‹ Les truands; drame en cinq actes, en versChapitre 35 sur 104 · ACTE II. SCÈ>E VIII · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈ>E VIII

Qui me brûlait le sang hier.

(A l'entrée de Robin Costeau, Michault s'est reculé, et, sans vouloir le regarder, lui tourne à demi le dos.)

^lais on dirait, vrai, que je l'embarrasse !

Pourquoi fais-tu demi-tour.^ Bah! je comprends. Bon chien chasse de race Et tu faisais à la Mignote un doigt de cour. Eh! tu n'as pas le goût mauvais. Beau brin de fdle! Heureux qui la prendra, la Une anguille, Frétillante au vivier d'amour, ' Et s'en fera pâté friand à mettre au four! Qu'on en ait faim, même vorace.

Je ne vais pas là-contre, et je suis pour... Mais je ne t'ai point vu, mon fils, de tout le jour. A iens çà, petit, que je t'embrasse!

THIBAULT, à Villon.

Le brave homme! Quel bon cœur!

VILLON, à Thibault.

L'autre n'en a guère, en revanche.

Voyez cet air de rancœur.

Il est sec et dur comme planche.

(Michault, en effet, au lieu de répondre à l'appel tendre de son père, s'est reculé dayantagc, renfrogné, en lui tournant tout à fait le dos.)

UOBl^' COSTEAU, étonné et triste .

Eli bien !

MARIO>', brutalement,

Laisse-lc donc! Quoi! S'il a de l'ennui!

ROBI> COSTEAU, toujours très doux.

Eh! nous y chercherons remède ensemble.

Mais ce n'est pas une raison, me semble. Moi lui disant : « Je vais mieux aujourd'hui », Pour qu'il n'y trouve autre réponse Sinon bouche cousue et sourcil qui se fronce, Longue mine en pâtiras De Carême sans mardi-gras, Et me tourner le dos quand je lui tends les bras.

MARIO>", aigrement.

Va, va, traitc-le tout de suite en failli traître, Et dis que son air mal content Yient de te voir mieux portant!

ROBIX COSTEAU, avec un grand geste de dénégation.

Moi, penser des horreurs pareilles!

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