ACTE PREMIER. SCÈ^E IV. a
Sans eux, l'on est sans prestige.
(Il mel la robe et le bonnet.)
Tandis qu'ainsi, mon maître, ainsi...
(Il monte en chaire et prend un air inspiré.)
Ah ! je me sens déjà buste sur un piédouche !
Le miel de l'éloquence abonde dans ma bouche.
Oyez tous, écoliers, et vous, truands, aussi!
Que la bonne doctrine entre en vous et vous touche !
Je tousse... Heum! Breum!... Je crache... Racî Tsi!
(Il a toussé et crat^é bruyamment.)
Doctoralement je me mouche.
(11 se mouche dans un pan de la robe.)
Gnouflfre!... Et dans un verbe farci.
Moitié latin, moitié françois, voici.
Que je commence.
(D'un ton professoral.)
Amici, Compaings, sodales, camarades.
Ego, je, moi, Robin Costeau...
JEHA^ DE CO^FLA?ïS,
Jadis, ici, Robinus Costalis...
UORO COSTEAU, lui envoyant un baiser, goguenard.
Merci !
a/l LES TRUANDS.
Je, dis-je, batteur d*estrades
Plus drôles que celle-ci, Vobis dico d'ouvrir bene Toreille Et ne pas facere le rétréci
A la leçon non pareille
Quam in stylo rigolo
Robinus debagoulo.
JEHAN DE CONFLANS
profanation ! Hélas ! c'est mon pupitre Qui lui sert à ces jeux de pitre!
ROBIN COSTEAU, à califourchon sur la chaire.
Patience ! Dans un instant je suis profond.
Mais d'abord je veux me montrer agile.
Je suis un sage fol, de ceux qui font
Les pitres devant l'Évangile.
Me voici grave à présent, et sans plus Nous amuser en propos superflus, Guérissez-vous l'esprit, si vous l'avez malade, Et, si vous l'avez sain, rendez-le «lieux portant. En humant à la régalade Mon Evangile de plaisir Dont se boit le clair élixir Au goulot de cette ballade.