‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 28 sur 57 · Op. laud., p · texte numérisé non relu

Op. laud., p

2. Birch- Hirschfeld, p. 49. La pièce n'est pas de Pistoleta ; cf. l’édition de ce troubadour par Niestroy, Halle, 1914 (Beihefte z. Z. rom. Phil., no 52).

« Il aime mieux les amusements et la chasse, braques, | lévriers et autours, sans compter la mollesse, par suite de quoi l’honneur lui manque et il se laisse déshériter vivant ; il ressemble mal, pour la hardiesse, à Gauvain. »

Dans une strophe de Peire Cardenal, Gauvain est le modèle des hommes courtois, comme Alexandre le modèle des héros et Salomon celui des sages.

* Alexandris fon le plus conquerans...

E plus cortes Gualvaiz totes sazons E plus savis fon le reis Salamons.

(Mahn, Ged., 1253, ms T).

Peire de Corbian, dans son Tezaur, cite Galvanh, le «neveu d'Arthur », et connaît ses aventures (éd. Jeanroy- Bertoni, v. 489).

Au milieu du xiv* siècle, un troubadour de l’école tou- Jousaine, discutant avec un autre troubadour, Raimon de Cornet, cite parmi les modèles de vaillance Charles (Charlemagne), Roland, Jaufre, Lancelot, Galvan et Matfre (Manfred ?):.

Les troubadours catalans Serveri de Girone (fin du xin° siècle) et Torroella (xiv*) connaissent aussi Gauvain ?.

Pour le roman de Jaufre, cf. infra, ch. VI.

Perceval et Lancelot sont également l’objet de quelques allusions. Le troubadour Rigaut de Barbezieux commence ainsi une de ses chansons (écrite vers 1180-1190 ?) :

« Je suis semblable à Perceval, au temps où il vivait, qui s’ébahit de regarder [ le cortège des chevaliers ], si bien qu'il n'osa pas demander à quoi servaient la lance et le Graal. »

Atressi cum Persavaus, EI temps que vivia, 1. Peire de Ladils, #7 : Chabaneau-Noulet, Deux mss. provençaux, p. 106.

2. Serveri de Girone, Li cavaler (inédit); Torroella, roue J. ANGLADE.

Que s’esbaïc d’esguardar Si que no saup demandar De que servia La lansa nil Grazaus. :

(Ed. Chabaneau-Anglade, ITT).

J'ai marqué, dans l’introduction de mon édition de Rigaut de Barbezieux ‘, l'importance de ce passage. Il est probable que cette pièce a été écrite à la cour de la comtesse Marie de Champagne, peu de temps après la composition du Perceval de Chrétien de Troyes. Gaston Paris fixe cette composition aux environs de 1175. « C’est après cette date que Rigaut aurait visité la Cour de Champagne. La légende de Perceval devait encore y être dans tout son éclat, et on verra... que Rigaut a imité formellement et littéralement le texte de Chrétien. » |

On lit en effer, dans le Conte du Graal, le passage suivant, qui paraît traduit par KR. de Barbezieux :

E li vaslez les vit passer E n’osa mie demander Del Graal cui l’an an servait.

(Ed. Baist, v. 3205).

Il semble même que Rigaut ait fait une erreur de traduction en écrivant no saup (—=il ne sut pas), correspondant au français n’osa, qui se comprend mieux d’ailleurs.

Un troubadour vénitien de la décadence, B. Zorzi, fait allusion à la joie de Perceval quand il alla rejoindre son oncle.

Qu'’el si gaudet.… Com Persavaus tro q’anet a son oncle.

(M. G., 573, str. 3).

. C. Chabaneau et J. Anglade, Les chansons de Rigaut de Barbezieux. Montpellier 1919 (Extr. de la Rev. lang. rom. FHblcanons spéciales de la Soc. des I. rom., t. XXVIT).

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