THÉRAPEUTIQUE
Depuis les travaux de Nicolle qui ont établi le rôle prépondérant des poux de corps (pediculus vestimenti) dans la propagation du typhus exanthématique, la thérapeutique que l’on doit considérer comme vraiment efficace est la prophylaxie par destruction des parasites. Car, malheureusement, devant un, malade atteint de la redoutable maladie, le médecin -est bien désarmé, Nicolle, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, a tenté d’obtenir un sérum immunisant qui n’a pas donné les résultats espérés. |
La sterilisatio magna, tentée avec un certain nom- bre de médicaments, n’a pu être réalisée : La quinine, le mercure, l’'antipyrine, l’iode ont élé essayés un grand nombre de fois et paraissent avoir une action presque nulle sur le protozoaire inconnu,cause dé la maladie. Le salvarsan est très discuté et de - nouvelles observations devront être faites.
Il faut done faire appel aux médications palliatives et en premier lieu se pose la question des grands bains fioids. Peut-on, dans cette maladie, donner systématiquement des bains comme dans la fièvre typhoïde ? Un certain nombre d'auteurs l’admettent. Certainement ce traitement produit des améliorations
R. Bernard ME 3
habituelles des phénomènes généraux : abaissement momentané de la température, diurèse, tonification du système nerveux. Malheureusement son effet sur l'appareil circulatoire n'est pas aussi favorable, comme cela a d’ailleurs été constaté dans les pyrexies où le cœur est sérieusement atteint. Il fut possible de donner des bains dans l'épidémie de typhus exan: thématique du Camp de Gardelegen et la méthode employée fut celle du bain progressivement refroidi : Température initiale de 3 ou 4 degrés plus faible que celle du malade, refroidissement progressif jusqu'aux environs de 25 degrés avec séjour total d’environ un quart d'heure. Malgré cette précaution dans tous les cas sérieux, on constata à la sortie du bain une diminution appréciable de la tension du pouls avec accélération, un assourdissement très net des bruits du cœur et une asthénie telle que la méthode fut abandonnée à la suite d’un cas de syncope. Il ne semble donc pas que l’on puisse employer systématiquement l’hydrothérapie dans le typhus exanthématique comme dans la fièvre typhoïde.Il conviendra de s’en abstenir lorsque les symptômes cardiaques seront un peu accentués, et, dans tous les autres cas uné surveillance attentive du pouls sera absolument indispensable pendant le bain.
La médication cardiaque semble être le plus utile des moyens palliatifs. On peut l’employer à deux périodes de la maladie : à la période d’état et à la fin de la défervescence. 1e
Pendant la période d’état on tente de tonifier et
d’exciter le muscle cardiaque par des injections hypodermiques d'huile camphrée (3 à 5 eme. de Ja solution au 1/10 par 24 heures). On peut y adjoindre la digitale aux doses habituelles, mais l’ingestion de’ ce médicament par les malades est souvent assez difficile à réaliser dans de bonnes conditions par suite de leur excitation. On peut y substituer les injections hypodermiques de r milligramme de sulfate de strychnine. Nicolle a essayé de relever la tension artérielle par l’adrénaline et il la considère « comme d’un médiocre secours ». Il est de même très difficile de savoir jusqu’à quel point la thérapeutique cardiaque est agissante à la période d'état de la maladie. On peut cependant en espérer quelque secours dans les cas limite. | C'est surtout à la fin de la défervescence, alors
que le cœur semble avoir tant de difficultés à repren-
dre ses fonctions, que l’on emploie avec succès. les iniections de strychnine. On abrège ainsi considérablement cette phase tout à fait constante d'hypo- thermie, de bradycardie,avec hypotension et d’asthénie qui suit la défervescence, On peut à ce moment injecter par jour, en deux fois, » milligrammes de sulfate de strychnine.
= 2 Le Président de la thèse JEANSELME
Vuet permis d'imprimer Le Vice-Recteur dé l’Académie de Paris