‹ Les Troubles de la Conscience chez les Traumatisés crâniens récents fermés (Valeur diagnostique et pronostique de l'E.E.G.)Chapitre 38 sur 41 · REMARQUES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES

L'étude des troubles de conscience dans les traumatismes craniens fermés récents nous introduit donc au coeur des problémes de la psycho-physiologie puisqu'elle nous permet de saisir des niveaux de conscience différents gráce à l'étude des modes de réactivité aux divers stimuli sensoriels.

La surveillance de ces blessés nous permet donc de nous livrer à une étude quasi-exoérimentale, en comparant ces réponses à celles enregistrées sur l'homme normal éveillé, somnolent ou endormi. |

Si ces réponses s'avèrent identiques dans les premiers stades, il n'en est plus de méme à un certain niveau où elles affectent un type tout à fait particulier, et à un degré plus grave où elles n'existent plus du tout.

Ces différentes catégories nous permettent donc d'établir une hiérarchie dans l'intensité du trouble fonctionnel créé par le traumatisme. Elles nous permettent donc de classer nos blessés dans des groupes de gravité croissante et de coopérer, de la sorte, au pronostic de chaque cas particulier.

L'absence de toute réactivité semble traduire la déafférentation complète, la suppression complète de toutes afférences sensorielles qui, dans le sommeil normal, permettent l'intégration d'un certain nombre de stimuli extérieurs avec un choix cependant parmi ceux-ci, comme le montre, en effet, la réponse élective

SCG LS

pour certaines qualités de stimulations auditives comportant souvent. une note affective et traduisant un véritable conditionnement. |

Cette déafférentation peut donc étre irréversible et expliquer la déroute des moyens de défense qui aboutit à la mort. C'est là que l'hibernation semble jouer un róle capital en permettant a survie, car depuis que cette technique. est bien au point et que | s'effectue la correction des troubles du métabolisme, nous avons vu survivre un certain nombre de ces blessés dans les tracés desquels nous ne notions aucune réactivité. `

Le probl&me le plus difficile à résoudre est celui du type trés particulier de réactivité sous la forme d'ondes lentes hypersynchrones. Ce type de réponse n'est d'ailleurs pas spécifique aux traumatismes craniens graves, puisque nous l'avons rencontré dans une variété trés grande de lésions cérébrales qui s'accompagnent de troubles importants de la vigilance (volumineux hématomes sous-duraux, tumeurs hémisphériques engagées, méningites tuberculeuses graves, hématomes du corps calleux...). . Li, Jasper et Henderson l'avaient déjà observé, en 1952, dans quatre observations de. coma. Pour ces auteurs, cette réaction s'observait dans les cas de dépression de l'activité corticale et il ne s'agirait que d'une réponse atypique du fait de l'état excitatoire particulier préexistant du cortex.

|| faut remarquer tout de suite que cette hypersynchronie lente s'observe chez l'enfant normal au moment de l'endormissement et du réveil. Les stimulations auditives les font trés facilement apparaitre à la phase de somnolence. Radermecker en a d'ailleurs fait la remarque à propos d'un cas d'encéphalite de l'adulte dans le coma.

Est-il possible d'établir une relation entre les deux phénoménes, véritable retour à un état immature lié aux troubles du métabolisme ? Peut-étre faut-il y voir une maniére de reviviscence et de restauration.

Dans certains cas privilégiés, nous avons pu suivre au cours du méme enregistrement, le passage d'un type de réactivité à l'autre, c'est-à-dire d'abord des ondes lentes, puis, au bout d'un certain nombre de stimulations auditives répétées qui ont permis d'éveiller davantage le blessé, des complexes K de plus en plus typiques.

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