Chapitre XVHEK
Comme après que les notres eurent envoyé deux hor dises, vinrent 300 Sauyases en ernnde joie:
produit, et du Golfe de la Chaleur.
nmes en terre avec des marchan-
>; de In qualité de ce pays, de ce qu’il
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Le Jeudi huitième du du dit mois, par ce que le vent n'étoit bon pour
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DIE JACQUES QUARTIEI, 15
sortir hors avec nos navires, apparcillumes nos barques pour aller découvrir ee Golfe, et courumes en ce jour vingt-cinq lieuës dans icelui. Le lendemain ayant bon temps navigames jusqu'à midi, auquel temps nous eumes connoissance d'une grande partie de ce golfe, et comme sur les terres basses il y avoit d'autres terres avec hautes montagnes, Mais voyans qu'il n'y avoit point de passage, commencauncs à retourner faisans notre chemin le long de cette côte, et navigames, vimes des Sauvages qui étoient sur le bord d’un lac qui est sur les terres basses, lesquels Sauvages faisoient plusieurs feux, Nous allames là et trouvames Qu'il y avoit un Canal de mer qui entroit en ce lac, et mimes nos barques en l’un des bords de ce Canal. Les Sauvages S'approchèrent de nous avec une de leurs barques, et nous apportèrent des pièces de Loups-marins cuites, lesquelles ils mirent sur des boises, et puis se retirèrent nous donnant à ontendre qu'ils nous les donnoient, Nous envoyames des hommes en terre avec des mitaines, (*) couteaux, chapelets, et autres marchandises, desquelles choses ils se ré- Jjouirent infiniment, et aussitôt vinrent tout à coup au rivage où nous étions, avec leurs barques, apportans peaux ct autres choses qu'ils ävoient pour avoir de nos marchandises, ct étoient plus detrois cens tant hommes que femmes et enfans. Et voyons une partie des femmes qui ne passèrent, lesquelles étoient Jusques aux genoux dans la mer, Sautans et chantars, Les autres qui avoient passé 1à où étions venoient privément à nous frottans leurs bras avec leur mains, et après les haussoient vers le ciel, sautans et rendans plusieurs siones de rejouissance, et tellement s’assurèrent avec nous qu’enfin ils trafiquoient de main à main de tout ce qu'ils avoient, en sorte qu'il ne leur resta autre chose que le Corps tout nud, par ce qu'ils donnèrent tout ce qu'ils avoient, qui étoit chose de peu de valeur. Nous connumes que cette gent se pourroit aisément convertir à notre Foy. Ils vont de licu en autre, vivans de la pêche, Leur païs est plus chaud que n'est l'Espagne,(f) et le plus beau qu'il est possible de voir, tout egal et uni, et n'y a lieu si petit où n’y ait des arbres, combien que ce soient sablons, et où il n'y ait du froment sauvage, qui à l'épie comme le seigle, et le grain comme de l'avoine, et des pois aussi épais comme s'ils y avoient seméset cultivés, du raisin blanc cet rouge avec la fleur blanche dessus, des fraises, mures, roses rouges et blanches, ct autres fleurs de plaisante, douce et agréable odeur.
(*) Selon Hakluyt qui a traduit cette relation en Anglais Mitaines ‘? signifiaicnt “€ Hachots, ? ou “ petites Havhes, ”
(D) L'auteur s’est jei équiv qué, où à voulu faire règle pe rpétuelle d’uu accident de
chaleur : car le Golfe étant au 48e dégré ct demie, ne peut étre si chaud mémement en ccpai: .—L?Escarbot,
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Aussi il y a là beaucoup de belles prairies, et bonnes herbes et lues, où il
y à grande abondance de Saumons, [ls appellent une mitaine en leur
langue Cochi, ét un couteau Bacon, Nous appellames ce Golfe, Golfe de Chaleur.(*)