HISTORIQUE
La surveillance et le traitement des traumatismes cranio-cérébraux fermés ont toujours posé de graves problémes. Passant d'abord par une étape chirurgicale, comme le rappelait Puech dans sa monographie sur les traumatismes cranio-cérébraux, puis par une étape neuro-chirurgicale, nous sommes entrés depuis quelques années dans une étape neuro-physiologique. Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaftre que la surveillance et le traitement des traumatismes craniens, chaque jour plus nombreux, doivent être l'oeuvre d'un travail en équipe. De nombreuses difficultés, en effet, surgissent lorsqu'on veut éteblir un diagnostic lésionnel et plus encore un pronostic. Les cliniciens sollicitent, pour ce faire, de nombreux moyens d'exploration cliniques ou radiologiques comme l'angiographie cérébrale, la pneumo-encéphalographie ou la trépano-exploration. Mais ces moyens ne sont pas sans danger chez des blessés qui sont souvent dans un état grave ; aussi la venue de l'électro-encéphalographie, appliquée à la surveillance des traumatisés craniens, a-t-elle soulevé de grands espoirs.
La découverte par le physiologiste anglais Caton, en 1875, de l'activité bioélectrique cérébrale, fut suivie de nombreux travaux dont ceux de H. Berger. Commencés dés 1902, ce n'est que le 6 juillet 1924 que ses travaux aboutirent à l'enregistrement, chez un jeune homme trépané un an auparavant par Guleke, des variations rythmiques de potentiels à l'aide d'électrodes et d'un galvanométre à corde. Berger proposa alors le terme d'encéphalogramme pour désigner l'enregistrement de l'activité bioélectrique cérébrale. Le premier électro-encéphalogramme fut donc enregistré chez un traumatisé cranien.