‹ Les troubles de la mémoireChapitre 20 sur 58 · C. AMNÉSIES COMME PHÉNOMÈNE ACCESSOIRE OU EXPLICATIF · texte numérisé non relu

C. AMNÉSIES COMME PHÉNOMÈNE ACCESSOIRE OU EXPLICATIF

Hystérie.

Neurasthénie.

Folie du doute.

Manie.

Mélancolie.

Stupeur.

Folie circulaire.

Délire fébrile.

Mais, lorsqu'on a ainsi examiné et classé son amnésique, il reste à étudier l'amnésie elle-même.

Nous allons immédiatement donner la marche h suivre une fois pour toutes et nous n'y reviendrons plus.

Il y a quatre points à établir :

1° Dans quelles conditions l'amnésie s'est-elle développée ;'

2° A quelle variété appartient-elle?

T HO UUI. liS

3° Quel était l'état antérieur de la mémoire ? 4° L'amnésie s'accompagne-t-elle d'autres phénomènes de même ordre ou d'ordre différent?

1° Dans quelles conditions l'amnésie s'est-elle développée ?

Quelle est la date du début?

Ce début a-t-il été brusque ou progressif?

S'il a été brusque, à la suite de quoi s'est-elle montrée : traumatisme, opératoire ou non, intoxication accidentelle, émotion, etc., etc. ?

Dans quelles conditions précises le phénomène causal s'est-il présenté ?

Le malade a-t-il eu ou non conscience de ce phénomène ?

A-t-il eu quelque accident, et de quel ordre, à la suite?

Combien de temps après a-t-on constaté l'absence de mémoire, et par quels signes extérieurs s'est-elle manifestée ?

Les événements antérieurs au phénomène causal ontils avec lui quelque rapport immédiat ou médiat ?

Quels phénomènes physiques ont accompagné le développement de l'amnésie ?

2° A quelle variété appartient l'amnésie ?

Est-elle générale ou partielle, systématisée ou non ?

S'étend-elle en arrière du phénomène causal? est-elle rétrograde ?

Dans ce cas, quel est le dernier événement dont le souvenir soit conservé ?

A quelle date a-t-il eu lieu ?

De quelle nature était-il : visuel, auditif, etc. ? d'ordre physique, intellectuel, moral ou social ?

Avait-il un rapport quelconque avec l'événement ayant entraîné l'amnésie actuelle?

En un mot, pourquoi la perte de mémoire s'arrètet-elle à ce point plutôt qu'à tout autre ?

Entre lui et l'événement actuel s'en est-il produit qui aient paru impressionner plus vivement le sujet, ou qui lui aient été plus familiers ?

Si le malade semble avoir conservé un souvenir appartenant à la période amnésique seule, n'est-ce pas au moyen d'autres images qu'il s'en souvient 1 ?

Si on ne constate que de l'amnésie simple, sur quoi porte-t-elle ?

Est-elle absolue ou partielle ?

Dans le premier cas, sur quelle étendue de temps porte-t-elle?

Tous les événements de ce laps de temps sont-ils de même ordre ou reliés d'une façon déterminée entre eux et avec le phénomène causal ?

Quel est cet événement? De quelle nature, de quel ordre est-il ?

1. Ceci demande une courte explication pour laquelle un exemple nous dispensera d'entrer dans de longs détails. Une amnésique du service de M. Charcot — rétrograde et antérograde — reconnaissait M. Charcot alors qu'elle ne l'avait jamais vu avant son amnésie, et qu'elle ne reconnaissait personne d'autre de son entourage. Or ce n'était pas l'impression qu'elle en avait ressentie qui l'expliquait — ce qui peut, du reste, arriver — mais simplement le souvenir d'un portrait qu'elle avait vu avant de devenir amnésique. Elle ne reconnaissait donc pas M. Cliarcot parce qu'elle l'avait vu les jours précédents, mais parce qu'elle se rappelait son portrait vu dans la période dont elle avait con^ serve le souvenir. Il faut donc se mettre en garde contre des faits qui pourraient sembler singuliers et inexplicables au premier abord et se rappeler toujours qu'il n'y a de singulier que ce qu'on connaît mal.

N'existe-t-il pas certaines images faciles à réveiller ?

A quelles raisons ce réveil est-il dû : éducation, habitude, tendance naturelle, émotion corrélative?

Y a-t-il de l'amnésie antérograde de reproduction?

Dans le cas d'amnésie partielle, quelles sont les images, sinon les souvenirs, qui sont conservées de préférence et pour quelles raisons? N'y a-t-il pas eu, à un moment donné, de l'amnésie rétrograde?

Sur quels événements portait-elle, et quel espace de temps occupait-elle ?

Combien de temps a-t-elle duré ? Sa disparition s'estelle fajte brusquement ou progressivement ?

Sur quel espace de temps et sur quels phénomènes porte-t-elle ?

Y a-t-il de l'amnésie antérograde de conservation ? c'est-à-dire : le malade, outre l'amnésie simple et rétrograde qu'il présente, est-il incapable en outre de fixer de nouvelles images ?

Combien de temps une impression produite sur lui met-elle de temps à disparaître?

La durée, l'intensité, la nature de l'impression modifient-elles sa persistance ?

Quelles sont les images (visuelles, auditives, etc.) qui se fixent le plus longtemps ?

Y a-t-il augmentation dans la durée de la persistance par le fait de la répétition, dans les mêmes conditions, d'une même impression, depuis le début de l'amnésie \

•Malgré cette amnésie, le malade a-t-il conserve la notion de temps, ce qui peut être facilement apprécie s'il fait à peu près en temps voulu et sans regarder l'heure les actes réguliers qu'il a l'habitude de faire journellement?

Peut-on par certains procédés (hypnotisme, sommeil

DE LA MÉMO I R G

chloroformique, excitation alcoolique, morphinique ou autre) fixer plus longtemps certaines images ou réveiller certains souvenirs, soit de la période rétrograde, soit de la période antérograde ?

Si l'amnésie est incomplète, il faut rechercher quelle est la mémoire la plus atteinte : est-ce la mémoire psychique ou la mémoire organique ?

Dans l'amnésie psychique, quels sont les souvenirs disparus : ceux qui se rapportent aux impressions sensorielles (a), ceux qui sont du domaine intellectuel proprement dit (b), ou encore ceux qui appartiennent à la sphère morale (c) ?

Dans le premier cas (a), est-ce la mémoire visuelle (souvenirs des lieux, des formes, des couleurs, des personnes, etc.), ou la mémoire auditive, gustative, olfactive, qui est le plus atteinte ?

Dans le second cas (/;), la perte de mémoire portet-elle plus particulièrement sur les notions concrètes ou abstraites (calcul, musique, langage), théoriques ou pratiques ?

Dans le dernier cas enfin (c), les souvenirs des émotions sont-ils perdus, et le rappel des faits physiques, intellectuels ou moraux qui les ont provoquées autrefois les éveille-t-il encore et de quelle façon ?

Si c'est la mémoire organique qui est atteinte, est-ce dans le domaine moteur ou sensitif ?

Y a-t-il paralysie ou anesthésie. ou les deux?

Les mouvements automatiques secondaires (marche, couture, actes professionnels quelconques) sont-ils perdus?

Quelles sont les conséquences physiques, intellectuelles et morales de ces différentes sortes d'amnésie ?

TBOUB LES

Commenl le malade se comporte-t-il dans les actes habituels de son existence journalière?

Quelles différences y a-t-il entre sa façon d'être antérieure et celle d'aujourd'hui?

L'amnésie entraîne-t-elle un affaiblissement de son attention, desa volonté, de son pouvoirde raisonnement ?

Détermine-t-elle chez lui de la dépression morale, de L'angoisse, etc. ?

Quelles conséquences sociales , morales , médicolégales a-t-elle pour le passé et pour l'avenir?

3° Quel était l'état antérieur de la mémoire ?

Pour bien apprécier à, sa juste valeur l'intensité des phénomènes observés, il est indispensable — si faire se peut — de se rendre compte de l'état mental antérieur, et, en particulier, de la mémoire du sujet. C'est un examen assez difficile en général amener à bien, quand ce n'est pas le malade lui-même qui donne les renseignements. On n'en obtient alors que d'assez vagues, mais qui cependant ne doivent pas être négligés après les avoir soumis à un contrôle aussi rigoureux que possible, bien entendu.

On s'informera tout d'abord si la mémoire était facile ou non ; si, par exemple, le malade apprenait facilement par cœur, et de quel ordre étaient les choses ainsi apprises; s'il avait plus de facilité pour les sciences exactes ou pour la littérature, la musique ou les arts; s'il avait la mémoire des noms, des visages, des lieux, des dates, etc. ; s'il était adroit ou non et apprenait facilement les exercices physiques, les travaux manuels automatiques; s'il était impressionnable, énergique, vif. ou non.

Avait-il une ou plusieurs mémoires spéciales développées à l'excès?

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