‹ Les trypanosomiases de la Guinée Française [electronic resource]Chapitre 5 sur 24 · GafcalWu, C. R. Soc. Mol,., t. LVIII, 4 mars i9o · texte numérisé non relu

GafcalWu, C. R. Soc. Mol,., t. LVIII, 4 mars i9o

LlîS THYI'ANhSm.MIASKS K\ GUINÉE FRANÇAISE!

gène, le T. cacalboui étudié chez un mouton inoculé avec le sang d'un cheval infecté dans la région du Bani, paraît, comme nous l'avons déjà dit, appartenir à une espèce nouvelle.

En Guinée, les ânes arrivent du Saliel et du Mossi, les chevaux proviennent en grande partie: r° du Bélédougou, centre d'élevant; situé au nord-ouest de Bamako, qui fournit la Haute-Guinée cl une partie du Foula ; 2" du Sénégal, qui alimente Boké et La région de Kadé. Si ces derniers sont infectés de T. dimorphon, les premiers peuvent très bien être parasités par le T. casalboui-

Fjg, 1. Aspect d'un âae trypanosomi}.

Des caravanes composées de chevaux et d'ànes arrivent tous les ans jusqu'à Conakrv, du Sénégal ou du Soudan, après avoir traversé toute la Guinée. Les animaux sont souvent vendus m

cours de route. , .

En mai, nous examinons trois ânes venus en un mois de Hayes à travers le Fouta-I )jalon. Le propriétaire qui a déjà laissé une partie de ses hèles au Labé, les possède depuis deux ans. Il* n'ont jamais Và -naïades, prétend-il, e1 on1 biea supporté les fatigues de la route. Chez l'un d'eux cependant, légèremenl anuu-

Tin PANOSOMIASES DES ÊQUIDES

gri, mais vigoureux et solide encore, nous trouvons d'assez nombreux trypanosomes.

Lasanadiavara, marchand de chevaux, est depuis six ans à Conakry. II arriva d'abord du Fouta-Djalon avec un seul cheval qui mourut à Conakry en six jours (œdème du ventre) ; puis en trois ans, il perdit sept chevaux, les uns arrivant du Foula, les autres de Dakar. Ces chevaux venant de deux directions différentes présentaient les mômes symptômes de maladie, « l'appétit était conservé et ils étaient pris brusquement de tremblement de tout le corps et mouraient tout à coup le lendemain, alors qu'ils paraissaient la veille en bon état ».

Lasanadiavara me fait examiner quatre chevaux venant du Fouta-Toro, Matam et Bakel (Sénégal). Ils ont marché tout un mois jusqu'à Bandioulou (Gambie), où ils ont été embarqués pour Conakry. Ils ne sont arrivés que depuis cinq jours. L'un des chevaux, qui vivait à Matam depuis deux ans, est trypanosomé.

Chez un cheval de trois ans appartenant à Samba Gnaï, acheté à Boké, nous apercevons des parasites nombreux. L'animal est amaigri, porte la tête basse.

A Dubreka, à Koyah et à Manéah, nous n'avons rien trouvé dans le sang de chevaux et d'ânes examinés, mais plusieurs, cependant, étaient très douteux et présentaient les caractères classiques de trypanosomiase.

A Kouriah (48e kilom. du chemin de fer de Conakry au Niger), Annan possède depuis quatre ans un cheval venant du Sénégal. Depuis deux mois labête est malade. Actuellement elle est amaigrie, très affaiblie, somnolente, les yeux baissés, elle porte la tète basse. Les sabots des jambes de derrière traînent à terre' en marchant. Le lundi 22 mai, la 9. est 4i,8. De nombreux trypanosomes sont aperçus au microscope. Le mercredi 24, la 0. est 38 et nous n'avons rien vu dans le sang.

A Kindiah, les ânes Bokari, Moriba et Amadi sont tous trois parasités. Le dernier acheté à un Maure vient de Kouroussa, a été très faible, mais serait en voie d'amélioration.

L'âne Bokari, né aux environs de Bamako, il y a huit ans, a quitté cette région depuis quatre mois. 11 est amaigri, très faible et très fatigué. Les poils tombent-

LES THYPA.NOSOMIASES EN GUINÉE FRANÇAISE

L'âne Moriba, acheté il y a quatre mois, venant du Soudan est d'une maigreur squejettique. Véritable épouvanlail, il est pelé, porte de larges plaques dénudées et a des plaies aux genoux. Le train postérieur est faible. Somnolent, la léte basse, il traîne les pattes de derrière en marchant. Il est mort trois jours après notre passage à Kindiah. L'appétit était conservé jusqu'au dernier moment ; même couché, il mangeait.

Le cheval de l'administrateur acheté à Friguiagbé appartient au cercle depuis six ans. Depuis deux mois, il est très amaigri, offre de la paralysie du train de derrière. Les testicules sont enflés. Les poils tombent. Il est mort un mois après notre examen. Nous n'avons rien vu dans le sang.

Chez un cheval acheté à Sanou (vallée de la Kollenté), depuis six mois à Kindiah, et chez un cheval né près de Bakel et depuis six ans en Guinée, nous trouvons des trypanosomes.

A plusieurs reprises, nous avons examiné le sang de mulets à Kindiah, à Kadé, à Timbo, à Iriquiri et à Kankan, mais nous n'avions rien vu dans leur sang. Quelques-uns de ces animaux, surtout ceux des chantiers du chemin de ferde Conakry au Niger, où sur les « travaux neufs » ils ont un travail particulièrement pénible, étaient très amaigris, d'aspect qui pouvait faire songer à la trypanosomiase. On sait d'ailleurs quelle grosse mortalité elle cause au Soudan chez les mulets. Or, en janvier 1906, nous avons trouvé à Fafola (prés de Kindiah) chez un mulet de l'entreprise du chemin de fer, des trypanosomes assez nombreux présentant les mêmes caractères que ceux trouvés chez les ânes et les chevaux. Un rat blanc inoculé avec le sang de ce mulet ' montre après 7 jours d'incubation des parasites nombreux et meurt après4 jours d'infection.

A Tabounah, un cheval de selle né en Algérie, embarqué à Oran et débarqué à Conakry il y a deux ans, a séjourné au Tabili pendant huit à dix mois, puis à Friguiagbé. La faiblesse du train postérieur est grande. Il butte des pattes de devant. Il est parasité.

\ Teliniélé, douze chevaux sont examinés sans résultat. Celui du poste est douteux. Ily a six ans qu'il habite la région. Il serait venu vers l'âge de quatre ans de Kasso (Soudan).

Une ânesse venant ,1e Labé et de Kayes, est amaigrie, très fai-

TRYPA.NOSOMIASES DES ÊQUIDÉS

ble du train postérieur, perd ses poils, laisse voir dans son sang des trypanosomes nombreux.

Un petit âne, fils de la précédente, né il y a un mois à Télimélé, est pelé. Nous n'avons rien vu dans le sang-.

A Toubah, plusieurs chevaux très douteux n'ont laissé voir aucun parasite dans leur sang-, mais sur trente ânes examinés les i3 et i4 juin, plus de la moitié paraissent malades et le diagnostic de trypanosomiase est confirmé chez douze d'entre eux par l'examen microscopique du sang-. Plusieurs sont nés à Niocolo, au Sénégal. Tous sont amaigris, somnolents, « ont le dos rond » et portent la tête basse. Les uns présentent du larmoiement, les autres de l'écoulement du nez. Plus rarement on trouve de l'œdème du ventre et des testicules. Le train postérieur est très faible. Les pattes de derrière traînent sur le sol en marchant. Les poils sont peu solides, s'arrachent facilement, laissant parfois des plaques dénudées : rugueux, ils donnent à l'animal un aspect particulier. La température varie de 38°5 à 3o,°3.

A Santagui, un cheval a été examiné quatre jours de suite sans laisser voir de parasites. Il est amaigri, très faible et reste souvent couché. L'appétit est conservé. Il a de la faiblesse des boulets. Les sabots traînent à terre à tel point que leur extrémité antérieure est très usée. L'animal marche en offrant de la raideur. Il penche du côté gauche.

A Kadé, vingt-cinq chevaux venant presque tous du Sénégal nous sont présentés. Sept nous paraissent malades, mais les parasites ne se montrent pas au microscope.

Sur vingt-six ânes, dix sont trypanosomés. Ils vont et viennent de Kadé à Boké ou à Gabou (Guinée portugaise). Ils sont amaigris, pelés, et très faibles du train postérieur.

A Toubouguebou,sur cinq chevaux, deux ont de très nombreux trypanosomes dans le sang. L'un est malade depuis deux mois, l'autre depuis un an. Tous deux sont amaigris et traînent les pattes de derrière en marchant,

A Youkounkou, deux ânes sur cinq venant de la haute Casamance sont parasités.

Les tuypanosomIa.sIîs en Guinée prançaIse!

Plusieurs chevaux sont douteux; l'un est trypanosomé, il vient

du Sénégal.

A Sagnetto, un cheval arrivé de Kaédi depuis six jours est trypanosomé.

A Médina-Kouta, un premier cheval acheté en septembre iqo3 mourut en décembre 1904. Il resta en bon état pendant un an. De septembre 1904, date le début de l'amaigrissement qui alla s'accentuant de jour en jour ; puis apparut de l'œdème se détachant en cordon sous le ventre de l'animal. Il marchait en titubant ; quatre jours avant sa mort, il s'affaissa et présenta des secousses spasmodiques des membres postérieurs.

Un deuxième cheval acheté en janvier igo5 et venant de Niokolo (Sénégal) était en très bon état, battait en vitesse et en fond tous les chevaux des chefs indigènes. Dans la brousse, M. Henri Liurette remarqua à plusieurs reprises qu'il fut couvert de tsetsés. Notamment au mois de février igo5 étant à la chasse à la poursuite d'antilopes, M. Liurette abattit un de ces animaux et trouva voltigeant autour de la bête une nuée de mouches tsetsés. Le mois suivant il constatait une faiblesse générale, mais encore peu sensible, du cheval. Nous examinons celui-ci le 8 juillet, l'aspect général est beau. Le poil est brillant. L'animal n'est pas amaigri, mais en marchant il traîne les pattes de derrière, il fléchit sur les boulets. La tête est basse. A l'examen microscopique, nous découvrons de nombreux trypanosomes. Ce cheval est mort environ un mois après (mi-août).

A Kollangui, on nous présente six ânes : deux en assez bon état sont parasités. Un troisième d'aspect certainement trypanosomé ne laisse rien voir dans le sang.

Sur quatorze chevaux provenant principalement de Kayes et de Nioro, sept sont parasités, six autres sont très douteux.

i» Un cheval venant de Ségou, très amaigri, avec les pattes de derrière enflées et traînantes ; 6. 38, 7. La colonne vertébrale est saillante. Il semble avoir repris toute sa vigueur après notre départ. D'après des renseignements reçus, il avait bonne allure en septembre i9o5, en janvier et mars 1906. Or en juillet les trypanosomes, agiles et longs, étaient nombreux.

2° Deux chevaux parasités venant de Nioro, 1 un il y a deux

TRYPANOSOMIASES DES EQUIDÉS

mois, l'autre il y a un an, étaient, au dire des propriétaires, en très bon état à leur arrivée à Kollangui. L'un meurt en janvier 1906. Un troisième cheval acheté il y a huit mois et venant aussi de Nioro est douteux, mais ne présente pas dans le sang- de trypanosomes.

3° Le cheval de Amadou Baïlo, arrivé de Kayes depuis huit mois, est amaigri. Le train postérieur est faible. Les pattes de devant sont raides et buttent en marchant, 8. 4o°3. Les trypanosomes sont agiles et assez nombreux. Il meurt 2 mois après (écume à la bouche). II n'a donc résisté que dix mois à la maladie.

4° Le cheval de Ballafoya est malade depuis un an. II vient de Dinguiray. Excessivement maigre et très faible, il lient à peine debout. La démarché est raide, les sabots traînent à terre (flexion des boulets). La température est de 38°2. Nous n'avons vu qu'un seul trypanosome.

Fig. II. — Aspect d'un cheval trypanosome (Kollangui)-

A Sigon, iq le cheval de l'interprète, acheté dans le cercle de Medina-Kouta il y a deux mois, a présenté, quatre semaines avant notre passage, de l'œdème du ventre et des testicules disparu actuellement. L'animal est amaigri, il a le regard morne et marche difficilement. De nombreux Flagellés sont vus dans le sang.

»• Un second cheval vient d'arriver dans le poste le jour même ou nous 1 cxam.nons. 11 a assez bel aspect. Il présente seulement

LES TRVl'AXOSOMIASKS EN GUINÉE FRANÇAISE

TRYPA.NOSOMÎASES DES ÉQUÏDÉS

un peu de raideur des pattes postérieures en marchant. Acheté à Bakel, il est venu de Kayes par Médina-Kouta à Sigon en vingt jours. Cet animal est trypanosomé. Le propriétaire met le léger amaigrissement sur le compte de la fatigue du voyage.

3° Deux ânes sur trois provenant de Bamako et de Niokolo sont parasités.

A Labé, sur dix ânes quatre sont infectés. Cinq chevaux paraissent indemnes.

A Ditinn, quatre chevaux, dont trois douteux, ne montrent pas de parasites. Un âne est trypanosomé.

A Timbo, sur quatre ânes et sur six chevaux, un seul parmi ces derniers montre de rares parasites La çolonne vertébrale et les os iliaques sont saillants. Il marche très difficilement la tête basse ; les poils tombent en grande quantité, laissant de nombreuses plaques dénudées. L'animal a un peu d'œdème des jambes et prend l'attitude classique du train postérieur des ânes et des chevaux trypanosomés. Il ne serait malade que depuis huit jours. 11 est mort un mois après notre passage.

Notons que c'est à Timbo, chez un cheval qui nous paraissait douteux au point de vue de la Irypanosomiase, que nous avons trouvé des spirilles en grande quantité (V. Appendice, p. 117).

A Toumanéa, il passe de nombreuses caravanes de chevaux qui sont conduits dans le Fouta. Ils viennent de Siguiri, de Bamako, de Ségou et arrivent pendant la saison sèche. Le chef de village nous raconte qu'il a perdu une vingtaine de chevaux en six ans. Les uns mouraient en trois mois, les autres un peu moins rapidement. Une jument seule a résisté douze mois. Il prétend que les animaux sont déjà infectés lorsqu'ils arrivent dans la région.

Nous examinons le iftr novembre 1905 un de ses chevaux qui vient de Bandiagara et qui est à Toumanéa depuis sept mois, ainsi qu'un cheval du chef de poste provenant de Bélidougou (au-dessus de Bamako) depuis mars 190/i et à Toumanéa depuis mars igoG. Nous n'avons rien vu dans le sany.

A Dinguiray, le cheval de l'interprète Amadou est très douteux. Il y a cinq mois, ce cheval a été trouvé dans la brousse (à i5 kilo-

LES TUYI'A \oso.M IASKS EN GUINÉE FRANÇAISE

mètres), àKouli, où il avail été abandonné par son propriétaire tellement il était maigre et en mauvais état. Les poils tombaient. Le corps était couvert de plaies. Les jambes présentaient de l'œdème. 11 traînait les pattes de derrière et se tenait debout difficilement. Les testicules étaient enflés. Il existait de l'opacité des deux cornées, surtout de l'œil droit et de l'écoulement des yeux et du nez. L'appétit était conservé. Les poils de la crinière et les crins de la queue dont le bout seul restait dénudé, étaient tombés. L'aspect général était repoussant.

Actuellement il est passable. Il n'y a plus de plaques dénudées, les crins de la queue et de la crinière ont repoussé. Les naseaux sont secs. La vue est bonne, mais la marche est encore assez difficile. La faiblesse du train postérieur est grande. Les pattes de derrière sont raides (un peu d'œdème). L'animal butte en marchant et porte la tête baissée. Il est très calme. Nous n'avons pas vu de trypanosomes. Ce cheval venait du Sahel (Nioro).

A Banco et à Nono, nous avons trouvé deux chevaux avec d'assez nombreux parasites. Ils présentaient l'aspect classique de la trypanosomiase.

Une jument parasitée achetée à Bandiagara (Macina), depuis dix mois dans la région, a eu il y a trois mois un petit poulain dans le sang duquel nous n'avons rien vu.

A Sanguiana, un â,ne acheté en bon état à Kouroussa, il y a quatre mois, est excessivement maigre. La colonne Vertébrale est saillante. Des plaques dénudées couvrent le corps. Actuellement la faiblesse est générale. Il flagelle sur les pattes de devant qui ont présenté de l'œdème il y a un mois. Il traîne les pattes de derrière et tombe sur le côté au bout de quelques pas. Il serait même, la semaine dernière, tombé la tête en avant. Quand on presse sur la colonne vertébrale, il s'affaisse. Il a de nombreux trypanosomes dans le sang.

A Kouroussa, les indigènes voient leurs chevaux mourir on deux du trois ans. Ceux ci proviennent presque tous de Ségou ou du Mossi.

Nous examinons :

Quatre chevaux douteux. Un seul est trypanosomé. Il vienl de Bâmako. Les parasites sont rares.

TRYPAN080MIASES DES ÉQUIBÉS

2° Le cheval de Boundiala qui, acheté dans le Mossi, a vécu pendant un certain temps à Kankan et à Bamako. Il est âgé de trois ans. Le i5 novembre, il est vif, vigoureux, il a les poils brillants. Les trypanosomes sont très nombreux. Le 20 décembre, U est amaigri, la tête est basse; il a de la parésie du train de derrière. Les parasites sont toujours très nombreux et agiles.

3° Un cheval de cinq ans (depuis un an à Kouroussa). Il montre quelques rares trypanosomes.

4° Un cheval depuis quinze mois dans le poste et qui a présenté il y a quelque temps de l'œdème des pattes de derrière. Il est parasité.

5° Quatre chevaux très douteux, amaigris et fatigués. Un seul, celui d'Amoumana Kamara qui a les quatre pattes œdématiées, montre dans son sang de rares trypanosomes.

6° Un âne (Mahamet) appartenant à une caravane maure venant de Bamako et du Sahel. Les poils tombent, la colonne vertébrale estsaillante, la tête est basse, les yeux coulent. Il existe de la faiblesse du train postérieur et de la flexion du boulet du pied droit. L'animal s'effondre à la moindre pression de la colonne vertébrale. Le 10 décembre, les parasites sont très nombreux, les uns très mobiles, les autres restant sur place.

Le 11 et le 12 décembre, nous ne voyons aucun trypanosome.

70 Un âne (Amara Condé) acheté aux Maures il y a un mois, vient du Sahel. Les trypanosomes sont très nombreux dans le sang : les uns immobiles, les autres très agiles.

A Siguiri, l'administrateur de la région, M. Liurette, nous raconte qu'en l'espace de quatre ans, de 1895 à 1899, il mourut au poste militaire, avec des symptômes de trypanosomiase, plus de trente chevaux qui provenaient d'une prise dans le Sahel.

i° Le cheval du poste a été malade huit mois (amaigrissement, œdème des pattes, faiblesse du train postérieur, appétit conservé), mais depuis sept mois il va mieux. Il a bon aspect. Nous n'avons rien vu dans le sang;

20 Sur cinq chevaux nous trouvons des trypanosomes chez l'un d'eux venu de Kati il y a un an et qui n'a jamais présenté aucun symptôme de maladie ;

3° Un âne, acheté deux mois avant en assez bon état à une caravane descendue de Tombouctou, offre l'aspect classique des animaux trypanosomés. Il est en effet très infecté.

LES i liYPANOSOMIASIÎS IÏN Gl IN&E iiiam wm

A Irikiri, cinq chevaux n'ont rien laissé voir dans le sang, mais il y a vingt mois, un cheval est mort très probablement de trypanosomiase, car il a présenté tous les caractères de la maladie. II venait de Ségou.

A Norasouba et à Diomabana, plusieurs ânes venant de Bamako et se dirigeant sur Gonakry sont examinés. Ils sont en assez bon état, ne sont pas .parasités. Une quinzaine de chevaux ne laissent pas voir de trypanosomes. Plusieurs sont très douteux. Ils viennent de Ségou. Les indigènes racontent qu'ils meurent, dans la région, en 2 ou 3 ans, quelques-uns en 3 mois.

A Kankan, une grosse mortalité frappa en 1904, en même temps que les chevaux et les ânes, les bœufs et les moutons.

Nous examinons un âne amaigri, couvert de plaques dénudées, à la démarche raide et traînante. Nous ne trouvons que des filaires dans son sang, mais nous apercevons des trypanosomes dans le sang de plusieurs chevaux appartenant :

i° A Madissi : l'animal a été acheté à Bamako, mais il est dans le cercle de Kankan depuis six ans. H y a deux ans la faiblesse était très grande. « Sa tête était lourde ». 11 présentait de l'œdème du ventre, des testicules et des jambes. Il s'affaissait en marchant et s'est même brûlé la paupière en tombant dans le feu. Il avait de la diarrhée. L'appétit était conservé. Actuellement il est en meilleur état, mais il est encore amaigri et présente un peu de faiblesse du train postérieur ;

2» A Kandara-Kamara : le cheval est arrivé de Ségou il y a un an. Les caractères de trypanosomiase ont été très accentués, parait-il, il y a un mois. Il traîne encore les pattes de derrière et il est très constipé ;

3° A Joseph N' Diaï, dont le cheval est depuis deux ans dans la région. Il est constipé. La respiration est haletante. La parésie du train de derrière est très prononcée ;

4° Un quatrième cheval, de belle allure générale, depuis six ans à Kankan, est également trypanosomé ;

5° Un cheval de Kandarakamara né à Ségou il y a cinq ans et demi, est arrivé de Bamako à Kankan depuis cinq mois. Il y a trois mois, le propriétaire a remarqué que les reins étaient sensibles à la pression, s'affaissaient sous le poids de son cavalier. Il notait un commencement d'amaigrissement, puis il a constaté l'appàri-

TRTPÀNOSOMIASES DES ÉQUIDÉS 25

lion ae plaques œdémateuses où les poils étaient soulevés, laissant transsuder, lorsqu'elles s'effaçaient, un peu de sérosité qui agglutinait les poils. Actuellement sur les côtes, sur la croupe et sur les cuisses, mais surtout sous le ventre, existent de véritables petits abcès donnant issue à un pus épais légèrement sanguinolent. Le cheval marche difficilement, rase le sol des pieds de derrière avec flexion du boulet de la jambe postérieure droite. L'animal tient ordinairement cette jambe ou en l'air pendant cinq à six minutes ou allongée raide. Nous n'avons rien vu daïis le sang.

Il y a deux ans dix chevaux seraient morts après avoir présenté les mêmes symptômes de maladie et les indigènes racontent que les mouches, venant se poser sur les plaies de l'animal, transportent ensuite le virus aux autres chevaux. Aussi tiennent-ils leurs bêles le plus loin possible du cheval malade. Ils appellent la maladie : « Massarah ». C'est le terme générique sous lequel ils désignent d'ailleurs les plaies.

A Farana, deux chevaux sur quatre examinés sont trypanosomés. Ils sont depuis deux ans environ dans le cercle et appartiennent à Dougoutigui Mamadou. L'un est malade depuis deux mois. II s'affaisse sur lui-même en marchant. Son poil tombe. L'autre a un léger œdème du ventre. Les Dialonkés de la région appellent « Souma » la maladie dont ils connaissent bien les symptômes. Elle revêt souvent un caractère épidémique et cause une grosse mortalité. Chez les Bovidés, ils la désignent sous le nom « d'Oulana ».

A Kinti, un cheval arrivé de Ditim depuis un an est également parasité (amaigrissement, colonne vertébrale saillante, tète basse, œdème du poitrail, poils tombant, faiblesse du train postérieur).

2<> LES TllVI'AINOSOMIASKS EN (iUINÈR FRANÇAISE

§25. — Elude expérimentale

A Kindia, un lapin du poids de i k. 4^0 reçoit le 7 mai 1 ce. de sang de l'Ane Moriba depuis 4 mois dans la région cl venant du Soudan (nombreux trypanosomes peu mobiles). Il résiste 18 jours, après 9 jours d'incubation, soit 27 jours.

Du 7 au i5 mai 0 tryp.

16 au 18 Rares 9. 4o,5 ; 4i

20 Nombreux 4'

21 Très rares 4°, 2

24, 25 Nombreux 4' ; 4o,5

20, 27 Assez nombreux 4of8

3o, 3i, 1er juin Très nombreux 4o,2 ; 3g, 5

Le lapin meurt le 2 juin (poids 1 k. 44o). Le foie est décoloré et friable. La rate est hypertrophiée.

Un chien « Soussou » est inoculé avec 1 ce. de sang de l'âne Moriba le 6 mai. Il meurt en six mois, après 10 jours d'incubation.

Le 16 mai On voit un trypanosome 9. 3g, 1

18 Assez nombreux 3g, 3

26, 3o, 3i Assez nombreux 38,8; 38,4

Le chien est déjà un peu fatigué, amaigri, moins vif et moins alerte.

1er juin Nombreux trypanosomes

3 et 5 Assez nombreux 4°>3

8 et 9 o 38, 1^

Le chien part en colonne dans la brousse. Après avoir été porté en cage les premiers jours, il marche très bien maintenant.

i3, i5, 17 Nombreux tryp. 4o,a

20 et 21 Le chien, très fatigué ces derniers temps, a repris des forces.

22 Non rares 3g, 7 24 Nombreux 4», 3 28 Non rares 4°

lerjuillet o 39'5

Assez nombreux 3g ; 38,6

Nombreux 3g,4

8 et 9 1 2

TB.YPAN080MTASÏÏS DlîS ÊQUIDÉ8

18 juillet 0 ,y'

IQ Assez nombreux 38,7

22 Le chien, amaigri et fatigué, marche de côté

2/j Nombreux 38,g

2q Assez nombreux 38,3

2, 5 août o 37,9

8 Assez nombreux 38,9

,0 Très nombreux 38, 9

11 Rares 38,2

17 Rares 36,9

18 Assez nombreux 37

23 Peu nombreux ■ 37,4 27 Nombreux 4°>3 29 o 38,3 1, 2 sept. 0 38,2 4 Excess. rares 3g, 3 7 Non rares 4°

1 1 Non rares 3g

i4, 17, 18 0 .Vu filaires

Relativement bien portant, « Soussou » reste assis tristement la tête basse.

Du ier au 11 octobre 0

Nous partons en tournée vers la haute Guinée le i3 octobre. Nous avons dû laisser ce chien à Conakry où il serait mort les premiers jours de novembre.

Avec le sang de ce chien sont inoculés :

i° Un rat qui meurt en 27 jours dont 9 jours d'incubation ;

20 Un Cercopithecus callitrichus qui meurt en 83 jours dont 9 jours d'incubation ;

3° Un mouton qui meurt en i33 jours dont ro jours d'incubation ;

4° Un chat qui meurt en i5i jours dont 9 jours d'incubation,

i° Le rat inoculé le 29 août montre le 7 septembre de nombreux trypanosomes qui disparaissent pendant trois jours, les 8, 9 et 10 septembre. Ils restèrent ensuite constamment nombreux jusqu'au dernier jour où ils devinrent excessivement nombreux. La rate était très hypertrophiée.

2° Le Cercopithecus callitrichus reçoit une injection de i ce. le r 5 juin.

Le a.r> On voit i tryp. h. 37,5

27 Nombreux tryp. 3^,5

28, 3o Non rares 38,4 iot juillet Assez nombreux 3^,3 4 o 36,4

8 Nombreux 38, 1

9 Peu nombreux 37,0 12 Rares 37,1 i5 o 38,2 18, 19 Assez rares 37,3 20, 21, 24, 20 o 30,6

28 Assez rares 37,6

29 Non rares 38, 1 2, 5, 8, 10, 11 août 0 37,8

27 Rares 'iï>A

29, i*« sept., 4 Très rares 37

Il meurt dans la nuit du 6 au 7 septembre sans avoir présenté les jours précédents des phénomènes particuliers. Il a toujours été en bon état et bien portant.

L'autopsie a été faite. Rien à signaler. La rate n'était pas hypertrophiée.

3" Le mouton est inoculé le 5 juin à Fontabourou avec le sang du chien « Soussou » contenant de nombreux trypanosomes. H suit la colonne en marchant.

8, i3 juin Rien vu S. 38,9

i5 Nombreux Iryp. 38,6

i-j Peu nombreux 38,3

22, 23 Nombreux tryp. 4o

28, 3o, 1" juil. o 4o

5 Rares 38,3

q Non rares 4o,a

,2 Très nombreux 38,7

Le mouton est gros et gras. Il a un bel aspect. Le poil est luis: marche bien, résiste à la pression sur la colonne vertébrale.

2I Très rares 39,9

TUYPANOSOMIÀSES DES ÉQÙIDÉS

28 juillet Assez rares

2, 5, 8, io, n, i2, 17 août o

18 Non rares

1", 5, 7, 11, i4, 18 sept. o

2 octobre 0

Parti en tournée le i3 octobre, nous arrivons à Conakry fin janvier. Nous examinons le mouton à-plusieurs reprises du 16 au 20 sans résultat.

Le 28 janvier au matin, on trouve le mouton couché et agité de grands mouvements convulsifs. Il se met sur le dos, agite l'air de ses quatre pattes, et retombe sur le côté en faisant un tour complet sur lui-m'ême. La respiration est haletante. Il fait de vains efforts pouT se relever. On ne voit rien dans le sang.

Le 29 : Couché sur le côté, atteint de dyspnée, l'animal est

pris de tremblements. Les pattes sont allongées et d'une raideur

extraordinaire.

Le matin, pas vu de Trypanosomes.

Le soir, vu un Trypanosome.

Le 3o matin (même état). Vu Trypanosomes très rares. 3o soir. Vu Trypanosomes assez rares.

Le 3i au matin, Trypanosomes très rares.

Il meurt dans la nuit.

A l'autopsie la rate est trouvée hypertrophiée. Il existe des lésions de pleurésie et de péricardite.

4° Le chat est inoculé le 5 juin.

Le i3

Les trypanosomes sont nombreux

Du iâ au 3o

Assez nombreux

Et le 3o

i" juillet

Très rares

Assez nombreux

Non rares

Très rares

Rares

25, 28, ay

LUS THYVANQSOMiASES ÈN GUINÉE FRANÇAISE

2 août Très rares, agilos, assez longs 0. 37,3

10 Peu nombreux 37,2

1 1 Assez rares 38, 1

12 0 37,8 '7 Rares 37>2

27 el i«' sept. Rares 3^6

5 Non rares 30,4

25 (Un seul trapu, peu agile, marche en têtard) 37,2

28 Vu un seul 37l2

Le chat est en très bon état, a bel aspect, mange avec appétit.

3o Vu un seul 37,8

4 oct. Rares 37,2

9 Rares 36,7

i5 Très rares 36,5

25 Assez nombreux

27 Assez nombreux 37

Mort dans la nuit du 28 au 29 octobre.

Autopsie : Rien de particulier. Rate légèrement hypertrophiée.

Le sang d'un cheval de Toubouguebou dans le Badiar (cercle de Kadé) contenant de nombreux trypanosomes assez longs et assez agiles, est injecté à un chien et à un Ccrcopithecus callitrichus.

Le premier succombe en 26 jours dont 9 jours d'incubation. Le second meurt en 6 jours, après 3 jours d'incubation, soit en 9 jours.

TRYPANOSOMIA-SHS DES ÉQlll)i:S

i° Cercopithecus callitrichus.

2yjuin Inoculation

i" juillet Très nombreux parasites 0. 30,5

/, Très nombreux parasites 36,5

Il meurt le 6 juillet. Rate hypertrophiée friable. 2° Chien.

27 juin

Inoculation

l\ juillet

Assez rares trypanosomes

8 et 9

Rares

12 et i5

Assez nombreux

Très nombreux

II meurt dans la nuit du 22 au a3.

A l'autopsie, rate très hypertrophiée. Lésions de pleurésie et de péricardite.

Ane I Kmdiah)

Lapin: 9* 28 (J^ ^ Chien : 10 * i69 - (*79) (6jnoLs)

Cheval ( TouSoufuebou ) Mulet ( Kuvdiah)

LES TRYPAN0S05IIASES KN GUINÉE FRANÇAISE

Un Cercopithecus callitrichus est inoculé le 16 octobre avec le sang d'un cheval de Kindiah âgé de six ans, acheté il y a quinze mois à N'Gabou (Guinée portugaise). Actuellement le cheval est amaigri et faible du train postérieur. Au commencement de l'hivernage, il avait présenté un léger œdème. Les poils, qui tombaient alors., ont repoussé depuis. Les parasites sont assez nombreux dans le sang.

16 octobre Inoculation

23 Non rares

24, 2,5, 27 Assez nombreux

4, 10, i5, 25 novembre Assez nombreux

Du 5 au 27 décembre Non rares ou nombreux

1°', 5, i5, 18 janv. Non rares

23, 27, 3o Assez nombreux

4, 7, i4 fév. Assez nombreux ou rares

16 Rares 17, 18 o

19, 20, 22 Assez nombreux ou rares

18 mars Assez rares

Après avoir résisté cinq mois, il meurt dans la nuit du 19 au 20 mars à l'Institut Pasteur de Paris (Rate hypertrophiée).

Plusieurs animaux ont reçu du sang de ce singe. Le tableau ii0 2 indique les différents passages et le nombre de jours que les rats et les souris ont résisté. Tous ces animaux, après 3, 5, 7, 10 jours d'incubation, ont présenté de nombreux et très nombreux trypanosomes pendant toute la durée de l'infection.

Un rat a eu une période d'incubation de 17 jours. Une souris a été trouvée infectée le lendemain de l'inoculation. Un chien a succombé en i3 jours, un cobaye en 12 jours. Les rats en 33, 32, 19, 18, 12 et 10 jours. Les souris d'abord en des périodes variant de 12 à 48 jours (48, 4o, 29, 28, 24, 20, i4, 12), puis en un laps de temps allant de 5 à 10 jours (10, 8, 7, 6, 5).

La moyenne a été de i3 jours pour les souris, de 20 jours pour les rats.

THYI>AN0S0MIASI5S DES ÊQUIDKS

TABLEAU 2. Cheval (XindJah)

A l'état frais comme à l'état dans l'infection naturelle de l'âne de Kindiah et des chevaux de Kindiah et de Toubouguebou comme ceux étudiés chez les différents animaux de passage présentaient les caractères du T.

dimorphon. Suivis pendant sept mois chez les souris, ils n'ont jamais montre de flagelle libre (fig. 5). Ils mesurent de douze à seize \l. Leur protoplasma prend une coloration bleue in-

coloré, les trypanosomes trouvés

Fit;,-. 5. — Tryp. du cheval de Kindiah. (Passage chez souris)

â4 LES THYPANOSOMIASKS UN GU1NKK FRANÇAISE

tense sans qu'on dislingue peu de granulations protoplasmiques.

Nous avons déjà dil dans le premier chapitre qu'un Trypanosome, et nous incriminions le T. de la Soumaya, trouvé chez le cheval à Kouroussa, à Kollangui et chez un âne du Sahel n'avait infecté ni le rat ni le chien. Le tableau n° 3 résume les inoculations.

Ane Amara Kondi (Sahel)

Chien

Cheval Kouroussa (Séerouet Bamako)

J Chien

Cheval Kollangui (Ségou)

Rat o

Chien o

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