‹ Les Tropes de DumarsaisChapitre 20 sur 57 · E N G É N É II A L · texte numérisé non relu

E N G É N É II A L

Tityre, tupâtulae,rëcubans sub tégmine Virg. Ed. iagi, ^.v. I.

Sylvéstreiii , tenui , musam mediLiris , avéïià.

^^ous méditez une Muse ^ c'est-àdire , une chanson ; vous vous cjcerccz à chanter. Les Muses éloient regardées dans le Pagauisjne corne Jes Déesses qui inspiroieut les Poètes et les Musiciens : ainsi Muse se prend ici pour la chanson même , c'est la cause pour Télet; c'est une métony-, mie particulière , qui é oit en usage en latin : nous F expliquerons dans la suite.

Avéna , dans le sens propre , veut dire de \Aveine : mais parce que les Bergers se servirenl de petits tuyaux de blé ou d'aveiuc pour en faire une sorte de flûte , come fout encore les en fans à la campagne j de là , par extension , on a apelé ay^éji^ un chalumeau , une flûte de Berger.

On trouve un grand nombre de ces sortes de figures dans le Nouveau Testament, dans l'Imitation de J. C.

dans les fables de Phèdre , en un mot , dans les livres mêmes qui sont

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écrlls le plus simplement , et par lesquels on comence : ainsi je demeure toujours convaincu que cette partie n'est point étrangère à la Grammaire , et qu'un Grammairien doit avoir une conoissance détaillée des tropes.

Réponse à Je convicus , si l'on veut , qu'on une objec pp^^ bien parler sans jamais avoir tion. A . , *- • T 1 r

apris les noms pari.icuJiers de ces ii-

gures. Couibien de persones se servent d'expressions métaphoriques , sans savoir précisément ce que c'est Mo'ière , que métaphore ? C'est ainsi qu'il" y Bourg. Gen- avoit plus de /^o ans que le Bourse. 4. geois-Gentilhome disoit de la Prose ^ sans qu'il en sût rien. Ces conoissauccs ne sont d'aucun usage pour faire un compte , m pour bien conduire une \h\à.?ic\.i\i. maison, come dit M^ Jourdain, mais ^^' ^* elles sont utiles et nécessaires à ceux qui ont besoin de l'art de parler et d'écrire; elles mettent de Tordre dans les idées qu'on se forme des mots; elles servent à démêler le vrai sens des paroles , à rendre raison du discours , et douent de la précision et de la justesse.

Les Sciences et les Arts ne sont

que

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que des observaliuns sur la pratique :

r usage et la pratique ont précédé toutes les sciences et tous les arts ; mais les sciences et les arts ont ensuite perfeetioné la pratique. Si Molière n'avoit pas étudié lui-même les observalions détaillées de l'art de parler et d'écrire , ses pièces n'auroient été que /'l^-eL,^Y^' des pièces informes, où le génie , à la* //

\érité, auroit paru quelquefois, mais qu'on auroit renvoyées à Tenflince de la Comédie : ses talens ont été periectionés par les observations, et c'est l'art même c|ui lui a apris à saisir le ridicule d'un art déplacé.

On voit tous les jours des persones qui chantent agréablement , sans coiioîlre les notes , les clés , ni les règles de la Musique , elles ont chanté pendant bien des années des sol et desyiz, sans le savoir; faut-il pour cela qu'elles rejètent les secours qu'elles peuvent .

tirer de la Musique , pour perfectioner leur talent ?

]Nos pères ont vécu sans conoitre la circulation du sang ; faut-il négliger la conoissance de l'Anatomie ? et ne faut-il plus étudier la Physique,

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parce qu'on a respiré pendant plusieurs siècles sans savoir que l'air eût de la pesanteur et de rélasticilé ? Tout a son tems et ses usages , et Molière nous déclare dans ses préfaces , qu'il ne se moque que des abus et du ridicule.

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