Cazalbou, C. R. Soc. Biologie, l\ mars
2. Balfour, « Trypanosomiasis in the Anglo-Egyptian Sudan », Journ. Path. a. Dact. t. XI, 1906.
3. Greig et Gray, Report n° VI, Août 1906. Reports of the sheping Sickness,
4. Nabarro et Greig, Report n» V, analysés in Bulletin Insl. Pasteur, t. Ilî p. 771.
5. Cazalbou, Recueil de Méd. vét., i5 oct. 1904; Laveran, Rapport sur les mémoires de Cazalbou (Acad. de Méd., ?>o juin 1903 et 26 avril 1904).
LES TRTPÀ'NOSOMIASES EN GUINÉE FRANÇAISE
n'était qu'une variété du Surra (i).ct Lavera» vient de trouver chez un mouton inoculé à Ségou avec le sang- d'un cheval .qui s'était infecté clans la région du Bani un trypanosome paraissant être celui de la Soumet (2) et constituant une espèce nouvelle, le « T. cdzalboui».
Sa longueur (flagelle compris) est de 21 sa largeur de 1 «» 5. La membrane ondulante est très peu développée, elle est bordée par le flagelle qui a une portion libre. Le noyau est situé vers la partie moyenne, et le centrosome est rapproché de l'extrémité postérieure arrondie. Ce trypanosome, au point de vue de l'action pathogène sur les différentes espèces animales, se distingue nettement des espèces voisines. Les petits Ruminants s'infectent facilement, tandis que les inoculations faites chez les Rondeurs (souris, rats, cobayes) et chez le chien restent ordinairement sans effet. Le Macina paraît être le principal foyer de la Souma qui a été observée également à Bamako et à Kati (3).
Or, en Guinée, si une grande partie de la colonie et principalement les régions de Boké, Kadé, de la basse Guinée, s'alimentent en chevaux au Sénégal ; le Bélédougou, centre d'élevage au N.-O. de Bamako, fournit la haute Guinée et même certains cercles du Fouta. Dans toute la vallée du Niger, les troupeaux de bœufs à bosse, bœufs porteurs, venant du Macina, font l'objet tous les ans, de novembre à mai, d'un grand commerce. Beaucoup de ces bêtes sont trypanosomées et peut-être faut-il incriminer le T. cazalboui.
En effet, i° à Kollangui, le sang d'un cheval venant de Ségou et contenant de nombreux parasites assez longs et assez agiles, n'infecte ni un rat blanc, ni un chien, le premier examiné pendant un mois, le second pendant trois mois.
20 A Kouroussa, nous ne réussissons pas à infecter deux chiens, le premier avec du sang très parasité d'un cheval venu du Mossi et de Bamako, le second avec le sang d'un âne arrivé du Sahelil y a un mois ;
3° À Siguiri, un jeune chien reçoit, sans résultat, 2 ce. de sang
1. Vallée et. Panisset, avec observations de Laveran, C. R. Acad. Sciences, 21 nov. 190/i ; Laveran, C. R. Acad. Sciences, 29 décembre 1905, De l'identité du Surra et de la M'bori.
2. Laveran, Trypanosomiases du Haut-Niger: un nouveau Trypanosome pathogène (Acad. Se, 9 juillet 190G).
.'). Cazalbou, Soc. Biol., i«r avril 1905; Pécaud, La Soumaya, Soc. Rio/.. i3 janvier 190G.
LES TUYPANOSOMIASES UN GUINÉE FRANÇAISE
d'un bœuf à bosse acheté dans le Guimbala au delà du Macina. Le bœuf est amaigri, malade et 1res trypanosomé ;
4° A Kouroussa, une vache née dans ce poste il y a sept ans,
Fig. 3. — Tryp. de cheval (Farana) Gross1 i5oo.
présente l'aspect classique des bêtes trypanosomées. Son sang contient de nombreux parasites très agiles traversant le champ
Kig.*4. — Tryp. de bœuf (Siguiri et Bissikirima). flross1 i5oo.
du microscope. Il n'infecte pas cependant, à la dose de i ce. 1/2, ni un rat, ni un cobaye.
LES TnYI'.VNOSOMIASES UN GUINÉE FRANÇAISE 1 I
\ l'étal frais, nous avions été frappé de l'agilité plus grand, de ce trypanosome. A l'état coloré, il a l'aspect des figures 3 et 4- Chez le cheval, le flagelle libre mesure 6 à 7 a 5, la longueur totale atteint 26 p. à 28 p.
Chez le bœuf, le flagelle libre a de 6 à 8 p et la longueur totale
mesure 22 p à 28 «. .
Il y aurait donc lieu de conclure à l'existence en Guinée d'au moins deux trypanosomiases ; l'une, la plus importante, causée par le T. dimorphon que nous avons rencontré, non seulement dans le sang des Equidés et des Bovidés, mais aussi très probablement dans celui des moutons, des chiens et du porc ; l'autre sévissant surtout dans la région du Niger, chez les Equidés et les Bovidés importés du Belédougou et du Macina et pour laquelle il faudrait incriminer le T. cazalboui. Notons que dans le cercle de Farana, les Dialonkés désignent sous le nom de « Souma » l'infection trypanosomique de leurs chevaux.
M. le professeur Laveran, que nous remercions de ses excellents conseils et auquel nous avons fait part des conclusions précédentes, serait aussi de cet avis.
Il est inutile d'insister sur la grande utilité de connaître les foyers d'endémie trypanosomiasique et de se livrer à des recherches systématiques province par province. Aussi, allons-nous donner avec quelques détails les résultats de notre enquête. Celle-ci ne porte que sur l'itinéraire parcouru pendant nos tournées de vaccine. Elle est forcément incomplète, mais si elle ne nous permet pas de tracer l'aire exacte de la distribution des trypanosomiases en Guinée, elle permet de conclure à la dissémination extrême de la maladie, ainsi qu'un coup d'œil jeté sur les cartes permet de le constater.