Op. cit
M. Ribot 1 a distingué les amnésies générales et les amnésies partielles, et dans les amnésies générales il étudie : 1° les amnésies temporaires; 2° les amnésies périodiques; 3° les amnésies à forme progressive; 4° l'amnésie congénitale.
Cette classification a été reprise par Legrand du' Saulle2. Elle a le défaut de n'être ni absolument psychologique ni absolument clinique; elle établit des distinctions fondées sur des phénomènes qui ne sont pas caractéristiques, et prête à certaines confusions d'expression.
L'amnésie congénitale n'est pas une amnésie : lorsque la mémoire ne se développe pas, il y a absence et non perte de mémoire. Je veux bien admettre la mémoire héréditaire, mais rien ne nous prouve que cette mémoire, qui n'est autre chose que la tendance des éléments nerveux à réagir d'une certaine façon à des excitants donnés, ait jamais existé dans un cerveau anormalement développé dès l'origine, comme chez nombre d'idiots qu'on présente comme types de cette variété d'amnésie. En tous cas, en admettant même son existence à un moment donné, nous ne pouvons pas comparer l'état actuel de la mémoire avec son état antérieur et cette amnésie n'a pas d'intérêt, si tant est qu'on la considère comme une amnésie. Ce qui est intéressant dans ces caslà, c'est ce qui reste de mémoire et quel rapport elle a avec les parties indemnes du cerveau. Au point de vue psychologique, l'amnésie congénitale n'est donc pas une amnésie, et, au point de vue clinique, elle n'a aucun caractère qui permette de la distinguer des autres amnésies.