ACTE III. SCE>'E lY. C
FLORV. sèchement.
Alalblie!
ROBIX COSTE VU, d'un ton détaché.
Soitî soit! Vas-y î... Marion, conduis-la.
MARION
Ahî çà, de grand cœur, mon homme! C'est toujours autant que je gagne, en somme. Au moins, pendant ce temps-là, \ ous ne vous ferez pas, en couple qui roucoule, Elle, les yeux de carpe que voilà.
Et toi la bouche en cul de poule.
(Sortent Flora et Ma r ion.)
sci:\E V
ROBLN COSTEAU, seul.
Je fais cette bouche-là, moi!
Bouh! la Marion se blouse.
Elle me voit ainsi parce qu'elle est jalouse ! Mais pour Flora vraiment je n'ai pas tant d'émoi!... Sur !... Pour elle, ni pour une autre!... Eh là! mon frère,
t)8 LES TRUANDS.
Vous dites cela tout haut; et tout bas Votre cœur dit le contraire, l^t la Mignote!... Oh! non, non, non, n'y pensons pas!
(Il se couche au bord de la berge.)
Et cependant!... Sa voix chantante!...
Son sourire ingénu!... Son regard grand ouvert!... Ses airs d'enfant!... Ah! vieux, voilà ce qui te tente, Aacc ta soif d'amour, qui, toujours haletante.
Toujours de fruits mûrs se contente Dans le verger banal qu'un autre a découvert; Tandis qu'ici, c'est comme au fond d'un bois farouche
Que tu mordrais au citron vert
Où nul encor n'a mis sa bouche!