‹ Les truans, drame en cinq actes, en vers;Chapitre 42 sur 107 · ACTE 111. SCEXE II · texte numérisé non relu

ACTE 111. SCEXE II

MARIOX.

Si fait, mais comme un soudard au bivouac.

Ou comme les chats, d'une oreille.

Et, d'ailleurs, même avec la tête dans un sac, Sitôt qu'on dit du mal de mon gas, ça m'éveille,

LE GOURET

Je n'en dis pas.

MARION

Tu vas en dire.

LE GOURET

Eh bien ! oui, oui.

J'en dirai ! J'en ai trop sur le cœur contre lui !

MA^llON.

Pourquoi ?

LE GOURET

Pourquoi! Mais c'est ma place qu'il occupe.

A la tête de nos gens !

Beau capitaine, à mettre en face des sergents! Ça n'est jamais sorti de l'ombre de ta jupe ! Un crapoussin !

MARIO:*

Il a vingt ans sonnés !

LE GOURET

Lui ! Je suis sûr que du bout de son nez Il coule encor du lait quand tu le mouches.

MARIO-\

Tu crois ! Tàches-y-donCj avec tes airs farouches, De le moucher, son nez d'enfantelet !

C'est du tien, à pleine carouge.

Qu'on verra gicler du lait, Et non du blanc, mais du rouge.

LE GOURET

On pourra voir. D'ailleurs, ça, c'est un point. Qu'il puisse faire un truand admirable,

S'il a poing solide et bon râble.

Je ne dis pas. Mais le râble et le poing Ne sont pas tout pour être capitaine.

Il y faut autre chose aussi.

MARION

Quoi?

Page 1