‹ Les troubles de la mémoireChapitre 45 sur 58 · Motet, Union viéd · texte numérisé non relu

Motet, Union viéd

ni-: r.A m ûmo i h k

Une jeune lionne de 1!» ans, Lrès propre, très rangée, très travailleuse el lrès honnête, fait une fièvre typhoïde très grave. Au retour dans sa place on constate qu'elle est devenue oublieuse des moindres détails, non seulement pour les choses particulières, mais pour le courant ordinaire du service. Elle égarai! tout, ne prenait plus soin de sa personne, n'étail pins propre ni rangée. Elle présenta de plus des impulsions au vol. Enfin elle avait une légère paraplégie. Elle était triste, alors qu'elle était gaie autrefois, sans pouvoir dire, du reste, ce qui l'attristait. Elle fut obligée de quitter sa place et, quelques mois plus lard, elle était complètement guérie et avait recouvré son ancien caractère. Il y avait eu chez elle un véritable dédoublement de la personnalité.

Le second cas est celui d'uni1 malade soignée dans le service de M. Potain, alors que j'y étais externe, et qui présenta, outre une perte considérable de la mémoire, une paraplégie fiasque vraisemblablement de nature hystérique.

.Malheureusement, à l' é p o qu e où j ' obse r v a i ces mal a d e s . mon attention n'était pas attirée sur les phénomènes psychiques que j'ai notés sans détails suffisamment complets. Il n'en reste pas moins que. dans ces deux cas, l'amnésie post-typhique s'accompagnait d'une perte de la mémoire organique. Les deux cas guérirent, ce qui montre bien encore la nature essentiellement fonctionnelle de l'amnésie.

L'amnésie consécutive fi la fièvre typhoïde parait, en effet, assez curable. Il es! vraisemblable d'admettre que, lorsqu'elle persiste, c'esl qu'il existe des lésions organiques soit méningées, soif cérébrales, résidus des formes méningitiques et cérébrales de la (lèvre typhoïde.

Nous en dirons autant de son mécanisme que pour

T BO CJBLE S

l'amnésie oxycarbonée. Il est certain que la ûèvre typhoïde n'agit pas toujours de la même façon. Tantôt elle peut agir directement et d'une façon permanente sur les cellules cérébrales par l'infection qu'elle produit ; tantôt elle n'est qu'un agent provocateur, au même Litre que la puerpéralité, pour amener une amnésie fonctionnelle, en tous points comparable à celle que nous avons décrite comme hystérique, — en appliquant bien entendu ce terme au mécanisme, — et dont la cause intime est vraisemblablement dans les phénomènes d'épuisement qui résultent de l'infection typhoïde.

Cette question de l'épuisement comme cause de l'amnésie, c'est-à-dire du défaut de synthèse constituant l'amnésie fonctionnelle, nous l'avons déjà rencontrée dans l'amnésie épileptique, par émotion morale, consécutive à l'attaque hystérique, etc. Quand il s'agit des causes en pathologie mentale, il faut toujours être très circonspect. La théorie de l'épuisement cérébral comme cause de l'amnésie fonctionnelle dans diverses maladies, bien que séduisante, a besoin d'être contrôlée d'une façon approfondie. Et si nous en parlons, c'est moins pour la donner comme la plus probable que pour céder à ce besoin d'explication des phénomènes, sans lequel les progrès ne sauraient5 se faire en science.

Si la théorie de l'amnésie par épuisement peut s appliquer aux amnésies que nous citions tout à l'heure, n'est-ce pas elle qu'on doit invoquer également pour celles qu'on observe parfois à la suite du typhus, de la peste, des fièvres éruptives, — en particulier la variole, — du choléra, du rhumatisme, des maladies de cœur, des

D E LA MÉMOIB E

liémorrhagies, de la faim, du froid, de l'insolation, du surmenage physique et intellectuel?

Nous ne dirons qu'un mot de ces diverses amnésies, rares, peu décrites eL dont on ne compte pas assez d'exemples pour édifier un tableau psychologique ni établir les moindres règles pronostiques ou thérapeutiques. Ce sont plutôt des faits curieux qu'il suffit de signaler pour qu'à l'occasion on les recueille avec plus de soin. Dans beaucoup de cas encore on a vu apparaître, en même temps que l'amnésie, des troubles de nature hystérique, tels que des attaques convulsives, par exemple, qui jettent un certain jour sur la pathogénie de l'amnésie elle-même.

A la suite du typhus et de la peste on a noté de l'affaiblissement de la mémoire.

Les fièvres éruptives peuvent donner de l'amnésie, mais dans les cas rapportés il est permis de se demander si elles sont seules en cause, car le plus souvent les renseignements sont insuffisants pour se prononcer.

Le choléra. . malgré les dépressions qu'il amène, n'entraîne qu'exceptionnellement l'amnésie.

Dans les maladies de cœur on peut, on le sait, observerver soit de l'excitation, soit de la dépression. Quand il y a dépression, les facultés intellectuelles sont toujours plus ou moins atteintes et la mémoire est particulièrement touchée. Il en est de même dans la folie rhumatismale, où le pronostic de l'amnésie est du reste favorable. On peut encore observer de l'amnésie générale après des liémorrhagies abondantes, amnésie qui disparaît avec le retour des forces physiques.

Une fatigue physique excessive et momentanée peut également causer de l'amnésie qui disparaît par le repos. Il en est de même du travail intellectuel qui, dans cer-

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