Chapitre XKIF
De la grandeur et profondeur du dit fleuve en général, et des bestes, oiseaux, poissons et autres choses que y avons vues, et la situation des licux.
Le dit Fleuve commence passé L'Isle de l'Assomption, le travers des hautes montagnes de Honguédo et des Sept Isles : et y a de distance en travers environ trente-cinq ou quarante licuës, et y a au parmi plus de deux cent brasses de parfond. Le plus profond et le plus sur à naviguer est du costé devers le Su; et devers le Nord, savoir : ès dites Sept Isles ÿ à d’un costé et d’autre environ sept lieuës, loin des dites Isles, deux grosses Rivières, qui descendent des monts du Saguenay, lesquelles font plusieurs bancs à la mer fort dangéreux. A l’entrée des dites Rivières avons vu grand nombré de Baleines et Chevaux de mer.
Le travers des dites Sept Isles y a une petite Rivière qui va trois ou quatre lieuës en la terre par-dessus des marais, en laquelle ya un mer veiileux nombre de tous oiseaux de Rivière, Depuis le commencement
54 SECOND VOYAGE du dit fleuve jusques à Hochclaga y à trois e
ent liouës ct plus, ct cst le commencement d'icelui à ln
Rivière qui vient du Saguenay, l et entre dedans le dit fle
e de Canada de la bande icelle Rivière fort profonde,
aquelle sort uve auparavant que devers le Nord ; et est estroite, ct fort dangére
Après la dite Rivière est 1 peuples par villages non clos, dedans le dit fleuve
d’entre hautes Montaonces d'arriver à la province
use à naviguer, à province de Canada, où il y à plusieurs Il y à aussi aux environs qu dit Canada plusieurs Isles tant grandes que petites ; ct entre autres, y en à une qui contient plus de dix licuës de long, (*) laquelle est pleine de beaux et grands arbres, et force vignes, Il ya passage des deux costés d'icelle, Le meilleur et le plus sûr est du costé devers le Su, Et au bout d'icelle Isle vers l'Ouest, y a un affourq d’eau bel et délectable pour mettre Navires, auquel y à un destroist du dit Fleuve fort courant et profond, (f) mais il n° lieuë, le travers duquel y a une ter labourée, aussi bonne terre ct demeurance du $
a de large qu'environ un tiers de re double de bonne hauteur toute qu’il soit possible de voir ; et là est 14 ville cigneur Donnacona, et de nos deux hommes qu'avions pris le premier voyage : laquelle demeurance se nomme Stadaconé. Et auparavant qu'arriver au dit licu, Y à quatre peuples et demeurances, savoir : Ajoasté, Starnatam, Tailla qui est sur une Montagne, ct Satadin, puis le dit licu de Stadaconé, sous laquelle haute terre vers le Nord est la Rivière ct Hâble de Saincte Croix : (f) auquel lieu avons été dempuis le quinzième jour de Septembre jusqu’au sixième Jour de mai mil cinq cens trente-six : auquel lieu les Navires demeurèrent à sec, comme ci-devant est dit, Passé le dit licu, est la demeurance du peuple du 7 équenouday et de Hochelay : lequel Téquenouday est sur une montaigne, et l’autre en un plain pays.
Toute la terre des deux côtés du dit Fleuve Jjusques à Hoehclaga, et
outre, est aussi belle ct unie que jamais homme regarda, Il ÿY à au-
Cunes mCataignes assez loin du dit Fleuve qu’on voit par sus les dites terres, desquelles il descend plusieurs rivières qui entrent dedans le dit ) 1 Î
€) L'Isle d'Orléans, à laquelle Quartier donne encor
e une étendue de plus de dix lieues de long.
() Ce Détroit, doit s'entendre de l’endroit ou le
Fleuve St. Laurent passe entre Québec et la Pointe Lévi,
@) D’après ce Passage de la Relation, on est porté à croire
que le Village de Sladaconé devait être situé sur la partie du côteau Ste. Geneviève, où se trouve maintenant le Fauboure &
& St. Jean ; et ce point une foi.
s établi, l’ancienne Rivière et Hüble de Ste. Croix est incontestablement la 7e
ivière St Charles d'aujourd'hui,
: est le le sort nt que et est pr, ISIeurs anada entre quelle re des ers le bel et leuve rs de coute ville nmes adas et une aute quel ème rent du sur
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Fleuve. Toute cctte dite terre est couverte et pleine de bois de plusieurs sortes, et force vignes, excepté à l'entour des peuples, laquelle ils ont désertée pour faire leur demeurance ct labeur, 11y a grand nombre de grands Cerfs, Daims, Ours, ct autres besto, Nous y avons vu les pas d’une beste qui n’a que deux pieds, laquelle nous avons suivie longuement pardessus le sable et vase, laquelle a les pieds en cette façon: grands d’une paulme ct plus. Il y a force Loutres, Bièvres, Martres, Reynards, Chats Sauvages, Lièvres, Connins, Escureils, Rats, lesquels sont gros à merveille, ct autres sauvagines, Ils s’acccoutrent des peaux d'icelles bestes, parcequ’ils n'ont nuls autres accoustremens, [1 y a grand nombre d'oiseaux, savoir: Grues, Outtardes, Cygnes, Oies sauvages blanches et grises, Cannes, Canards, Merles, Mauvis, Tourtres, KRamiers, Chardonnerets, Tarins, Serins, Linottes, Rossignols, Passes-Solitaires, et autres oiscaux comme en France,
Aussi, comme par ci-devant est faite mention ès chapitres précédens, le dit Fleuve est le plus abondant de toutes soïtes de poissons qu’il soit mémoire d'homme avoir jamais vue ni oui; car depuis le commencement jusques à la fin, y trouverez selon les saisons la plupart des sortes ct espèces de poissons de Ja mer ct d’eau douce. Vous trouverez jusques au dit Canada force Balcines, Marsoins, Cheveaux de mer, Adhothuis, qui est une sorte de poisson duquel jamais n’avions vue, ni oui parler. Is sont blancs comme neige, ct grands comme Marsouins, et ont le corps ct la teste comme Levricrs ; lesqnels se tiennent entre la mer et l’eau douce qui commence entre la rivière du Saguenay ct Canada.
Item y trouverez en Juin, Juillet et Aoust force Macquercaux, Mulcts, Bars, Sartres, grosses Anguilles, ct autres poissons ; ayant leur saison passée, y trouverez l’Eperlan aussi bien qu’en la Rivière de Seine. Puis au renouveau y à force Lamproies et Saulmons, Passé le dit Canada ya force Brochets, Truites, Carpes, Brèmes, et autres poissons d’eau douce, et de toutes ces sortes de poissons fait le dit peuple, de chacun selon leur saison, grosse pescherie pour leur substance et victuaille,