‹ Les Troubles endocriniens dans la Coxa-vara essentielle des adolescentsChapitre 36 sur 39 · LIBRE · texte numérisé non relu

LIBRE

Sous l'influence du régime et du traitement opothérapique, la malade commença à maigrir et perdit progressivement 10 kilos. Les règles qui étaient à peu près inexistantes, apparurent régulièrement assez abondantes.

Lorsque nous la perdimes de vue, au bout de six mois, elle était très améliorée. ‘

L'interprétation de ce cas est certainement assez coMmplexe.

Si l’on s’en rapporte aux radios que nous joignons 1C1, il semble qu’il y ait eu, en octobre 1925, sous l'influence d’une cause légère et d’un terrain défectueux, un décollement épiphysaire de forme larvée et ayant évolué progressivement, par la suite, vers la formation d’une coxa vara traumatique.

Ces cas sont pris fréquemment, comme ici, pour des coxalgies, et Broca, dans son Traité de Chirurgie Infantile, le signale avec insistance.

Par la suite, ainsi que le montre la deuxième radio, l’ascension du fémur s’est réduite, probablement sous l'influence de la traction et du traitement orthopédique.

Il y à eu coaptation des éléments osseux séparés.

La coxa vara n’en a pas moins persisté, et par uñhe aggravation singulière et inattendue, la tête fémorale s’est déformée et apiatie en tampon de wagon ainsi qu’on le voit clairement sur la dernière radio.

Marius C.…, de nationalité italienne, est âgé de 12 ans. Les parents sont des cultivateurs intelligents, sobres et travailleurs, sans antécédents ni tare organique. Ils ont cinq enfants, âgés respectivement de 18, 14, 12, 9 et 7 ans. Tous ces enfants, sauf Marius (12 ans) se portent bien. Ils sont intelligents et ne présententt aucune tare. Marius a toujours eu lui-même une bonne santé jusqu’à ces dernières années.

Cependant, c'était un gros enfant, médiocrement intelligent, mou et paresseux. En 1918, il a une grippe simple qui guérit bien et sans séquelles. En 1919, crise de rhumatisme subaigu d’allure franche, mais peu violente, et ayant tou-

Sue

ché succcessivement à peu près toutes les articulations. Cette crise est traitée par les moyens habituels et guérit bien.

À la fin de 1920, le malade commence à souffrir de la jambe gauche, en particulier de la hanche et du genou.

Ces algies sont considérées comme des séquelles tardives de rhumatisme et traitées comme telles. Cependant, elles ne cessent de s’aggraver : le malade traîne la jambe puis boite nettement. Entre temps, comme il avait cessé de fréquenter l’école et demeurait au repos, il engraisse manifestement, son intelligence devient plus obtuse, son émotivité s'accroît. Il traine ainsi pendant plus de deux ans, et c’est en août 1923 que nous sommes appelés à le voir.

L'enfant présente un aspect typique d’adiposo-génital. Il est bien développé, mais beaucoup plus grand et plus gros que son âge. Le poids est de.55 kilos, la taille à 150 (au lieu de 31 et 136). Il y a d’autre part disproportion entre le poids et la taille. Il existe un pannicule adipeux abdominal très développé. Les seins sont volumineux, les racines des membres symétriquement très adipeuses. Les testicules sont bien descendus, mais ils sont petits et difficiles à trouver dans des tuniques infiltrées de graisse. La verge est atrophiée, cette atrophie portant surtout sur Îes corps caverneux.

Les aisselles, les joues, le pubis, sont glabres; les sourcils sont très clairsemés.

II existe une atrophie nette du corps thyroïde. Rien au cœur, rien au poumon. Pas de troubles nerveux, ni des organes des sens.

Rien au point de vue gastro-intestinal. Pas de ganglions. Rien dans les urines.

La marche est difficile, le malade souffre et boite.

L'examen somatique du membre inférieur gauche montre: absence d’atrophie, mais raccourcissement de 3 centimètres, limitation de la flexion et de l’abduction. Pas de ganglions, pas d’abcès, pas de point douloureux. La recherche des mouvements, si elle est faite avec douceur, n’est pas douloureuse. La limitation de ces mouvements semble déterminée davantage par un obstacle que par de la contracture ou de la douleur.

L'enfant est mis au décubitus et on demande une radio qui montre:

No de—

A gauche: destruction complète de la tête fémorale. Le col lui-même est court, -épaissi et paraît en voie d’ulcération et de destruction progressive ; il est en subluxation en haut. Sa tranche étant à cheval sur le sourcil cotyloïdien supérieur qu’elle dépasse d’un quart de sa hauteur.

A droite : La tête fémorale est légèrement aplatie et paraît s’enfoncer par sa base dans le col fémoral, ébauchant l’aspect qu'on à décrit sous le nom de «tampon de wagon ».

__ En somme, altération des épiphyses fémorales, au début à droite, très avancée à gauche et répondant aux lésions anatomiques de l’ostéo-chondrite.

Le malade fut mis en traction pendant trois mois et soumis à l’héliothérapie méthodique. On appliqua ensuite un appareil plâtré et enfin un appareil orthopédique de marche en celluloïd. Il suivit en outre un traitement opothérapique, soit purement hypophysaire, soit thyrohypophysaire, soit thyro-surréno-hypophysaire. L'amélioration de l'obésité fut peu manifeste. Il est vrai que le malade était immobilisé à cause de sa lésion.

En tout cas, l'obésité ne s’aggrava pas, et le poids trouvé à la fin du traitement par le repos, ne dépassait pas le poids initial. Peut-être faut-il l’attribuer à l’opothérapie. Ce qui le justifierait, c’est que l’opothérapie, continuée après le lever amena un amaigrissement de 2 kilos.

La dernière radio (janvier 1925) montre les mêmes altérations que la première, mais le processus d’ulcération paraît s'être arrêté, le tissu osseux est plus compact, le moignon du col est bien appuyé au fond de Ia cavité cotyloïde, la subluxation est partiellement réduite, le moignon fémoral étant nettement descendu.

En ce qui concerne l’hypophyse, la radio a été négative, et on est réduit à penser qu’elle est simplement en état d’atrophie ou d’aphasie glandulaire,

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