‹ Les truans, drame en cinq actes, en vers;Chapitre 33 sur 107 · ACTE II. SGÈXE VII. 6l · texte numérisé non relu

ACTE II. SGÈXE VII. 6l

MARION, qui depuis longtemps les écoute, le menton aux poings, silencieuse, et qui brusquement se lève.

C'est le vieux.

Ah! pauvres innocents, pourquoi rêver ce rêve

De vouloir vous boucher les yeux Devant la vérité qui vous les crève?

Bien plutôt, telle qu'elle est.

Si terrible que soit son visage et si laid,

Et quelque mal que cela fasse D'en soutenir l'affreux regard dur et pesant, Puisqu'il le faudra bien un jour, dès à présent

Regardez-la donc face à face,

Bravement et de bonne foi,

Comme je la regarde, moi.

Au fer dont je te frappe, hélas! mon petit roi,

Moi-même à plein cœur je m'enferre, Et peut-être tous deux nous en mourrons. Mais quoi! A l'amour qui vous tient nul ne dicte sa loi.

Le subir, voilà notre affaire.

Or la Mignote aura beau faire Pour te rendre à propos de l'autre l'esprit coi; Malgré son bon vouloir, ta douleur, mon effroi. Puisqu'elle pense à lui quand elle est près de toi.

C'est lui, le gueux, qu'elle préfère.

MIGHAULT, dans une exaspération folle.

Oh ! oui, le gueux !

LA MIGNOTE

Es-tu fou? C'est ton père.

MICH4.ULT, de plus en plus exaspéré.

Non!

Que désormais de ce nom Nul de nous deux ne le nomme!

Non, ce n'est plus mon père! C'est un homme Aimé de celle que j'aimais.

Et cet homme-là, je le hais.

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