ACTE PREMIER. SCENE TV
De quels ignobles duels vient vous encanailler Ce coq de la débauche avec son poulailler!
THIBAULT, avec affeclion.
Et dire que jadis, Costeau, ces murs, les mêmes, T'ont vu dans nos tournois, chevalier triomphant, Le syllogisme au poing, cuirassé d'enthymèmes, En latin magistral sonner de T olifant !
O toi qui fus ce pur et glorieux enfant.
Front qu'on prédestinait à tous les diadèmes, De te retrouver roi des gueux mon cœur se fend. Ah ! Robin Costeau, si tu m*aimes Comme je t'aime, ô mon ami.
Reviens parmi nous ! Non parmi !
Que dis-je ! Ce sont blasphèmes.
Mais à notre tête, en élu.
En maître que l'on regrette.
Dans cette chaire où ta place était prête.
Où tu serais si tu l'avais voulu.
JEHAN DE CONFLANS, avec tendresse.
Ah ! certe, à te le promettre Que de fois je me suis plu.
Et qu'il t'y céderait sa place, ton vieux maître, Avec un bonheur absolu !
(U descend de sa chaire.)
LES TUUAIUDS.
ROBIN COSTEAU
Voire ! L'idée est des plus folles ; Mais peut-être serais- je un sage en la suivant.
THIBAULT , enthousiaste .
Oui, oui, roi des truands, sois le roi des écoles !
ROBO COSTEAU.
Bah ! risquons-en l'essai ! Sera-t-il décevant ? Je ne crois pas. Je m'y connais en fariboles. Pour l'avoir oublié, je l'ai fait trop souvent, Ce métier d'âne savant, Savant à moudre du vent Dans leur moulin à paroles.
discours, je saurais encor bien comme avant Dévider vos boyaux en longues banderoles, Et les rata touiller, par la corbieu, Vieux latin de cuisine, au feu De tes sonores casseroles.
(A Jehan de Gonflans.)
Tiens ! Prête-moi ta robe et ton bonnet... Mais si 1 Prête-les-moi donc, te dis-je.
(11 les lui enlève.)