‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 22 sur 57 · Birch-Hirschfeld, p · texte numérisé non relu

Birch-Hirschfeld, p

3. Notons qu’une frobairitz s'appelle Iseut de Capnion. Elle échangea des strophes avec un personnage qui s’appelait Almuc de Chateauneuf (Chabaneau, Biogr. des Troub., Hist. Gén. Lang., X, p. 360 b). Cf. Brunel, Ann. du Midi, XXVIII (1916), p. 462.

La form: ordinaire du mot est Zseut (ou: Yseuf), plus rarement Jsolf.

Raimbaut, comte d'Orange, fait une allusion précise à un fait connu de la légende de Tristan et d’Iseut dans le passage suivant.

Sobre totz aurai gran valor, S’aitals camisa m’es dada Cum Yseus det a l’amador Que mais non era portada ; Tristan mout prezet gent prezent.

« Je surpasserai tous les hommes en valeur, si ma dame me donne une chemise semblable à celle qu’'Iseut donna à son amant et qui n'avait jamais été portée; Tristan estima beaucoup ce gentil présent ‘. »

Il s’agit de la chemise donnée par Brangien, la suivante d’'Iseut, à sa maîtresse, qui avait souillé la sienne pendant la traversée. Il ne faut pas voir ici une allusion à un poème provençal perdu sur la légende de Tristan, mais une allusion aux poèmes français ?.

Fauriel a remarqué 5 que lallusion à Tristan et à Iseut, dans Raimbaut d'Orange, est une des plus développées et . des plus précises que l’on ait dans l’ancienne poésie provençale. Raimbaut serait mort, d’après Fauriel, vers 1173. Ses poésies amoureuses, gâtées par le mauvais goût, seraient de sa jeunesse, entre 1155 et 1165. Il aurait existé à son époque « un roman provençal de Tristan », qui devait exister quelques années auparavant, vers 1150, puisqu'il

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