‹ Les truands; drame en cinq actes, en versChapitre 92 sur 104 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MARION, THIBALLT, VILLON.

M-VRlO>\ assise sur une pierre.

Plus d'espérance, alors?

THIBAULT, navré

Viicunc !

VILLON, même jeu.

Aucune î Le grand prévôt durement Se lient clos dans sa rancune.

l'Iora no pou! plus rien sur lui pour le moment. C'est un joueur s'escrimant Contre un banquier sans pécunc.

liill'.Vi i/l .

\)c mon coté, j'ai l'ait appel du jugement, Disant que l'aflaire on doit mettre

i~2 Li:S T1\LA>DS.

\ii\ mains de l'Université, Dont Kobin fut jadis l'honneur et la fierté. Malgré l'appui, pour ce, prêté Par Jean de Conflans, mon bon maître, Qui fut aussi le sien dans ces glorieux jours

Et qui, depuis, l'aime toujours.

Malgré tout, nous n'avons rien obtenu, la mère. Mon maître et moi, pourtant, avions élaboré Belle oraison à fm de référé, Traitant, in utroque jure, Primo, contre ledit arrêt, comme sommaire, Secundo, des effets du dit, comme hâtifs. Et requérant au moins sursis pour ces motifs. Les gens du Châtelet n'ont point voulu m'entendre. Et sauver notre ami par quelque autre moyen. C'est à quoi désormais nul ne saurait prétendre,

Puisqu'elle-même, elle, vous voyez bien.

Elle, l'aima mater, la mère forte et tendre, L'Université, n'y peut rien !

MVRION.

Plus d'espérance, alors?

TUIBAULT, plus navré encore que tout à l'heure.

Aucune !

Acri: ^. — si;î:ne i. 173

VILLON', même jeu.

Aucune !

MARION, tlans une rêverie, à demi folle.

LasI las! Des vieilles fleurs qui l'ont tant parfume,

Mon pauvre joli mois de Mai,

Il ne m'en demeurait plus qu'une.

Fraîche encor, soleil mort devenu clair de lune, (tétait le doux fanal sans cesse rallumé

Au préau de sombre infortune

Où rôde mon cœur enfermé.

Sa clarté me parlait. Elle va donc se taire ' Ah I ne la tuez pas, par pitié, durs autans, La fleur qui me parlait toujours de mon printemps, L'unique fleur de mon maigre parterre !

Las I las I Au dolent promenoir

Il ferait noir, noir, noir, si noir,

Pour le prisonnier solitaire !

niir. \i LT.

Votre fds, vous l'aimez, il vous aime, voyons !

M.il\IO>', comme plus haut, par moments.

Los fils ! Les fils ! Ils sont des hommes.

l-\ LES TUl ANDS.

Kt c'est, aveugles que nous sommes.

Pour d'autres que nous les choyons.

Quand ils sont grands, ils nous quittent pour elles.

Adieu, la mère, et ses chagrins, et ses querelles !

Où donc est-il, mon fds? Pourquoi n'est-il pas làP

THIBAULT

Je ne «ais pas.

VILLON

Moi non plus.

MARIO^f, chantonnant.

Lon, Ion, la!

La chanson le sait. Chantez-la!

La chanson, landigue, lon la, Des tourtereaux aux tourterelles.

(Se remettant à parler, très douce.)

Oui, oui, sans doute! Lui, pareillement, parbleu,

11 m'en a fait voir, et de grises, Mon Robinot, toujours virant à toutes brises. C'était ainsi déjà même en notre temps bleu, Quand j'étais jeune encor, brune gaillarde brune. Souvent il me quitta, je le sais, pour plus d'une. Mais il m'aimait cependant, voyez-vous;

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