ACTE II. SCÈ>E VIII
ALIRION, le bousculanl.
Toi, l'homme aux doctes devis.
Mêle-toi donc de ça qui te regarde !
VILLON
Eh ! pouvons-nous pas donner nos avis ?
ROBIN COSTEAU
A quoi bon, quand ils sont servis
Gomme, après dîner, moutarde?
Car, voyez -vous, ami Thibault, et toi, clergcon, Tout ce qu'on leur dirait serait en pure perte. Autant vaudrait passer nègre à blanc badigeon. Et peut-être, après tout, le gas n'a pas tort!... Gerte.
G 'est un arbre sauvageon
Qu'en vain de la forêt verte J'ai voulu transplanter en chambre bien couverte Pour y greffer des fruits plus doux au suc de miel. L'âpre suc de révolte et d'audace et de force Lui bout quand même sous l'écorcc.
Ge qu'il lui faut, c'est le plein air, le ciel,
Ses bourgeons mouillés de pluie,
Lé soleil qui les essuie, Le souffle de ses fleurs par les vents emporté.
La rouge sève qui l'enivre Coulant en larmes d'or de son cœur éclaté, Et vivre enfin comme j'ai vécu, vivre Dans l'aventure et dans la liberté !
]^]h bien ! soit, fils, il sera contenté Le vœu de ta jeunesse ardente.
Un grand coup par mes gens et moi fut concerté Voilà dix jours ; mais la chose est pendante Depuis que je suis sur le flanc, Navré par ma blessure et la fièvre quartaine. Je t'en dirai la matière et le plan.
Ce sera dur; l'afiaire est incertaine; Mais tu sauras, j'en suis sûr, t'y montrant Digne de moi, fils, y tenir ton rang.
MICHAULT, joyeux.
Quel.^
IIOBO COSTEAU, en clignant de l'œil.
Bon.
MICHAULT, plus joyeux encore.
Comme truand?
ROBIN COSTEAU
Mieux ! Comme capitaine.