Op. cit
celles qui étaient dues à la destruction des centres des images, et que, dans les autres, la perte de mémoire n'était qu'apparente ; qu'on avait conservé une mémoire inconsciente, que le fonctionnement des centres des images était seulement insuffisant, mais non aboli, d'où la division naturelle, cà la fois clinique et psychologique, en amnésie organique (vraie) et amnésie fonctionnelle (apparente). L'amnésie fonctionnelle étant un phénomène essentiellement psychologique, on ne peut y distinguer que des variétés ayant un caractère psychologique. On y rencontre deux groupes : Vamnésie et la paramnésie. La première peut porter sur un phénomène seulement (ara. simple), sur les phénomènes qui l'ont précédé (am. rétrograde), ou enfin sur ceux qui l'ont suivi (am. anlérograde), d'où trois variétés. La paramnésie pouvant porter sur la localisation ou la certitude du souvenir, nous avons deux variétés de paramnésie.
Enfin restent les affaiblissements de la mémoire ou dysmnésies, les plus importants peut-être des troubles de la mémoire au point de vue clinique. Les dysmnésies peuvent être d'emblée organiques, ou de fonctionnelles devenir ensuite organiques; de même, au point de vue psychologique, elles sont apparentes, puis vraies, ou vraies d'emblée : telle est la dysmnésie de la paralysie générale. Les dysmnésies forment donc un intermédiaire entre les deux groupes précédents d'amnésies (organique ou vraie, et fonctionnelle ou apparente) au double point de vue clinique et psychologique.
Groupons ces divers troubles en un tableau pour rendre les choses plus claires.
I" Amnésies générales. — A. Amnésie organique vraie — Destruction des centres des images.
Systématisées. — \i. Amnésie fonctionnelle : amnésie vulgaire apparente. — Fonclionnement insuffisant «les centres des images.
* . simple.
A. Amnésie rétrograde.
( antérograde.
b. Paramnésie j f iocf"sf on'
( de certitude, c Dysmnésie, organico-l'onctionnclle.
2° Amnésies partielles.
Systématisées ou non systématisées. — Organiques; fonctionnelles ?
Mais, au point de vue clinique, toute classification semble à l'heure actuelle impossible. Dans un cas, c'est la notion de causalité qui est capitale; dans un autre, ce sera l'évolution; dans un autre encore, ce seront les I roubles somatiques qui l'accompagnent ou en sont la conséquence. En clinique, les classifications ne servent, du reste, à rien, car elles ne sont pas un point de dépari, mais un aboutissant. On part d'un phénomène quelconque, autourduquel on groupe un certain nombre d'autres phénomènes dont on fait ensuite la synthèse. Cette synthèse a pour expression un diagnostic, et pour conséquences un pronostic, susceptible ou non de modification par un traitement. En présence d'un malade on ne peut faire qu'une chose : de la séniéiologie.
C'est au point de vue séméiologique seul que nous allons maintenant nous placer pour passer en revue les diverses amnésies. Comme pour tout syndrome, il y a lieu, une fois le diagnostic du syndrome posé, d'établir celui de l'affection à laquelle il est lié. Il en résulte deux pronostics : celui du syndrome en lui-même et la façon dont il modifie celui de l'affection causale; mais le pro-
nostic et le traitement sont liés tout naturellement à une conception pathogénique de ce syndrome, soit qu'ils en résultent, soit qu'établis empiriquement ils y aient, au contraire, conduit. Nous en dirons donc quelques mots, et ainsi se trouveront justifiées les considérations psychologiques et générales dont nous avons fait précéder l'étude clinique des amnésies.
Voici donc l'ordre que nous allons suivre.
L'amnésie pouvant être générale ou partielle, nous sommes tout naturellement conduit à étudier séparément ces deux formes. Mais nous avons vu pour quelles raisons nous négligerons presque complètement la seconde.
En face d'une amnésie générale évidente, il faut se demander immédiatement comment elle est survenue, progressivement ou brusquement, d'où deux, chapitres: amnésies progressives ou dysmnésies, et amnésies à début brusque. Après quoi, nous dirons quelques mots de Y amnésie partielle. Enfin l'amnésie, au lieu de constituer le phénomène unique ou prédominant, n'est qu'accessoire, demande à être recherchée et peut alors avoir de l'intérêt au point de vue du diagnostic ou du pronostic, ou encore en offrir un certain au point de vue de l'explication pathogénique des troubles qu'on étudie ; d'où notre dernier chapitre sur Y Amnésie comme phénomène accessoire ou explicatif.