‹ Les trypanosomiases de la Guinée Française [electronic resource]Chapitre 6 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

TRYPANOSOMIASES DES BOVIDÉS

| 1. — Infections naturelles

Au Soudan français, règne périodiquement sur les Bovidés une trypanosomiase qui chez les Bambaras est appelée Soumaya ou Souraa. En 1903, elle paraît avoir commencé sur les bœufs à bosse du Macina qui sont arrivés malades à Ségou. Le Macina régulièrement inondé par le Niger est un foyer permanent de trypanosomiase d'où la maladie se propage dans les pays voisins, à la Guinée, jusqu'à la Côte d'Ivoire, et jusqu'au Dahomey. Son extension est favorisée par l'exportation considérable du bétail du Macina. Les deux races bovines du Soudan, le bœuf à bosse et le bœuf sans bosse, ainsi que les produits de croisement, sont atteints. Pécaud a vu chez les troupeaux de bœufs de la région de Bamako, Koulikoro et Kati, des épizooties de trypanosomiase, très probablement la même affection que celle de Cazalbou à Ségou.

Nous avons dit dans un précédent chapitre que M. le professeur Laveran considérait le T. de la Soumaya comme paraissant appartenir à une espèce nouvelle et que nous pensions avoir rencontré en Guinée le T. cazalboui dans le sang des bœufs de la vallée du Niger.

Dans le Fouta-Djalon, dans la région des Timbis (Telimélé) et de Labé, aux environs de Kadé, et en Basse-Guinée, nous avons vu de gros centres d'élevage. On y trouve de nombreux' troupeaux chez lesquels le T. dimorphon fait de grands ravages. Les animaux sont aussi exportés dans les différents cercles de la Haute- Guinée.

LUS TRfPÀNOSOMLiSES EN GUINÉE FRANÇAISE

En 1897, à Bissikirima, il n'existait pas un bœuf. La brousse épaisse donnait alors asile à de nombreux animaux sauvages aujourd'hui disparus. Des villages ont été créés et actuellement les troupeaux sont assez nombreux. A Siguiri, à Kouroussa, on ne fait de l'élevage que depuis cinq à dix ans. A Kankan, il existe des bœufs depuis longtemps (Samory les échangeait contre des captifs).

11 est impossible de tracer une aire exacte des régions infectées par l'un ou l'autre trypanosomé. Si le T. dimorphon est peutêtre le seul qu'il faut incriminer dans le centre de la colonie et sur le littoral, le T. cazalboui est certainement plus fréquent sur les rives du Niger, mais tous deux doivent exister parallèlement en certaines contrées.

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Fig. in. Aspect d'un bœuf trypanosomé.

Nous allons seulement indiquer les localités où l'infection trypanosomiasique nous a été signalée et où nous avons pu contrôler le dire des indigènes par des renseignements d'Européens ou par l'examen microscopique des bêtes contaminées.

A Goumbah, à Sanda (vallée de la Kollente), beaucoup de bœufs (ainsi que des chevaux, d'ailleurs), meurent pendant l'hivernage avec des symptômes nets de la maladie.

A Telimélé, en février (quatre mois avant notre passage),

TUYPA.NOSOMIASHS DES BOVIDÉS

onze bœufs sont morts, sur vingt-trois, certainement trypanosomés.

A Kadé, nous avons eu l'occasion d'observer en juin igo5 de nombreux troupeaux de bœufs. Quarante bètes ont été examinées sans résultat. Une vieille vache, depuis vingt-cinq ans dans la région, nous a seule montré dans son sang d'assez nombreux parasites. Nous donnons plus loin son observation.

A Nadéli, une vache très vive et en bon état, est trypanosomée. Trois bêtes sont mortes le mois dernier dans le troupeau auquel elle appartient.

AGoumbagni (18 kilom. de Kadé), nous trouvons un parasite chez un bœuf. Celui-ci, né il y a six ans dans la région, est vif, seulement un peu amaigri II n'a pas d'œdème. Son poil est luisant. Plusieurs propriétaires ont perdu de nombreux animaux qui ont présenté des symptômes de trypanosomiase. La maladie appelée Sogolo par les indigènes débute brusquement et est le plus souvent mortelle. Mais il y a cependant quelques guérisons.

Pendant l'année ioo5, la région de Kollangui a été particulièrement éprouvée. De nombreuses épizooties éclatèrent dans les environs.

En février, à Gangara-Kadeya, à cinq kilomètres du poste, les indigènes annoncent une grosse mortalité. Les animaux qui paraissaient jusqu'alors bien portants, tombent brusquement, les uns en quatre ou cinq jours, les autres en deux jours. Ils présentent de l'œdème du fanon et des jambes, un peu d'écume à la bouche. Très faibles, ils marchent difficilement et conservent leur appétit jusqu'au dernier moment. En juillet, nous nous sommes rendu en ce village. Nous n'avons rien vu dans le sang de nombreux bœufs, mais nous avons trouvé l'infection naturelle trypanosomiasique chez un mouton. Il y a de nombreuses tselsés dans la région (Glossina palpalis et morsitans).

En mars, dans la vallée de La Kolé, à Kéléla et àSamboya; en mai à Tambareine, des décès assez nombreux se produisirent dans les troupeaux. Ils furent enrayés par M. le chef de poste Cavard qui fit parquer les animaux sur les hauteurs.

A Kissibi, le chef de village accuse le Sogolo. Toutes les fois

TBTPANOSOMIASES DÉS BOVIDÉS

que la Kioma déborde, dit-il, il y a de la mortalité chez les bœufs des « missidis » voisines situées dans la vallée.

L'Almamy Alfa Amarou prétend que les maladies des bœufs ont revêtu un caractère épidémique et aigu depuis que les chevaux ont été importés eu grand nombre de Kayes et de Bakel (chevaux du Sénégal et chevaux du Soudan).

\ Bouroumba (une trentaine de kilomètres de Kollangui) au moment de notre passage, il y a eu dix décès depuis neuf jours. L'épizootie est attribuée par les indigènes à la morsure d une hyène dont est mort un veau du troupeau. L'examen du sang des animaux du parc où sévit la maladie n'a permis d'y déceler aucun trypanosome. L'aspect extérieur des bêles ne présente nen de particulier.

Une vache nous est amenée, pas très amaigrie, vigoureuse, avec la respiration stertoreuse. Le poil est assez luisant, peu solide. Les naseaux et la bouche laissent couler un mucus épais et filant. La température atteint 42,1 et /n,9- Le train postérieur est faible. Elle est tombée brusquement sur le côté et est morte six heures après.

Une chèvre, un chat et un chien ont été inoculés avec du sang de cette vache sans aucun résultat.

A Dabola, une génisse âgée de trois ans, née aux environs, a présenté de l'œdème des pattes dans le courant de l'hivernage. Elle est amaigrie actuellement et le sang renferme de nombreux Trypanosomes. Une seconde génisse, de vilain aspect, aux poils ternes, raides et cassants, est également trypanosomée.

A Bissikirima, chez un bœuf vigoureux et méchant qui se laisse difficilement approcher, nous trouvons de nombreux parasites. Cet animal a été acheté à Ditin cinq mois avant. Il fait partie d'un troupeau qui vil dans la brousse non loin du Tinkisso et où il y a de nombreuses mouches piquantes.

AToumanéa, deux vaches : l'une, achetée aux environs il y a deux ans cl qui a présenté des vertiges et du tremblement ; l'autre venant de Kollangui, très maigre, très faible du train postérieur au point de tomber, nous donnent des résultats positifs. Une génisse également trypanosomée, boîte, marche, la tète

40 Ll:s TRVPANOSOMIASES EN GUINÉE FRANÇAISE

basse, difficilement, à petits pas., présentant de la raideur des pattes de derrière el de la faiblesse du train postérieur,

ADinguiray, un propriétaire, Aaguibou, prétend n'avoirjamais perdu de bêtes. 11 nous amène une de ses vud.es sur les quinze qu'il possède. Elle est malade depuis quelques mois (commencement de l'hivernage). Elle est moins vive, moins alerte. Elle traîne un peu les pattes. Les poils sont rugueux, non brillants, tombent à l'encolure. Le trypanosome est rare dans le sang.

Ali Bokari a un troupeau de 12 vaches. Deux sont en mauvais état. Une génisse à « tête lourde », à démarche lente, aux poils tombants, laissant des plaques dénudées, très faible du train postérieur, est parasitée par de très nombreux trypanosomes.

A Sanguiana, un bœuf de bel aspect général, très vif, présente de r amaurose de I œil droit. Il vient de ïoumanéa. Il n'aurait jamais été malade. Il est cependant très trypanosomé.

A Kankaya, au moment de notre passage, en novembre, cinq bœufs étaient morts qui avaient présenté des symptômes classiques de trypanosomiase. Les indigènes racontent que les animaux malades marchent lentement et ont « la tête lourde ». Ils finissent presque toujours par mourir, aussi tuent-ils avant la période ultime les animaux, pour pouvoir en manger la viande, qui, prétendent-ils, « n'a aucun goût ».

Dans cette même région, de nombreuses chèvres et des moutons sont morts amaigris et après avoir présenté du tremblement, brusquement ou en cinq ou six jours ; des chiens qui présentaient de la faiblesse du train postérieur ont traîné six mois. Beaucoup de poux sur les moutons et sur les chèvres malades et beau coup de tiques sur les bœufs ont été remarqués par les noirs qui disent que c'est « sur les traces des animaux sauvages que les bœufs attrapent la maladie ». Il y a, en effet, des biches et des bœufs sauvages dans les environs et des tsetsés en grande quantité dans la brousse. Au village même, il y en a moins et quand les vaches sont piquées dans la brousse, ellesrevicniienl.se réfugier dans leur parc où elles sont simplement parquées entre des barrières (tapade).

A lianco, cinq vaches très douteuses, amaigries, aux poils

TRYPANOSOMIASES DES BOVIDÉS il

rugueux, qui restent là immobiles, la tète basse et qui ont la démarche traînante, sont examinées sans résultat. Une sixième de bien meilleur aspect général nous est amenée parce que son propriétaire a remarqué depuis dix jours qu'elle perd la vue. Elle n'aurait jamais été malade. Les trypanosomes ne sont pas rares dans le sang.

A Kouroussa, sur seize bovidés examinés, nous en trouvons, cinq infectés :

i° Une vache née dans le troupeau aux environs il y a cinq ans et qui n'a jamais été malade ;

2° Un petit veau âgé d'un an et fils de la précédente ;

3° Une génisse venant de Timbo, un peu amaigrie, à la tète basse et à la démarche lente. Léger écoulement des yeux ;

4° Une vache venant du Fouta et d'assez bel aspect;

5° Une vache appartenant à Ouassomodou, née à Kouroussa il y a sept ans et qui n'a jamais été malade. Cependant depuis douze mois les poils tombent facilement, laissant des plaques dénudées ou repoussant en formant des marques plus claires, rondes ou ovales, facilement reconnaissables et donnant un aspect particulier à la robe de l'animal. Un cobaye et un rat blanc inoculés avec un centimètre cube du sang de cette vache contenant de nombreux trypanosomes très agiles, n'ont pas été infectés.

Notons que ces différents animaux trypanosomes, examinés à huit jours d'intervalle, n'ont pas laissé voir de parasites dans leur sang la seconde fois.

A Damsa-Koura, il y a cinq ans, une forte épizootie décima les troupeaux. Elle avait tous les caractères d'une Trypanosomiase. Nous examinons six bœufs de ce village sans résultat.

A Diomabana, nous regardons le sang de plusieurs bêtes douteuses. Les indigènes accusent « leSogolo », dont nous reparlerons au chapitre de la trypanosomiase humaine, de faire mourir les bœufs, les chèvres et les moutons.

A Siguiri, comme dans toutes ces régions de Haute-Guinée, sur les rives du Niger, l'élevage n'existe guère que depuis 1900. Les animaux proviennent du Fouta.

Des troupeaux de bœufs à bosse venant de Marina sont éffalfe-

LES THYI'ANOKOMIASKS ETN GUINÉE FRANÇAISE

ment vendus dans les différents centres de Bamako, Siguiri, Kouroussa et Kankan (nus les ans. Beaucoup de ces bôtes sont, douteuses. Nous trouvons des parasites :

1° Chez un bœuf acheté il y a un an à Sari fa ri , dans le Guirnbala, à huit journées du Macina. Depuis cette époque, il est maigre et traîne les pattes de derrière. 11 a de la diarrhée. Sa bosse est molle, retombe sur la colonne vertébrale ;

2° Chez une vache sans diarrhée, mais fatiguée, el dont la bosse est également molle. Les trypanosomcs, clans les deux cas, sont nombreux et très agiles.

A Siguiri également, sur huit vaches du pays, l'une d'elles, venant de Niantacoussa, sur le Baffing, nous présente de nombreux trypanosomes, les uns très agiles traversant le champ du microscope rapidement, les autres restant sur place. L'animal est encore vif. L'aspect général est bon.

A Kankan, en 1904, une grosse mortalité frappa les ânes; les chevaux et les bœufs qui traînaient les pattes de derrière, présentaient de l'amaigrissement, étaient très constipés. Chez une vache née à Kankan, il y a sept ans, et de belle allure, nous apercevons des trypanosomes dans le sang.

A Morikeniéba, entre Kouroussa et Kankan, une vache aux poils tombés, très amaigrie, est aveugle de l'œil droit, et trypanosomée.

A Farana, toutes les vaches qui nous sont amenées (une dizaine), ont les poils rugueux, non luisants, parfois rebroussés, donnant à l'animal un aspect particulier facile à reconnaître. Ils tombent facilement. La tête est basse, lourde. Les bètes sont maigres, fatiguées, présentent parfois de l'écoulement des yeux et du nez. Elles marchent difficilement, ont surtout de la faiblesse des pattes de derrière. L'appétit est conservé jusqu'au dernier moment. Plusieurs ont des parasites dans le sang. Elles sont atteintes de « Oula ou Oulana » disent les indigènes du pays qui ignorent l'étiologie de la maladie. Chaque année, il en meurt beaucoup (vingt Tan dernier, six cette année chez le même propriétaire). Chez les chevaux aussi on constate ,1e. nombreux décès causés par celle maladie. Ils sont moins résistants que les bœufs nui vivant cependant de sept à dix ans, disparaissent en six mois ou ùn an. La maladie ne dure guère davantage. Rarement une

trypjÙosomiàsiss des bovidés

bête malade peut guérir, mais elle peut de nouveau être atteinte et mourir.

A Kaba, règne également L' « Oula » et il y eut une épizpo.tie sérieuse, il y a trois ans, sévissant sur les bœufs, les chèvres, les moutons et les chiens. Or, « Oula » signifie « brousse » et à ce moment la brousse était plus épaisse, moins pénétrable et s'étendait sur de grandes régions où ily avaitmoins de villages que maintenant. Les animaux sauvages, racontent les noirs, étaient aussi plus nombreux, les mouches piquantes en plus grande quantité. Les bœufs, piqués par les taons et les tsetsés s'enfuyaient affolés dans la brousse, dans les sentiers tracés par les animaux sauvages et attrapaient la maladie du « Oula » (Œdème des pattes et du ventre. Amaigrissement. Chute des poils).

§ S. — Etutle expérimentale

La vache examinée àKadé et trypanosomée vient de Kirimané Bokari Demba, à 8 kilomètres de là. Elle est âgée de 25 ans (?) environ et est née dans le troupeau qui appartenait au père du propriétaire actuel. Celui-ci n"a rien remarqué pendant quinze ans. L'animal n'a jamais été malade. Depuis quatre mois seulement il a maigri et il a un peu de diarrhée. Il est peu vif, et peu vigoureux. Il a perdu la vue du côté droit. Les poils sont rugueux, non luisants et peu solides. Le sang de cette vache contient de nombreux trypanosomes peu mobiles, ayant les caractères du dimorphon. Elle a été mère de six veaux ou génisses. Le dernier né, âgé de sept mois, n'a rien laissé voir dans son sang.

Plusieurs animaux ont été inoculés avec le sang de cette vache trypanosomée.

i° Une chèvre reçoit une injection de i ce. le 24 juin roo5.

28 et, 3o juin o tryp. 0. 40,7

1er, 4, 5, 8 juillet o 39

0 Nombreux tryp. 3o 12 Rnres 38,8

,,r> Assez nombreux 3g,6

LES TllYPANOSOMIASKS EN GUINÉE FRANÇAISE

Le 16, la chèvre qui jusque-là s'était montrée vigoureuse et bien portante, tombe l'après-midi pendant la marche. On doit la porter. L'appétit est conservé. Arrivée le soir à l'étape, elle reste étendue sur le côté les jambes allongées. La respiration est haletante. Elle est prise de tremblements et de soubresauts, fait des efforts inutiles pour se relever et meurt avec une température de 36,i. A l'autopsie rien de particulier, ni au cœur ni aux poumons. Le foie et la rate sont normaux.

2° Une génisse reçoit le il\ juin i ce. du sang de la vache Kadé.

3ojuia o ier et 4 juillet o

8 Tryp. assez nombreux

9 et 12 Très nombreux i5 Assez nombreux 18 et 19 Nombreux 20 et 21 o

Le 21, la génisse qui jusque-là avait marché courageusement, suit difficilement la colonne. Elle s'amaigrit. La colonne vertébrale est saillante.

25 Nombreux tryp.

Le poil est rugueux, hérissé. L'animal fléchit légèrement à la pression sur la région lombaire.

28 Assez rares

29 Non rares 2 août . o 5,8 0 10, 1 1 , 1 2 0

Le i4, la génisse marche difficilement. La veille elle est arrivée fatiguée à

l'étape.

Le 16, elle chancelle sur elle-même, tombe et se couche, puis elle se relève pour retomber sur le côté. Elle meurt dans la nuit du 16 au 17. La rate est augmentée de volume.

3° Un jeune chien « Kadédidi » est inoculé le 24 juin avec 1 ce. de sang de la vache Kadé.

i«r} 4 juillet 0

8 1 tryp-

lîxccss. rares

TUYPANOSOMIA.SKS DES BOVIDES

18 Très rares

!Ç) Non rares

2 août 1 tryp.-

10 Très rares

17, 18 Très rares

27, 29 Rares 1" sept. 0

Le jeune chien a vilain aspect. Il est amaigri. Les poils tombent, laissant des plaques dénudées.

Depuis une dizaine de jours, l'animal a un aspect repoussant. Il est pelé. La colonne vertébrale est saillante ainsi que les côtes. Il a le dos rond. La vue du côlé droit est perdue. Après avoir présenté de la paralysie du train postérieur, il marche aujourd'hui de travers, titube, puis tombe sur le côté et se relève pour tomber plus loin.

27 sept. Tryp. très rares

28, 29, 3o Très rares

II meurl le ier octobre. (Rate hypertrophiée).

Un chien adulte injecté également le 24 n'a présenté aucun parasite les vingt-trois premiers jours. 11 s'est noyé au passage d'un marigot.

Un rat blanc reçoit le 29 août une injection de r ce. de sang du chien « Kadédidi ».

ior, 2, 3 sept. o

sept. Tryp. très rares

'8 Très rares

22, 23, 24 Assez nombreux

25 sept. Nombreux

26, 27 Très nombreux

28, 29 Excess. nombreux

Il meurt le 29. Rien de particulier à l'autopsie, sauf l'hypertrophie de la rate.

LES TfiYfiANOSOMlASES EN GUINÉE FRANÇAISE

Un Cercopîthecus callitrichus inoculé le 9 juillet avec 1 ce. de sang de la chèvre précédente, montre le 18, le 19 et le 21 d'assez rares trypanosomes. Il meurt le 22 en hypothermie (G 35) après avoir présenté du tremblement et des secousses spasmodiques fies membres antérieurs et postérieurs. La rate est augmentée de volume.

Une brebis est inoculée avec du sang de la génisse précédente le 28 juillet.

28 et 29 juil. 0 2, 5, 8 août o 1 1 , 17, 22 o

22 Rares tryp.

23 Très rares 27 0

29 Non rares tryp.

Du ier septembre au 11 octobre, la brebis, examinée assez régulièrement, n'a rien montré dans son sang. Nous avons dû la laisser à Conakry au moment de notre départ vers le Niger. A notre retour, en janvier, elle était en bon état et paraissait guérie.

Avec son sang nous avons injecté :

i° Le 3o août, un rat qui, après neuf jours d'incubation, s'est infecté et a montré toujours des trypanosomes très nombreux. Il est mort en vingt jours. Sa rate était augmentée de volume ;

20 Le 19 septembre, un rat qui a eu une période d'incubation de sept jours. Le septième, les parasites sont très rares ; le huitième, on ne les voit pas. Les jours suivants, ils sont nombreux, puis très nombreux, et le rat meurt quinze jours après l'infection, soit en vingt-deux jours. La rate est augmentée de volume.

Avec le sang contenant de nombreux parasites du rat infecté de Kadédidi nous inoculons avec 1 ce. :

i° Un Cynocéphale qui s'est montré réfractaire ;

2° Un chat dont l'incubation a duré dix-huit jours. Un seul jour il a montré des trypanosomes non rares. Il est mort le lendemain en hypothermie. Cet animal, il est vrai, était déjà faible et fatigué depuis assez longtemps ;

THYl'AiSOSoMIASKS DES BOVIDÉS

3° Un jeune chien en observation depuis plusieurs jours, non parasité, en très bon état. Il a présenté une incubation de onze jours et a résisté ensuite dix-huit jours, soit vingt-neuf jours après l'inoculation.

28 sept. Injection

i«, 5, 7, 8 oct. o

9 Tryp. non rares

15 Assez nombreux

16 o 19 Rares 23, 24, 25 o

Le chien s'amaigrit progressivement depuis quelques jours. Les poils tombent. L'œil droit est atteint d'amaurose.

L'animal marche de travers, tombe sur le côté gauche dix à douze fois de suite, parfois la tète la première. Il a complètement perdu l'équilibre. 26 o

Le 27 il meurt en hypothermie (35°).

Nous avons vu dans le sang des trypanosomes non rares et des filaires.

Un cobaye est inoculé le 27 avec 1 ce. de sang de ce chien immédiatement après la mort.

6, 8 nov. o

i4j j5 Peu nombreux

16, 17, 18, 19 Très nombreux

20, 22, 26, 29 Très nombreux

4, 10, i3 déc. Excess. nombreux

19, 22, 23 Excess. nombreux

Il meurt en cinquante-sept jours, dans la nuit du 23 au 24. Le foie et surtout la rate sont très friables, très hypertrophiés.

Un rat palmiste injecté le 4 décembre avec 1 ce. du sang de ce cobaye montre le i3 décembre un trypanosome et jusqu'au 20, date de sa mort, quelques parasites assez rares.

Voici le résumé des passages, chez nos différents animaux, du trypanosome rencontré dans le sang de la vache de Kadé :

LES TllYPANOSOMIASKS KnTgUINÉE FRANÇAISE

TABLEAU 4. yachr (Kadi)

Chien ;U * 83 = Ql^ Chèvre: 1S * B=(^ Génisse :U + 4o = (te)

: 9*7 jQ)

fiai

Les trypanosomes, rencontrés dans le sang- des divers animaux en expérience, étaient tantôt trapus, courts et épais, peu mobiles, parfois même difficiles à voir, car ils remuaient sur place sous un globule qui était à peine déplacé, tantôt assez longs et agiles. Ils n'avaient pas de long flagelle libre.

Chez les animaux infectés naturellement, les parasites présentaient ordinairement le même aspect, les uns traversant le champ du microscope, les autres remuant à peine. Parfois on ne rencontrait qu'une seule sorte de trypanosomes et, le plus souvent, la forme mobile. Le Flagellé, parfois, entraînait à sa remorque deux ou trois globules sanguins et s'agitait comme s'il eût voulu s'en débarrasser.

C'est dans le sang des Bovidés de la région de Siguiri et de Bissikirima que nous avons trouvé les parasites de la figure 4 (voir p. io). Nous avons déjà dit qu'ils pouvaient se rapprocher du T. cazalboui. L'inoculation au cobaye, au rat et au chien n'a pas été suivie de succès.

Notons qu'une seule fois, à Kankaya, nous avons observé un Trypanosome géant, très long, à membrane ondulante très active et qui cependant se déplaçait très lentement, glissant entre les globules sans les déplacer, à la manière d'un spirille. Le flagelle était très développé. Nous n'avons vu qu'un seul trypanosome dans plusieurs préparations. Le sang de la vache trypanosomée a été injecté sans résultat à un lapin, à un cobaye et à un rat. Une ponction de la colonne vertébrale et une cenlrifugation du

THYPANOSOMIA.SKS DES BOVIDÉS

liquide céphalo-rachidien ne nous ont pas permis de découvrir d'autres parasites.

La hête trypanosomé'e, achetée il y a quatre ans à des Foulahs de passage s'est bien portée j usqu'au commencement de l'hivernage dernier. Depuis quatre mois elle est excessivement maigre, les os sont saillants. Les poils tombent et la queue est complètement dénudée. Elle a mis bas il y a deux mois un veau mort né.

Trypanosomiases des Bovidés de Haute-Guinée

Bœuf à bosse du Macina Vache Ouassomodou de Kouroussa

(Sig-uiri) (Kouroussa)

Chien ■ i

Vache Kankaya (Tryp. géanl)

Cobaye Ral o o

Lapin Cobaye Ral

oo o

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