AUX MÈRES CHRÉTIENNES
Madame Sainte-Sophie , épouse d'un
ofiicier supérieur de l'empire , resta veuve jeune encore , et se voua , dans un ordre religieux qui renaissait à peine , à l'instruction des jeunes personnes.
Quatre de ses élèves , après leur sortie de pension , établirent entre elles et leur pieuse institutrice des rapports nouveaux dont cette correspondance est le résultat (■!).
Ces lettres sont donc beaucoup moins
(1) iNous renverrons le lecteur , pour plus de détails sur cette daine , à Ja lettre 29e , où ellemême a esquissé son histoire.
( vO une fiction sous la forme épistolaire qu'on ne sera peut-être porte à le croire. Dire comment elles sont tombées entre nos mains , qu'importe , si elles doivent être utiles ? et quelle autre espe'rance pourrions-nous avoir en les publiant ?
Nous ne connaissons aucun livre oïl soient traitées avec les développements qu'elles trouvent dans celui-ci les matières importantes que nous offrons à nos lecteurs , ou plutôt à nos jeunes lectrices , car ce sont elles que les Trois locations regardent particulièrement. Eclairer sur le choix d'un état ; déterminer par les motifs de la raison naturelle et d'une conscience religieuse «à un genre de vie qui ne soit pas un obstacle au bonheur et au salut ; faire voir d'avance les chances diverses qui se partagent toutes les positions de la société , en signaler les inconvénients et les avantages , afin qu'après avoir lu on agisse en toute connaissance de cause : voilà le but de cette correspondance.
Toute jeune personne qui voudra lire
( vu )
dans l'esprit de la sagesse chrétienne les avis que Mme Sainte - Sophie prodigue tour à tour à ses élèves sur le célibat , le mariage ou la vie religieuse , ne manquera pas d'acquérir une certaine connaissance de son propre cœur, démêlera ses dispositions cachées , et pourra devenir aussi heureuse qu'Alodie ou Constance, éviter les malheurs de \ alentinc , ou, comme Eléonore, trouver le bonheur dans un choix qui décidera de toute sa vie.
En offrant ce livre aux mères chrétiennes , nous ne craignons pas d'en prendre toute la responsabilité. Elles y retrouveront, nous osons le croire, leurs sentiments et leurs pensées. Elles, qui tremblent tous les jours pour l'avenir de leurs filles, nous sauront gré d'avoir concouru à leur rendre facile la tâche douce et pénible que leur imposent la Providence et la nature. Elles, qui n'ont pas assez de toute leur vigilance pour garantir des coeurs simples et naïfs de tant d ouvrages romanesques et dangereux , nous voudront du bien pour un livre dans lequel pas un
seul mot ne blessera la plus scrupuleuse délicatesse. Mais si pour elles, si pour les dignes objets de leurs plus vives sollicitudes , nous nous sommes impose' quelque soin , puissions-nous trouver dans leurs pieux souvenirs la recompense de notre bonne volonté !...