‹ Les Troubles endocriniens dans la Coxa-vara essentielle des adolescentsChapitre 11 sur 39 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Expérimentation de W. R. HARRIS

Une cause endocrinienne du « glissement de l’épiphyse » supérieure du fémur est évoquée par le fait que la lésion est presque toujours accompagnée d'anomalies de la croissance qui sont dues elles-mêmes à un désordre endocrinien. Ceci est spécialement vrai pour ceux des patients dont on ne peut obtenir une histoire complète de leur maladie. Le plus commun de ces troubles de croissance est le syndrome adiposogénital, caractérisé par une obésité et une déficience du développement sexuel. Moins fréquemment, on trouve une histoire de croissance très rapide, chez un adolescent grand et mince (KEY, 1926). Chez ces enfants okèses, on note un taux d'hormones sexuelles dans le sang, inférieur à la normale. Chez les enfants grands et minces, on trouve un taux très élevé d'hormones de croissance. Ces deux hormones : hormones de croissance et hormones sexuelles, modifient la rapidité de prolifération des cellules du cartillage de conjugaison et par conséquent perturbent l'épaisseur et la résistance de ce cartilage et la rapidité de la croissance du squelette.

Les hormones somatotropes antéhypophysaires stimulent directement la prolifération de ces cellules, entraînant l’épaisseur du cartilage de conjugaison et l’augmentation de la croissance du squelette (RAY et al, 1941). Les hormones sexuelles ralentissent la prolifération de ces cellules, diminuant ainsi l'épaisseur des cartilages de conjugaison et la croissance osseuse (GARDNER et al.,, 1943). Les œstrogènes produisent cet effet par inhibition de la sécrétion des hormopes somatotropes antéhypophysaires, plutôt que par une action directe sur le cartilage épiphysaire (ZONDECK, 1936). Il est probable que la testostérone agisse de la même manière,

bien que cela ne soit pas aussi évident que pour les œstrogènes (RUBINSTEIN).

Il apparaît donc, que pendant la période qui s'écoule entre l'entrée en jeu des hormones sexuelles et la fin de la croissance, la structure du cartilage épiphysaire dépendrait des taux relatifs des hormones sexuelles et somatotropes dans la circulation. Puisque c’est pendant cette période qu’apparaît le « glissement » de -l’'épiphyse fémorale supérieure, avec des anomalies de la croissance, et puisque ces troubles de la croissance sont caractérisés par des altérations évidentes du taux des hormones sexuelles et somatotropes, il n’est pas interdit de penser qu’un déséquilibre entre ces deux hormones soit la cause d’une faiblesse structurale du cartilage de conjugaison, qui rend facile le décollement épiphysaire. Pour vérifier cette hypothèse, on emploie un appareil qui mesure la résistance aux tractions des cartilages de conjugaison des rats. Cet article rapporte les expérimentations faites avec cet appareil sur des animaux traités soit par l'hormone somatotrope, soit par les œstrogènes, soit enfin sur des animaux de contrôle.

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