CONCLUSIONS
Dans le typhus exanthématique, l’atteinte du myo- carde et des vaisseaux, plus particulièrement des artères, est constante, précoce et profonde. Ces caractères la différencient de celle que l’on rencontre dans les maladies infectieuses de nos régions Dans celles-ci en effet, dans la plupart des cas, la myocardite diffuse se présente, généralement chez des malades gravement atleints, comme une complication tardive. Dans le typhus exanthématique au contraire, au moment de l’éruption, c’est-à-dire vers le iroisième ou quatrième jour, on note déjà des signes de défaillance du cœur: faiblesse de la pression artérielle, assourdissement du premier bruit du cœur. Au septième jour, même dans les cas favorables, l'insuffisance de la circulation est déjà perceptible dans tous les organes : cyanose des lèvres, congestion hypostatique des bases pulmonaires, augmentation de volume douloureuse du foie avec parfois de l’ictère, augmentation de volume de la rate qui, à l’autopsie, est plutôt cardiaque qu’infectieuse, congestion des reins, de l'intestin, des méninges. Ces lésions sont tout à fait comparables à celles d’un
cardiaque ayant succombé après une période appréciable d’hyposystolie. La gravité de l’atteinte est démontrée par la lenteur de la restitution ad integrum du myocarde dans les cas les plus favorables. Plus de quinze jours après la défervescence on trouve encore au repos de la bradycardie avec hypotension et dicrotisme et au contraire tachycardie et instabilité du pouls au moindre effort.
La lésion des artères explique la fréquence de la gangrène des extrémités, les hémorragies ponctuelles ou plus considérables que l’on trouve à l’autopsie et l’exanthème pétéchial d’après l’analomie pathologique microscopique des taches étudiée par Frænkel.
Il résulte de ces faits des considérations intéressantes au point de vue du pronostic et de la thérapeutique du typhus exanthématique.