‹ Les Troubles de la Conscience chez les Traumatisés crâniens récents fermés (Valeur diagnostique et pronostique de l'E.E.G.)Chapitre 14 sur 41 · SEG SE · texte numérisé non relu

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On appelle activité rapide les rythmes de fréquence supérieure à |2-c/s. |

Chez le sujet normal, mis au repos sensorie!, c'est le rythme alpha qui prédomine dans les régions occipitales. Mais il existe des variations physiologiques, notamment chez l'enfant. Dés la naissance, et même chez les prématurés, il existe. une activité électrique cérébrale. Chez le nouveau-né, l'activité électrique est représentée par des ondes delta. Avec la croissance, on assiste à une « accélération » progressive du tracé. L'activité delta est dominante jusqu'à l'àge d'un an, l'activité théta de 2 à 5 ans. A partir de 6 ans, le rythme alpha devient prédominant mais il est beaucoup plus diffus que chez l'adulte où il peut ne prendre son caractére définitif qu'à l'áge de 19 ans.

Mais plus importante encore que la morphologie de ces tracés, est l'étude des modifications électriques engendrées par les stimulations visuelles, auditives, tactiles ou nociceptives. L'étude de cette « réactivité » a une importance primordiale pour l'interprétation des tracés électro-encéphalographiques. Les réactions obtenues sont différentes selon que le sujet est éveillé, somnolent ou endormi.

Chez le sujet éveillé. — L'étude des réactions aux excitations visuelles avait été entreprise par Berger. Lorsau'on fait ouvrir les yeux du sujet, les ondes alpha disparaissent et sont remplacées par une activité rapide avec un certain temps de latence (Durupt et Fessard). Ce phénoméne est appelé réaction d'arrét aux excitations visuelles. Puis, si le sujet garde les yeux ouverts, aprés un certain « temps de recouvrement » le rythme alpha réapparaît (Jasper). Au cours d'un tracé E.E.G. on doit toujours obtenir la réaction d'arrét qui doit exister sur les deux hémisphéres ; une asymétrie nette de réponse est considérée comme pathologique.

On pratique également la stimulation lumineuse intermittente (S.L.!.). L'illumination de la rétine a entraîne » le rythme cérébral au rythme de l'appareil. Mais les réponses à la S.L.l. sont varia-

bles, certains rythmes pouvant conserver leur autonomie (20 Y, des cas].

Lorsque chez un sujet normal, on pratique des stimulations tacties ou nociceptives, on constate également la réaction d'arrêt.

Les stimulations auditives provoquent des réponses variables : elles peuvent ne pas modifier le tracé si le sujet enregistré n'y

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préte pas attention ; si, par contre, le sujet « tend l'oreille », c'est-à-dire s'il met en œuvre toute une série de fonctions sensorielles et psychiques, on constatera une réaction d'arrét. En faisant calculer mentalement ses malades, Berger avait fait les mémes constatations.

Chez le sujet endormi. — Le sommeil modifie de facon importante l'E.E.G. Loomis, Harvey et Hobart, Bremer, Gibbs, etc... se sont attachés à l'étude des modifications électriques que le sommeil physiologique ou pathologique apporte au tracé électroencéphalographiaue.

Schématiquement, le sujet passe par les phases d'endormissement, de sommeil léger et de sommeil profond (Passouant). Nous pouvons suivre facilement l'évolution électrique du sommeil. On observe, chez l'adulte, un ralentissement des rythmes. Le rythme alpha tend à se raréfier, puis il est remplacé progressivement par un rythme plus lent, de fréquence théta. Ce rythme survient de façon diffuse en bouffées composées de rythmes lents (2 à 7 c/s) et de rythmes rapides (12 à 14 c/s). Enfin, au stade de sommeil profond, on n'observe que des ondes lentes delta.

Le sommeil de l'enfant, bien étudié par Mlle Nekhorocheff, · présente quelques particularités. Quand l'enfant passe de l'état de veille à l'état de sommeil, on observe successivement :

— une diminution des ondes alpha en nombre et en amplitude chez le grand enfant.

— une augmentation d'amplitude et un ralentissement du rythme de base chez le petit enfant.

— une augmentation des ondes delta et théta en nombre et en amplitude.

— et surtout, fait particulier à l'enfant, des bouffées d'ondes delta amples et hypersynchrones survenant déjà à la phase de somnolence.

— enfin, une stabilisation du tracé à une amplitude uniforme, avec des ondes delta.

Lors du réveil, chez l'enfant comme chez l'adulte, l'évolution se fait sensiblement en sens inverse.

Les excitations sensitivo-sensorielles, et en particulier les excitations auditives, modifient l'activité électrique corticale au cours du sommeil et surtout au stade du sommeil léger.

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En effet, si l'on pratique des stimulations auditives et nociceptives lorsque le sujet est somnolent (''drowsy’'), on constate :

— chez l'enfant, l'apparition de bouffées d'ondes lentes hypersynchrones et amples.

— chez l'adulte, la réapparition du rythme alpha.

Lorsque le sujet dort, les mémes excitations provoquent une réponse connue sous le nom de complexe К, formé schématiquement d'une onde sinusoidale survoltée suivie d'un train d'ondes lentes irrégulières et de plus faible amplitude. Aprés cette décharge lente s'inscrit parfois une décharge rapide (10 à 18 c/s). Les complexes K peuvent s'inscrire sur tout le cortex, mais ils prédominent souvent sur le vertex et les régions rolandiques (Passouant, Courjon).

A un stade plus profond du sommeil, les stimulations auditives peuvent ne s'accompagner d'aucune modification appréciable. Cependant, la phase d'ondes trés lentes n'est pas trés durable ; en effet, plus ou moins vite le sujet revient à un degré plus léger d'endormissement et à ce moment, il nous a été donné de voir chez des adultes normaux des bouffées d'ondes lentes en réponse aux stimuli sensoriels.

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