ACTE II. SCÈ?ÎE VIII. G
VILLON, à Thibault.
Et peut-être C'est la vérité pourtant!
ROBIN COSTEAU
Enfin, qu'est-ce qu'il a? Dis-le, toi, la Mignote. Tu le sais?
L\ MIO'OTE, toute confuse.
Moi! Mais non.
Si. Ne fais point la sotte.
Sois gentille, et change en gâteau Le pain moisi crincertitude amère Que servent ce fils et sa mère A ton pauvre Robin Costeau.
(La câlinant de petites tapes caressantes sur la joue.)
Allons, parle à ton vieux Robin, petite belle!
MICHAULT, éclaUnt.
Ah! ce que j'ai, c'est qu'à fin
Je me sens homme et me rebelle.
66 LES TRUA7ÎDS.
ROBl^ COSTEAU, doucement gogacoard.
Tel, contre le roi, le dauphin.
MICHAULT, à dents serrées.
Ne fais pas le mauvais plaisant, plus ou moins fin ! De plaisanter, moi, je n'ai guère envie.
Ce que j'ai, c'est que je suis las.
Moi, jeune, de vivre une obscure vie Où je n'ai fête ni soûlas.
Tandis que d'autres, jusqu'au seuil de la vieillesse Et jusqu'à l'heure de leur glas, Auront eu bombance et liesse!
Hardi, mon fils! Tu lui dis ce qu'il faut.
Continue, et le verbe haut!
MICHAULT
Ce que j'ai, c'est qu'il n'est pas drôle
De jouer à vingt ans le rôle D'un morveux conduit par le bout du nez !
Ce que j'ai, c'est que ma fringale.
D'exploits, de butin et de coups donnés Crève de faim pendant qu'on se régale