PARIS
A. M A LOI NE, ÉDITEUR 25-27, rue de l'école de médecine, 25-27
AVANT-PROPOS
Le lecteur trouvera exposés dans ce livre les intéressants résultats obtenus par le Dr G. Martin au cours d'une mission de vaccine en Guinée. L'auteur ne les a pas recueillis sans surmonter de grandes difficultés matérielles ; pour donner un état civil documenté à ses Trypanosomes d'origines nombreuses (équidés, ruminants, porc, chien), il a dû faire de l'expérimentation et ce n'a pas toujours été chose facile, surtout en période d'hivernage, que d'avoir avec soi, en pleine brousse, sans compter la génisse vaccinifère, une ménagerie ambulante destinée à l'étude et à la conservation des précieux virus. M. Martin a réussi néanmoins à ramener avec lui à l'Institut Pasteur toute une série d'animaux, infectés avec les principaux virus qu'il avait rencontrés ; ils lui ont permis de conduire à bonne fin son travail par une étude comparative de ses Trypanosomes entre eux et avec des espèces-types du laboratoire.
M. Martin a eu raison d'exposer en détail ses résultats. Sa méthode de travail apparaît ainsi clairement et ceux qui se proposeront le même but pourront s'en inspirer. Son œuvre mérite en effet d'attirer l'attention à un point de vue général.
Ce sont surtout les travaux de savants français qui ont provoqué le mouvement scientifique vers l'étude des
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maladies infectieuses plus particulièrement tropicales. N'est-ce pas à MM. Laveran et Yersin que nous devons la découverte des agents de deux des plus importantes d'entre elles : le paludisme et la peste? Notre pays doit à son passé scientifique et à l'avenir de ses colonies de persévérer dans cette voie. Grâce à l'entente de l'Inspection générale du service de santé des colonies , des Gouverneurs généraux de nos principales possessions et des Instituts Pasteur de Paris et de Lille, une organisation d'études s'élabore peu à peu, pour laquelle les médecins des troupes coloniales se trouvent tout naturellement désignés. Des résultats partiels ont déjà été obtenus dans nos diverses colonies. Mais peut-être n'a-t-on pas procédé partout avec assez de méthode. L'œuvre du Dr Martin est, à notre avis, caractéristique de la mission à1 exploration scientifique qui devrait toujours précéder la mise en valeur d'une colonie. Elle seule permet d'avoir rapidement une vue d'ensemble de la pathologie d'une contrée. Elle doit donc venir avant la création des laboratoires à poste fixe, bien outillés, je veux dire outillés spécialement pour une étude plus approfondie des maladies révélées par l'enquête préalable.
C'est ainsi que les Anglais et les Allemands ont procédé dans leurs colonies et c'est seulement par cette investigation à deux degrés qu'on arrivera à organiser, d'une façon bien adaptée au but à atteindre, la lutte prophylactique, parfois si variable pour une même maladie suivant les conditions locales : l'exemple du paludisme est là pour l'attester.
La méthode employée en Guinée l'a d'ailleurs été auparavant en Afrique occidentale française par le D1 Le Moal pour la défense des agglomérations urbaines contre les moustiques, par le vétérinaire militaire Gazalbou pour l'étude des trypanosomiases animales du Soudan; elle l'est maintenant à la Côte d'Ivoire par le D" Bouet ; elle
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le sera parle D' Bouffard, dans la boucle du Niger; elle est donc en voie detre généralisée dans le gouvernement de l'A. O. F. et elle mérite de l'être dans toutes nos colonies.
Les résultats obtenus par le D' Martin y encouragent; ils supportent la comparaison, par exemple, avec les moissons analogues faites par les savants de l'Ecole de Liverpool. Ils constituent pour leur auteur, élève des Instituts Pasteur de Lille et de Paris, une excellente préparation pratique à l'importante mission qui vient de lui être confiée d'étudier et de combattre la maladie du sommeil au Congo français.
Félix MESNIL.
Paris, Institut Pasteur, 2 octobre 1906.