T ROUI! I. KS
cialc sur la mémoire, et les nombreux travaux qui se soûl faits sous l'influence de l'a SociéLé contre l'abus du tabac ont montre que c'était assez fondé. Les statistiques faites dans les écoles du gouvernement sur les rangs obtenus tant à l'entrée qu'à la sortie prouvent que ce sont ceux, qui fument le plus qui ont les moins bons rangs. Mais il y a un coefficient moral dont on ne tient pas compte et qui a cependant son importance. On sait en effet que le besoin d'un excitant intellectuel est l'indice d'un cerveau faible, ou du moins qui, avec ses seules forces normales, ne peut pas donner la somme de travail qui lui est demandée. Il n'est donc pas surprenant de voir que ce soit précisément ceux qui ont besoin de l'excitation du tabac, la plus facile à se procurer et la plus tolérée partout, qui sont en même temps les moins aptes intellectuellement. Il est probable qu'on arriverait à des résultats absolument analogues si on faisait des statistisques semblables sur ceux qui boivent du café, du thé ou de l'alcool pour arriver à remplir leur tâche. De sorte que, s'il est avéré que le tabac cause, lorsqu'on en abuse, des troubles amnésiques et intellectuels, c'est surtout peut-être parce que les sujets qui en font ainsi une consommation exagérée sont des prédisposés.
Quoi qu'il en soit, le tabac peut causer une amnésie à lui tout seul, amnésie essentiellement fonctionnelle et qui disparaît très rapidement par l'abstinence. Elle consiste surtout dans l'oubli des mots, des substantifs, et surtout des noms propres. Il n'y a que très rarement oubli des faits. Parfois, ainsi que M. Ballet en a cité un cas dans sa thèse sur le langage intérieur, cette amnésie peut prendre la forme aphasique. En tous cas ce n'est pas à. proprement parler une dysmnésie progressive que
cette amnésie nicotinique. C'est plutôt une amnésie partielle, — puisqu'elle ne porte guère que sur les mots et
mon sur les faits et les souvenirs complets, — mais en même temps progressive cependant, puisque l'usage continu du tabac l'augmente au point d'arriver à une véritable aphasie.
A côté des intoxications proprement dites, nous pla-
i cerons le myxœdème opératoire. Cette cachexie semble en eil'et, sous l'influence d'une sorte d'auto-intoxication, indéterminée d'ailleurs. En tous cas le système nerveux
i est atteint d'une façon très nette, et les myxoedémateux présentent une apathie intellectuelle très spéciale, en même temps qu'une grande difficulté à s'exprimer. Toutes leurs fonctions cérébrales sont ralenties et la mémoire est fortement atteinte. On voit des malades qui perdent le souvenir de langues autrefois apprises et qu'ils savaient encore au moment de leur opération, et j'en ai observé moi-même un cas très net à l'asile Sainte- Anne, chez un jeune garçon qui, à la suite de l'extirpation d'un goitre, présenta d'abord divers troubles intellectuels et finit par oublier son métier, la lecture et l'écriture, et même le langage, qui était réduit à fort peu de mots, qu'il prononçait même avec difficulté.
11 en est, du reste, de même dans le myxœdème non opératoire.
D'après certaines observations on cet en droit d'espérer jusqu'à un certain point une amélioration de cette amnésie et des autres troubles intellectuels, liée du reste à celle du myxœdème. Mais en présence du peu de ressources qu'on a pour traiter le myxœdème on voit combien le pronostic est grave et doit être réservé.
Dans ces cas, il n'y a pas seulement amnésie, il y a impossibilité de fixer de nouveaux souvenirs.
TROUB r. ES
Ue la cachexie pachydermique se rapprochent toutes les cachexies quelle qu'en soit la cause. Un sait que, clans la plupart des cas, on observe, au moins à la fin, un affaiblissement intellectuel. Un ne peut pas dire à proprement parler qu'il y ait dysmnésie. Aussi nous n'insisterons pas sur ces faits qui n'ont, du reste, aucun intérêt ni théorique ni pratique.
Indiquons cependant la pellagre où on a signalé parmi les troubles intellectuels de véritables pertes de mémoire.
Tels sont les cas dans lesquels, par ordre de fréquence, se présentent les amnésies progressives, ou dysmnésies. Le point capital à établir est de savoir si on à affaire à un trouble organique ou fonctionnel, car le pronostic en dépend.
Mais, si nous avons étudié les différents points que cette question comporte quand il s'agit d'adultes, nous n'avons pas parlé des enfants. Toutes ces causes d'amnésies se trouvent, en effet, éliminées d'emblée par le fait seul de l'âge du jeune malade, qui ne permet de songer ni à des démences, ni à des intoxications chroniques. On peut cependant observer des dymnésies chez les enfants, et comme chez l'adulte, elles peuvent être de deux ordres : organiques ou fonctionnelles.
L'amnésie organique est le plus souvent consécutive à la méningo-encéphalite, ou liée à la méningite tuberculeuse. C'est celle qu'on rencontre chez beaucoup d'idiots.
L'amnésie fonctionnelle ne résulte guère que de l'onanisme.
A la suite de la méningo-encéphalite, dont les manifestations les plus caractéristiques sont les convulsions,
il reste ordinairement un affaiblissement intellectuel qui va jusqu'à l'idiotie complète. Si la mémoire, touchée comme tout le reste, ne présente pas en apparence 1rs lacunes qu'on rencontre dans l'amnésie des démences, cela tient simplement à ce que les enfants, surpris en bas âge, n'ont que peu d'images à perdre. Ce qui frappe I par contre, c'est leur incapacité à fixer de nouvelles limages, d'où leur impuissance à apprendre et à se développer intellectuellement et moralement. Mais I lorsque l'affection est survenue à un âge assez avancé ipour que l'enfant ait eu déjà le temps d'apprendre à I lire et à écrire et d'acquérir les notions si nombreuses qu'on apprend dans les toutes premières années de I l'existence, on constate, quand il en sort, qu'il a perdu i tout ou presque tout ce qu'il savait, et que, non seulement il y a perte des souvenirs, mais qu'il est de plus incapable d'apprendre du nouveau. C'est l'amnésie idiotique.
La méningite aiguë, outre l'amnésie du délire, laisse souvent aussi après elle un état de torpeur avec affaiblissement de la mémoire, état qui finit par disparaître en général. On constate également souvent l'amnésie de la convalescence.
Enfin à la période prodromique de la méningite tuberculeuse on observe soit de l'excitation, soit plus souvent de la dépression intellectuelle avec faiblessse de la mémoire.
On ne saurait dire dans tous les cas qu'il y a, à proprement parler, dysmnésiê. L'affaiblissement de la mémoire n'apparaît pas là comme un phénomène isolé ou prédominant, qui frappe d'une façon spéciale et auquel on rattache les autres phénomènes concomitants. Il fait partie d'un ensemble -qu'il sert à constituer,
mais dont il n'est pas plus la caractéristique que n'importe quel autre trouble psychique, qui porterait sur la volonté, par exemple.
En tous cas, si l'on veut considérer ces dysmné'sies en elles-mêmes, il faut ajouter qu'elles sont incurables cl progressives, après un certain temps d'arrêt apparent. Tôt ou tard, en effet, on observe une nouvelle décbéance intellectuelle qui marche assez rapidement en général et conduit à la mort en s'accompagnant de déchéance physique également progressive, ou en survenant comme conséquence du réveil des anciennes lésions. C'est ce qui se passe ordinairement chez les idiots, où l'on trouve le type de ces amnésies consécutives à des affections cérébrales aiguës, amnésies par conséquent essentiellement organiques.
Lorsque chez un enfant, qui n'a présenté aucun accident nerveux dans son enfance, dont l'intelligence a jusqu'alors été normale, et qui approche de la puberté, on constate un affaiblisssment de la mémoire qui ne paraît rattachable à aucune affection ancienne, ou actuelle, ni à aucun traumatisme, il faut penser à l'onanisme. On devra d'autant plus y songer que l'enfant présentera en même temps des troubles du caractère, de l'instabilité mentale, des colères pour des motifs futiles, de la paresse pour apprendre ses leçons, etc., de la dilatation pupillaire, etc. Du reste, il n'est pas surprenant que l'onanisme puisse déterminer ainsi de la perte de mémoire quand on sait que, comme l'a bien montré M. Ch. Féré1, le spasme cynique est en tous points comparable, toutes proportions gardées bien entendu, à l'accès épileptique. L'épuisement consécutif