‹ Les troubles de la mémoireChapitre 50 sur 58 · Pelman, Allgcmeine Zeitschrift fur. Psychiatrie, t. XXI · texte numérisé non relu

Pelman, Allgcmeine Zeitschrift fur. Psychiatrie, t. XXI

Mais c'esl par une sorte de honte, d'amour-propre qu'ils ne veulent pas en convenir, et ceux qui sont de bonne foi vous racontent avec une précision extraordinaire toutes les idées qui les ont assaillis. Reste la mélancolie avec stupeur. On avait cru longtemps que les malades plongés dans la stupeur étaient incapables de penser et, par conséquent, de se souvenir, l'intelligence étant complètement annihilée. Baillarger a démontré qu'il n'en était rien et que, très souvent, ces malades si lipides présentaient au contraire un délire extrèmemenl intense, dont ils conservaient du reste parfaitemenl le souvenir.

Mais cette forme de stupeur n'est pas la seule, et on peut observer des cas où il y a abolition presque complète des fonctions intellectuelles pendant l'accès, avec perte de souvenir à la suite. Il faut se métier, car alors la guérison n'est peut-être qu'une rémission. C'est ce qu'on voit, par exemple, dans la paralysie générale à forme circulaire ou à forme dépressive. Toute amnésie permanente survenue dans le cours d'une affection cérébrale doit faire penser à des lésions organiques. On constate souvent, en effet, que cette amnésie de l'accès s'accompagne d'un affaiblissement général de la mémoire.

Il n'en est pas toujours ainsi cependant dans la mélancolie. Pelman avaitdéjà signalé que dans les étals dépressifs les faits extérieurs ne sont plus perçus et n'éveillent plus aucun phénomène de mémoire et de conscience. On comprend qu'alors le mélancolique ait vraimentperdu lesouvenir de ce qui s'est passé pendant sa maladie, ce qui ne veut pas dire, du reste, qu'il ne se rappelle pas ses idées délirantes et ses hallucinations qui absorbaient en effet toute son attention et Consti-

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tuaient des états loris, tandisque toutes les perceptions extérieures étrangères constituaient, au contraire, des états faibles, moins durables par conséquent.

M. Séglas a repris ces faits à un autre point de vue. Il a montré que le mutisme mélancolique pouvait tenir à des amnésies verbales transitoires, à la perte de signification des mots, à l'affaiblissement du pouvoir de synthèse et à la présence d'hallucinations verbales psycho-motrices. Les trois premières causes nous intéressent seules ici. Les deux premières, du reste, paraissent tenir elles-mêmes à l'existence de la troisième. Or s'il y a défaut de synthèse, il n'est pas surprenant que la mémoire soit affaiblie pour les souvenirs anciens pendant que cet état existe, et que le souvenir des faits accomplis pendant cette période et mal perçus, mal synthétisés, ne puisse être réveillé complètement après la guéri son.

On retrouve par conséquent là une confirmation nouvelle de notre hypothèse; que l'amnésie n'est qu'un défaut de synthèse psychique des faits passés, comme l'anesthésie l'est des faits actuels.

La folie circulaire, composée d'accès de manie et de mélancolie alternant avec des phases de rémission, ne présente rien de bien particulier et ne diffère pas de ce que nous venons dédire de la manie et de la mélancolie prises isolément.

Un mot, pour finir, sur le délire fébrile. Lorsqu'il est de moyenne intensité, qu'il ne s'accompagne guère que d'illusions, surtout de la vue, il offre une grande analogie avec les états hypnagogiques. Le souvenir en persiste

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