‹ Les truans, drame en cinq actes, en vers;Chapitre 58 sur 107 · ACTE III. SCE5K TH. il · texte numérisé non relu

ACTE III. SCE5K TH. il

OÙ lëtemîlé serait brève.

D'être celui-là cpie tu dis !

LA îDG3kOTE.

Las ! celui-là Tignore, ou ne m'est guère teodre. Voilà longtemps, Robin, longtemps Que, sans me plaindre, je l'attends.

Que, sans me consoler, il me laisse l'attendre.

ROBCr COSTEAU.

A-t-il donc un cœur de rocher.

Que lu ne puisses le toucher?

LA mig:«ote.

Je le crois; car j'y tâche, et point je n'y pénètre.

ROBIN COSTEAL.

le sourd! L'aveugle î

LA MIOOTE.

Peut-être ; Et je le pense bien des fois en m'attristant, Qu'il est sourd et qu'il est aveugle et qu'il veut l'être. Car je parle assez clair; il m'écoute; et pourtant Il n'a pas, quand il m'écoute,

Io() LES TRUANDS.

L'air d'un homme qui m'entend.

Et d'autre part, expris sans doute, Même par un jour éclatant, Les deux yeux grands ouverts il semble n'y voir goutte ; Car mon âme est devant lui^ toute.

Épanouie à chaque instant Comme une rose à la pourpre qui saigne.

Sans que jamais son geste daigne Cueillir la rose qu'on lui tend.

(Elle a dit ces derniers mots d'une façon très significative, et, quoique toujours ingénument, en s'offrant presque.)

ROBO COSTEAU, extrêmement troublé.

Oh ! tais-toi ! N'en dis pas plus long, je t'en supplie !

LA MIGXOTE, pressante.

Pourquoi?

ROBl>' COSTEAU, comme effrayé.

Silence! Non! Assez!

LA MIO'OTE, encore plus pressante.

Pourquoi ?

ROBIN COSTEAU, dans une grande exaltation.

J'ai peur de mes pensers.

Page 1