SÉANCE DU 28 JANVIER
de ce faisceau ligneux, se rapprochent peu à peu et se fusionnent en un seul. — Ajoutons que la réduction des éléments vasculaires ligneux est parfois poussée si loin qu’on trouve des stèles ne possédant plus qu’un unique vaisseau du bois.
Les stèles qui parcourent le tubercule ne demeurent pas
distinctes tout le long de leur trajet, ce qui aurait nécessairement
lieu s’il s’agissait de la concrescence de plusieurs racines soudées par leurs écorces. Bien au contraire, elles se bifurquent, s’anastomosent et finalement se fusionnent dans la partie inférieure du tubercule.
Le mode de formation des tubercules palmés ne dilîère de
celui des tubercules ovoïde
bou
restant formé par une éminence conique qui porte les jeunes feuilles, ne s'invagine pas pour constituer le curieux pédicule creux précédemment décrit. Le pédicule des tubercules palmés reste donc extrêmement court, simplement formé par le premier
entre-nœud du bourgeon : cependant, il possède toujours
la
Quant
structure ne diffère de celle des tubercules ovoïdes que parce que les stèles, relativement moins nombreuses, peuvent renfermer chacune jusqu’à 5 ou l> faisceaux de chaque sorte. Dans la partie renflée du tubercule, les stèles se bifurquent assez fréquemment et nous avons pu constater que parfois les deux stèles résultant d'une bifurcation .se rendent ensuite dans deux digitations differentes. Ce fait démontre que les tubercules palmés malgré leur
aspect extérieur , sont f>
[ >ans les
digitations, les stèles se fusionnent de telle sorte que la partie inférieure de chaque digitation ne renferme qu'une stèle. Cette fusion s’effectue avec réduction du nombre des faisceaux : deux faisceaux ligneux appartenant chacun à une stèle différente, se confondent; d’autre part, deux des faisceaux-libériens qui leur étaient adjacents dans ces stèles, se confondent également. Il 6n résulte que le nombre des faisceaux de chaque sorte de la
nouvelle stèle égale la somme moins
un
de
nombres des
faisceaux de la même sorte dans les deux anciennes stèles.
! " tubercules du l’iatanthera bifolia offrent plusieurs cularités. Ils sont entiers, allongés, renflés seulement à la partie supérieure. Leurs stèles renferment généralement un assez
I». .NOBÉCOURr.
grand nombre de faisceaux, les stèles binaires ou ternaires y sont relativement rares. Enfin, leur prolongement inférieur
aminci est parfois bifurqué, ce qui semble indiquer une tendance vers la «forme palmée. r y *
W hite avant observé que, dans le tubercule de très jeunes
individus d ’Habenaria hyperborea 11. Br., les stèles multiples
proviennent de la division d’une seule stèle, Stojanow a cru
retrouver ce cas dans le tubercule du P. bifolio., dans la partie
supérieure duquel il décrit une stèle qu il considère comme un
vestige de la stèle unique primitive, donnant par sa fragmentation
les multiples stèles existant plus bas. Mais cette stèle n’est,
d après nos observations, que la stèle caulinaire décrite ci-dessus,
qui, continuant, le système vasculaire du pédicule et se dirigeant vers la tige aérienne issue du tubercule, existe dans la partie supérieure des tubercules de toutes les espèces.
Il est cependant vraisemblable que les tubercules polystéliques dérivent d’organes monostéliques. En effet, le premier tubercule produit après la germination par les jeunes Ophrydées indigènes n est qu une racine mouostélique légèrement reullée. Moreau 1 a signalé des Ophrvdées sud-africaines à tubercules monosté-
uques; nous-même avons observé le même cas dans une espèce
récemment reçue de Chine.
Formation des tissus.
Les tissus «les tubercules «les
Iphrydées proviennent du fonctionnement d'un point végétatif,
composé de trois assises d initiales engendrant respectivement.
Heure, la coiffe, la médiane, un mince périblèine et la plus interne, un plérome très épais. Ce plérome, séparé du périblème p‘ir une assise de cellules très nettement distinctes des autres, onne par sa différenciation ultérieure, la niasse parenehyma- * Uî >e amylifère et mucilagineusc centrale, ainsi «jue les stèles ffui \ sont plongées. Le périblème forme seulement les quelques
|j$de cellules non amylifères de la périphérie. 1 >onc, les stèles, & endodermes qui les entourent, et le parenchyme environnant, V tiennent du fonctionnement du même yronpe d initiâtes.
u autre fuit important, c’est qu au début de la formation «l un u >ercub.. f qu j| destiné à «levenir ovoide ou palme, on ne
Ai ' * ®u t More ai/, Étude unaloni. des Orchidées a p seudo-hulhes <fes l‘0J*
««<» t Rey.gfc». (te flot., ma .
>KA.\£fc OL 28 JANVIER 1921.
peut distinguer qu un seul point végétatif , mais, tandis que chez IftSr tubercules entiers, ce point végétatif demeure unique, chez fës tubercules palmes, i! se divise ultérieurement, ce qui cause la formation des digitations *. be fait vient confirmer l'hypothèse de Schacht et de Prillieux que les tubercules palmés des Ophrydées ."«mt comparables aux racines lobées des Cycas, qui, comme on le sait aujourd hui, se forment par dichotomie ou trichotomie du méristeme apical sous I inlluence d'algues symbiotiques. On peut suggérer 1 idée que les champignons endophytes 2 ne sont peut-être pas etrangers a la partition des tubercules.
Quoi qu il en soit, î unité du point végétatif, et l’existence des bifurcations et anastomoses des stèles, démontrent à 1 évidence
que
fo
seule racine adventice pofystéltque, naissant, comme nous l'avons montré , sur un rameau généralement schizostélique.
Contribution à
étude de la végétation
et de la flore de \’üe de Sky
1 AR Al. LE I) r René MAIRE.