‹ Les trypanosomiases de la Guinée Française [electronic resource]Chapitre 16 sur 24 · TRYPANOSOMIASE HUMAINE EN GUINÉE · texte numérisé non relu

TRYPANOSOMIASE HUMAINE EN GUINÉE

Il y a deux périodes à distinguer dans l'évolution de la Trypa-

nosomiase humaine.

La période d'incubation de la maladie se confond d'ailleurs généralement avec la première période. Elle dure quelquefois plusieurs années et on a signalé des cas chez des nègres qui avaient quitté la région endémique depuis cinq à huit ans auparavant. La durée du deuxième stade est de quatre à huit mois. Il y a parfois des rémissions suivies de rechutes, mais la trypanosomiase peut se terminer, dans certains cas, par la mort, sans avoir donné lieu au symptôme caractéristique : le sommeil. Dutton, Todd et Christy (i) notamment ont publié deux cas chez des Européens sans phénomènes de léthargie.

Pendant la première période, l'infection reste à l'état latent ou ne se manifeste que par des accès de fièvre irréguliers avec anémie et prostration des forces. Chez le nègre, on n'observe le plus souvent aucun symptôme morbide, mais chez l'Européen, on constate, en dehors des poussées fébriles, de l'accélération de la respiration et du pouls, des œdèmes partiels, des exanthèmes. Le malade est amaigri, se plaint de lassitude, de douleurs vagues dans le thorax et les membres, parfois de céphalalgie.

Pendant la seconde, l'intelligence devient moins vive, la mémoire présente des troubles variés. Le malade devient de plus en plus paresseux et apathique. II présente du tremblement fibri llaire de la langue, du tremblement des mains qui peut s'étendre aux muscles du tronc et des membres inférieurs. La démarche est traînante et l'émaciation et l'asthénie augmentent progressivement. La fièvre prend le caractère de fièvre hectique, s'élève à 3g0 le soir pour retomber à 370 le matin. Dès que l'état s'aggrave, la température s'abaisse et le malade meurt généralement en hypothermie.

La somnolence est peu profonde au début, car il suffit d'intéresser le sujet à une occupation quelconque pour l'empêcher de se livrer au sommeil : de l'appeler par son nom pour qu'il se secoue, mais bientôt il s'agit d'accès invincibles de léthargie très profonds. Il soulève péniblement les paupières et répond par monosyllabes aux questions posées, puis il s'endort même en mangeanl,car l'appétit est conservé, et finalement tombe dans le coma et la mort. A cette phase, il a de l'incontinence d'urine

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