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EXAMEN MÉTHODIQUE DES AMNÉSIQUES

Comme toujours en clinique, il faut se rappeler qu'on a deux choses à étudier : le malade et la maladie. Ce n'est qu'une fois qu'on a bien examiné en tous sens le malade qu'on est en droit de synthétiser les différents

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troubles pathologiques qu'il présente pour établir su maladie au point de vue de sa forme, de son évolution, de son pronostic et de son traitement.

Commençons donc par le malade.

L'amnésie peut être (A) le phénomène principal ou même unique; ou bien, au contraire, n'être (B) qu'un symptôme qui doit être recherché pour éclairer le diagnostic ou formuler le pronostic. Suivant ces deux cas, le malade se présentera d'une façon différente au médecin.

Dans le premier cas (A), le malade sait qu'il est amnésique (a); ou bien, il ne le sait pas, et ce sont ses parents qui s'en sont aperçus (b); ou enfin le médecin est consulté pour un trouble que le vulgaire ne peut rattacher à l'amnésie et qui n'est de son domaine qu'au point de vue pathogénique (c).

C'est ainsi qu'un paralytique général au début vient consulter, parce que depuis quelque temps sa mémoire lui manque (a) ; qu'à la suite d'un traumatisme ayant entraîné l'amnésie rétrograde et antérograde, ce sont les personnes de l'entourage du malade qui l'amènent au médecin (b); qu'enfin un hystérique atteint d'abasie ou d'astasie viendra se faire soigner pour sa paralysie, qui n'est, en réalité, qu'un phénomène d'amnésie organique (c).

On conçoit dès lors combien l'attitude, l'aspect général du malade sera différent clans ces divers cas. Les décrire serait faire le tableau des nombreuses maladies pouvant présenter de l'amnésie à un titre quelconque, ce qui serait un hors-d'œuvre absolument inutile. Mais il est une variété cependant qui peut être l'objet d'une mention spéciale : c'est celle où l'amnésie constitue le phénomène morbide unique [b), telle que l'amnésie

DE I . A M ÉMOI R E

antérograde survenant à la suite d'une commotion morale ou physique.

Dans ce cas, en effet, l'aspect du malade, sans être caractéristique, a cependant quelque chose de personnel. 11 faudrait, sans doute, un assez grand nombre de cas pour en donner un tableau complet, et ces cas sont très rares. Dans les deux, que j'ai été à même d'observer, et où il s'agissait de deux femmes, les malades avaient l'air hébété, semblaient ne penser à rien, paraissant sortir d'un rêve lorsqu'on leur adressait la parole, ne la prenant pas spontanément. Les mouvements étaient lents, le regard éteint; un sentiment d'apathie, d'atonie, se traduisait sur leur physionomie et dans toute leur attitude. Elles restaient volontiers immobiles, assises, la tête penchée, les mains sur les genoux, comme plongées dans une sorte de rêverie, et peu ou pas sensibles à tout ce qui se passait autour d'elles.

L'atonie des traits donne à la physionomie une certaine tristesse et au premier abord on pourrait prendre ces malades pour des mélancoliques ou des paralytiques généraux à forme dépressive. Le regard cependant n'a ni l'éclat de celui des mélancoliques, ni la tixité dans'le vide de celui des paralytiques. Ce sont là, du reste, des nuances qui échappent à une description méthodique. C'est une affaire d'impression générale indéfinissable, mais qui fait tout de suite pressentir qu'on est en face d'une maladie qui ne rentre pas dans le cadre ordinaire des affections dont elle semble au premier abord se rapprocher. L'interrogatoire des malades variera forcément, puisque tantôt ce sera le malade lui-même qui donnera des renseignements sur son état (a, c) — examen direct, — tantôt ce seront les personnes de son entourage (b) — examen indirect.

Lorsque (B) l'amnésie n'est qu'un symptôme secondaire dans l'affection en présence de laquelle on se trouve, son importance n'est plus la même et l'interrogatoire n'a pas besoin ordinairement d'avoir la môme précision. Son intérêt réside surtout dans les déductions qu'on peut tirer de sa coïncidence avec les autres symptômes, au point de vue de la pathogénie de la maladie qu'elle accompagne; ou dans les indications qu'elle fournit, au point de vue du pronostic de celte affection. Elle n'est plus envisagée en elle-même, mais seulement dans ses rapports avec d'autres troubles physiologiques ou organiques.

Cela dit, voyons maintenant dans un tableau d'ensemble les affections où nous pourrons rencontrer de l'amnésie, de façon à rechercher dans quelle catégorie nous devrons chercher à faire rentrer l'amnésique.

A. AMNÉSIES PROGRESSIVES OU DYSMNÉSÎES ADULTES

! Paralysie générale.

Pseudo- paralysies j syPmhtlcIue> , £ , { alcoolique,

générales \ satumine.

sénile.

Démences

épileptique.

I Syphilis cérébrale.

Organico- L alcool fonctionnelles. ■ . . , i , .

] Intoxications chro- l morphine.

Curabilité { niques : j opium,

possible 1 ( mercure, arsenic, plomb, etc.

à un certain I ( opératoire,

degré. 1 Auto-intoxication. Myxœdème j Sp0ntané. "

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