ACTE 111. SCÈ>E VII. Io
Où l'éternité serait brève.
D'être celui-là que tu dis !
rA MIOOTE.
Las î celui-là l'ignore, ou ne m'est guère tendre. Voilà longtemps, Robin, longtemps Que, sans me plaindre, je l'attends,
Que, sans me consoler, il me laisse l'attendre.
ROBIN COSTEAL.
A-t-il donc un cœur de rocher, Que tu ne puisses le toucher?
LA >nG>OTE.
Je le crois; car j'y tâche, et point je n'y pénètre.
ROBIN COSTEAU
0 le sourd! L'aveugle!
LA MIGNOTE
Peut-être; Et je le pense bien des fois en m'attristant, Qu'il est sourd et qu'il est aveugle et qu'il veut l'être. (lav je parle assez clair; il m'écoute; et pourtant Il n'a pas, quand il m'écoute.
io()
L'air d'iiii homme qui m'cnlcnd.
Et d'autre part, exprès sans doute, Même par un jour éclatant, Les deux yeux grands ouverts il semble n'y voir goutte Car mon âme est devant lui, toute, Epanouie à chaque instant Comme une rose à la pourpre qui saigne. Sans que jamais son geste daigne Cueillir la rose qu'on lui tend.
(Elle a dit ces derniers mots d'une façon très significative, et, quoique toujours ingénument, en s'offrant presque.)
ROBIX COSTEAU, extrêmement troublé.
Oh! tais-toi! N'en dis pas plus long, je t'en supplie!
LA MIGXOTE, pressante.
Pourquoi.^
ROBIX COSTEAU, comme effrayé.
Silence! Non! Assez!
LA MIGXOTE, encore plus pressante.
Pourquoi I*
ROBIX COSTEAU, dans une grande exaltation.
J'ai peur de mes pensers.