DT DANS
Aujourd’hui cependant un Boulard en dispose, Il casse, il établit, il fait Jes mandements,
Et ce clergé soumis reçoit ses règlements,
Plaise donc, Messeigneurs, plaise à vos Seigneuries, Au milieu des écueils dans l'équité nourries,
Dont le profond savoir rend ce pays heureux, Entre Boulard et nous crdonner qui des deux,
Par puissance ou par droit doit gouverner l’Eglise Cependant songez bien que Dupuy m’autorise. ”
I1 dit et sur le champ, une confuse voix Pour rendre un seul arrêt en rend trente à la fois
D. Anéantit Boulard, exalte Lotbinière.
Et eur tout le clergé le nomme grand vicaire. À Sitôt une ordonnance affichée en placard
A quiconque défend de connaître Boulard Et tout contrevenant de Ne 5 rejette.
Puis Lachasse applaudit et l'Hôpital caquette. Mais cet anti-vicaire armé de faux pouvoirs De son clergé rétif quête en vain des devoirs, Quoique doux, obligeant dans toutes ses missives, Pas un ne lui répond que par des négatives.
Belmont (1) à Montréal en reçoit des premiers, Ce grand homme de Dieu chargé de ses lauriers , Loin de livrer son cœur à toutes ses avances, De ces troubles nouveaux prévoit les conséquences Et découvrant l’erreur À sa communauté Par le parti qu’il prend la met en sûreté.
C’est ainsi qu’autrefois par la voix des prophètes Dieu découvrit aux siens ses volontés secrètes Et que par leurs avis la tribu de Juda Triompha d'Israël lorsqu'il se déborda.
LeNormant et Lescouat, Ulric, Courtois et Chèze (2) Convoquent les curés de tout le diocèse.
Le saint homme y présid® et veut que chacun d’eux Ecrive ce qu’il pense et que rien de douteux
| Couché sur le papier n’augmente le désordre
( Et ne donne à l’erreur occusion de mordre.
| Tout le monde obéit: Rebuffe et Thomassin
* (1) François Vachon de Belmont, supérieur du séminaire de Montréal.
(2) Louis Normant de Féradon, Jean Gabriel LePape de Lescouat,
Paul Armand Ulrique, Maurice Courtois, François Chèze, tous salpiciens,
Melchior et Fevret, Gonzalès et Choppin (1) D’autres auteurs encore de la même volée
Se vinrent présenter à la noble assemblée,
On lit, on se consulte, on écrit et bientôt
On voit les sentiments expliqués par ces mots :
“ Le chapitre est en droit d’élire un grand vicaire, Par 18 mort de l’évêque il est dépositaire
Des droits épiscopaux, et le siège est vacant, Quand le coadjuteur en ce cas est absent,
Qu’au chapitre il n’a point notifié ses bulles
Ni pris possession dans l’ordre des formules, Ainsi nous concluons tous unanimement
Pour le choix de Boulard fait canoniquemr"t,”
Ce mandement est lu le lendemain en chaire
Le peuple en bat des mains autour du Séminaire Et rend grâces à Dieu dont l’extrême bonté
Au parti le plus saint soumet leur volonté.
La discorde qui voit que tout change de face, Quitte le Montréal, gémit, gronde et menace, Maudit le Séminaire et son peu de respect
S’élève dans les airs et revole à Québec,
On dit qu’en arrivant la déesse troublée
Pour la première fois vit sa ruge ébranlée,
Il est vrai que la paix dans son éloigrement
A vait porté les cœurs à l’accommodement
Ainsi sentant manquer son poison et ses armes Elle fut aux enfers chercher de nouveaux charmes, Vers l’endroit où le fleuve après bien des travaux A celles de la mer vient réunir ses eaux,
On voit sous des rochers quelques cavernes sombres Qu'on croit des naufragés la demeure des ombres. Les tigres ni les ours n’osent en approcher
Et Nyctimène (2) seule a droit de s’y cacher.
Le sauvage chasseur craint l’air qui Penvironne Et le vieux nautonnier soutient qu'il empoisonne, C’est par là qu’en courroux fondant du haut dos airs La discorde s’ouvrit le chemin des enfers.
Cerbère (3) l’aperçoit, pousse des cris de rage Sans oser toutefois lui fermer le passage
Titye (4) en la voyant sent augmenter ses maux
ne eee
(1) Auveurs de droit du dix-septième siècle,
(2) Nictimène fut métamorphosé en hibou.
(3) Chien qui gardait la porte des enfers.
(4) Titye avait le foie continuellement dévoré par un vautour,
D cn ET rte nr? nue nette meet dibé EL PONT MONTE LICENSE DRE RER cs OR Rte ne Cut RITES eus AE RCE ENT LH Al : Ÿ ILE" FAR h, 4 LR PU Fi d \ ù k '
eus. OT di
. Et Tantale (1) atterré croit voir tarir ses eaux, Yxion (2) effrayé s’agite sur ea roue Et Sisipphe (3) en grondant sur son rocher s’enroue, On voit Lee côtés la tristesse ex l'horreur Le désespoir, l'orgueil, le dépit, la fureur Se rangeant à l’envi peignent sa chevelure, Les serpents les plus vifs entourent sa coitfure, Et travaillant ensuite à former des poisons Apportent des transports, des rages, des soupçons, Des larmes, des soupirs, de la douleur aiguë Et font bouillir le tont avec de la ciguëé, L'écume du dragon mêlée avec le sang Entre tous les poisons se place au premier rang Et lorsque tout fut prêt, cette horrible déesse De Québec prend la route, arrive, fend la presse, Revoit son cher Dupuis que son absence abat, L’embrasse, le caresse et l’anime au combat.
Elle ne voulait plus avoir d’autre demeure.
Elle entre dans son sein et lui parle à toute heure. Lachasse, l’archidiacre apprennent son retour Par leurs empressements marquèrent leur amour. Lui firent le serment que contre tous, fidèles, Leur zèle soutiendrait l'honneur de ses querelles. Ainsi ces trois guerriers pleins d’intrépidité Marchent d’un pas hardi vers l’immortalité.
L'un contre l’équité forme son entreprise, L’autre contre la foi que l’on doit à l'Eglise, L'un porte aux saints décrets le dernier coup de mort, L'autre par la vertu d’un dangereu.… effort, Détruit la charité, se soumet l’innocence, Fait régner le scrupule avec la défiance.
Par un nouvel arrêt Dupui fait une loi Et quiconque y résiste est ennemi du Roi 11 veut que tout Chrétien à qui la foi dans l’âme A mis pour son salut une sincère flamme Par sa commission témoigne au Créateur Qu’il croit de cet arrêt le saint Esprit auteur, Condamne de Boulard le pouvoir chimérique Et traite le clergé d’insensé, d’hérétique Et sa profane main s'étendant sur l’autel
(1) Plongé dans un fleuve, Tantale ne pouvait y étancher sa soif dévorante,
(2) Ixion était attaché avec des serpents à une roue qui tonrnait eans cesse.
(3) Sisyphe condamné à rouler continuellement une grosse pierre ronde du bas au haut d’une montagne.
Wu wi D,b
vu mx NAT ET \ PAPA à
à: Feu AN L'RNENTS. TDF AE Pi AE me MAD BE TNT TEL
08 Le
Menace de saisir au moins le temporel, Dans l’hôpital logé, Lachasse continue A. tromper des nonnains la croyance ingénue,
Du pouvoir de Boulard leur fait voir les défauts
Et de la vérité fuit disgerner le faux,
Par de longs arguments prouve que Latbinière
Des fidèles chrétiens est légitime père,
Que lui seul de l'Eglise en sa minorité
Est le dispensnteur par son autorité,
Ce captieux discours dissipe tout leur trouble
Et pour leur directeur leur tendre amour redouble C'’eet par lui que le ciel leur fait voir ses desseins, Le soin de leur salut est mis entre ses mains, Déplaire À son pasteur, c’est déplaire à Dieu même Et prononcer ‘ Boulard ” c’est vomir un blnsphôme. On conte cependant qne parmi ce troupeau, Certaine qui trouvait ce système nouveau
Et qui pour en juger se méfiait de sa science, Voulant mettre à couvert sa douteuse conscience Informa ses parents avec fidélité
Du schieme répandu dans sa communauté Découvrit ses soupçons, Communiqua ses doutes,
Et leur dit le danger qui les menaçait tontes
Tant que par leur réponse ayant connu l'erreur
Son cœur en fut saisi d’une sainte terreur
Elle en perd le repos, nuit et jour prie et veille
Et croit toujours avoir le diable à son oreille ; Lasse enfin de souffrir dans ce rude travail,
Elle écrit à Boulard et lui fait le détail
Du parti que ses sœurs ont pris avec Lachasse
Lui dit que n'étant pas de la première classe
Elle n’a pas osé sur tous ces mouvements
Déclarer qu’à lui seul quels sont ses sentiments.
Et le conjure enfin dans le mal qui la presee, Lui-même de nommer quelqu'un qui la confesse, Boulard des ans duquel la sagesse est le fruit Apprend ces mouvements et n’en fait aucun bruit Lui nomme un confesseur... Mais par quelle aventure Quand ce cœur innocent sortit de sa torture
Cette lettre fut-elle apportée au couvent ?
Muse, répondez-moi... “ Je ne sais pas comment, Mais je sais que les fouets, les rudes disciplines, Sur son Corps délicat pendant plusieurs matines, Lui firent à loisir expier son péché.”
Ce châtiment cruel ne peut être caché
Le peuple s’en irrite et le nomme supplice Tout le monde à Boulard en demande justice
me" * rapcrenert ,
TE or VUE Ter Mur LS ddr a LC ” LE NÉ UNE" NE DA UE ! A LALd * A A dé E QU 2h ere NY
du UD 0e
Jure de se venger si par un prompt secours De ce schisme naissunt il n'arrête le cours, Alors Boulard, contraint, interdit le Jésuite, Démet la Supérieure... et quelle en fut In suite ? Dupuis ent an bien que par de tels projets
Tu vas livrer ton âme aux plus cuisants regrets ? Ce fougueux intendant engage Lotbinière
A lever l’interdit ; ile forcent la barrière
Et tous deux en champ clos invitent au combat Quiconque a déjà pris parti dans ce débat.
Ainsi de toutes parts on vit briller les armes
Ce n’est que trouble, erreur, confusion, alarmes, Dans ses oplhions, Dupuis passionné
Montre à ceux qu’il rencontre un visage effaré, Tient toujours pour pouvoir son autorité prête
Et prenant par le bras le passant qu’il arrête : Quel parti prenez-vous ?— Moi ?— Vous. Point de raison ; Nommez ou sur le champ, je vous traîne en prison. La candeur et la paix voyant fondre l’orage
Le laissèrent en proie aux fureurs de la rage,
Rien ne le retient plus, la noble probité
Fidèle, en sa retraite, a suivi l'équité,
Et sa faible raison à lui parler timide
Le voit sans l’éclairer prendre l’erreur pour guide. Ensuite on vit rouler une foule d’arrêts,