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dionale pour être plus belle encore l’auréole du malheur. Elle l'avait désormais. « À partir d’aujourd’hui, disait Gœthe après Valmy, commence une nouvelle période de l’histoire du monde. » A partir du 12 septembre 1213 commençait une nouvelle période de l’histoire du Midi. « Quand une croyance germe, dit encore Gœthe, dans la Fiancée de Corinthe, Yamour et la fidélité sont souvent arrachés du sol comme de mauvaises herbes. » | |
Et il ne manquait pas, paraît-il, de mauvaises herbes sur le sol languedocien. Aussi bientôt s'éleva un tribunal redoutable, celui de l’Inquisition. Ce n’est pas ici l’occasion d’en écrire l’histoire. Ce n’est pas le lieu non plus d’apporter à l'étude de cette histoire nos idées et surtout nos passions modernes. Mais nous pouvons bien nous demander au nom de quel Dieu ses disciples du xunit siècle employaient le fer et le feu pour extirper les mauvaises herbes.
Vous souvient-il d’un des plus beaux chants de Mireille? C’est celui où les Saintes Mariës essaient de consoler la pauvre fille perdue dans les sables de la Crau. Elles lui parlent du Christ et de sa Passion. « Ah! on le plaignait, dans la Judée, le beau charpentier Galiléen, le charpentier aux yeux blonds qui apprivoisait les cœurs avec le miel des paraboles, et qui avec largesse, sur les collines,
nourrissait la foule du pain azyme, et touchait ses lépreux et ressuscitait ses morts’. » |
Sans doute nous voulons bien admettre les circonstances atténuantes, toutes celles du moins qui sont acceptables : la nécessité d’une même foi, signe au Moyen âge de nationalité, le relâchement des mœurs dans certains milieux albigeois, le zèle fanatique de quelques grands chefs ou de quelques obscurs subalternes; tout cela nous pouvons l’admettre à la rigueur; mais il n’en reste pas moins que notre pays est, dans les temps modernes, un des premiers qui aient été persécutés pour une idée; et de cela nous gardons quelque tristesse et aussi quelque fierté.
Car nous avons beau faire, nous sommes attachés au passé, même ceux qui nous flattons d’être très modernes, par plus de liens que nous ne croyons. La belle chanson des enfants de Sparte : « Nous serons ce que vous fûtes » n’est pas vraie seulement de la gloire des armes. Si nous sommes, dans notre Midi, peut-être plus sensibles qu'ailleurs à l’art et à la poésie, si la courtoisie et la douceur des mœurs n’y sont pas encore de simples souvenirs et si plus d’une vertu de la société aristocratique de ces temps lointains s’est maintenue dans notre société moderne méridio-