SCENE II
Les Mêmes, moins VILLON.
JEHA?î DE CO> FLANS, tristement.
Pour mutin que soit celui-ci,
Qu'il s'aille à son tour perdre aussi.
Las! c'est grand'pitié quand même!
Il avait l'esprit que j'aime.
Allègre, avisé, subtil.
Il m'eût fait honneur sans doute.
Quel sera son Octobre après tant bel Avril!
Las! maître, aux riches seuls arrive banqueroute.
Le meilleur prend souvent la plus mauvaise route. Autant jadis en advint-il Au cher ami de mes jeunes années,
A ce Robin Costeau, parti d'un tel élan Pour de si hautes destinées.
Si bien pensant, si bien parlant,
l4 LES TRUANDS.
Et par qui furent tant d'espérances fanées.
Lui, dès vingt ans maître es arts, Prince de la gent écolière.
Aiglon dans notre volière.
Et qui depuis, vivant de crime et de hasards, N'est plus prince que chez les truands, triste prince En l'art du croc et de la pince!
JEHAN DE CO:*FLANS, mélancolique.
Je l'aimais bien aussi — Plus n'y pensons!
THIBAULT, très tristement et tendrement.
Moi, je l'aime toujours, malgré ses malfaçons,
Tant que, quand j'y pense, j'en pleure.
JEHA^ï DE GONFLAIS, philosophiquement.
Plus n'y pensons, te dis-je, et tout à l'heure A théologiser recommençons!
Des consolations c'est encor la meilleure.
(Aux écoliers, d*un ton doctoral.)
Nunc igitur redeamus e longinquo
Ad syllogismum supradictum, quippequo...
(La fenêtre 8*entr*ouvre.)