la même époque, 1729. il en publia une sur le Zèle ; puis, en 1752, il célébra les grandeurs de Jésus et celles de Marie; ces vers sont dans le même journal. Il faut y ajouter deux autres odes françaises couronnées au Palinod de Rouen sur le Triomphe de la vertu en 1739, sous M. de Cany, et sur VŒU en 1 744 :
De cette étonnante machine
Qui peut compter tous les ressorts ?
Et comment les plus vastes corps Viennent se peindre en sa rétine ?
Comment, à contre-sens tracés, Les objets y sont- redressés Par le reflet de la lumière ; Et comment, faisant au cerveau Une impression singulière, L'âme y contemple leur tableau.
C'est ce palais incomparable, Des grâces ravissant séjour, Où les jeux, les ris et l'amour Font souvent leur retraite aimable ; Soleil fixe et toujours mouvant, Il surpasse le diamant Par son éclat et sa structure :
Plus beau, plus précieux que l'or, La féconde et riche nature N'a rien fait qui l'égale encor.