‹ Les truans, drame en cinq actes, en vers;Chapitre 36 sur 107 · ACTE II. SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE VIII

A la grand* table où les truands t'ont nommé roi! Ce que j'ai, c'est qu'étant fort, jeune et sans effroi. J'y veux ma place h la grand' table, et non l'aumône Que tu nous fais en en sortant î Je veux n'être plus un béjaune Nourri de la becquée ignoble qu'on lui tend.

Je veux goûter enfin la joie D'être ce que tu fus, l'oiseau de proie, L'aigle, le milan, le faucon.

Dont le haut vol de rapace Plane, libre, en plein espace...

ROBIN COSTEAL, trisle et doux.

Et s'achève souvent, hélas! à Monlfaucon.

C'est pour t'en préserver que ma sagesse tendre Ici, t'offrant un sort plus calme, t'installa.

MICUALLT.

Je n'en veux plus. Le sort qui t'attend doit m'âttendre : Qu'il soit le mien! Au moins, avant d'en venir là.

J'aurai vécu jours de gala.

Nuits de danger, fête et bataille.

Je me serai dressé, droit, de toute ma taille,

Dans ma force et dans mon orgueil;

Et si je lâche l'existence

En dansant une gigue au bout d'une potence, -Des femmes qui m'auront aimé seront en deuil. Car ce que j'ai, puisqu'il faut tout te dire, Ce que ma mère et la Mignote (Comprendront, Ce dont je souffi-e enfin mort et martyre, C'est de ne pas avoir au front Cette légende qui te ceint d'un diadème, Qui te donne à jamais tes yeux ensorceleurs.

Et qui fait, malgré mes vingt ans en fleurs, Mes soupirs, mes cris, mes pleurs.

Que c'est toi, vieux, malade même.

Que c'est toi, le roi des voleurs, Toi, toi, toi, toujours toi, qu'on aime!

llOBl>' COSTEAU, de plus en plus doux.

Même malade et barbon.

Mon fils, si l'on m'aime encore,

C'est bien pour la légende, un peu, qui me décore ;

Mais c'est surtout, vois-tu, parce que je suis bon.

THIBAULT

Voilà répondre ! A la bonne beure ! Et celte raison-là, Robin, est la meilleure.

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