IMMOBILISATION ET GAUTÉMS ATION
2° Résultats éloignés. — Très généralement, la cicatrisation, une fois bien opérée, est solide, et les résultats locaux se maintiennent. Les récidives vraies sont rares. Gela tient probablement dans une large part au soin que l’on apporte à la poursuite des fongosités dans des plaies maintenues longtemps béantes.
Il y a lieu de remarquer que, chez ceux-là même de nos malades qui succombent postérieurement à la tuberculose, l’affection du pied récidive rarement. M. Ollier a montré, à propos des résections, que là était le vrai critérium de l’authenticité des guérisons .
Mais la notion, de beaucoup la plus importante, qu’il faut demander à nos observations, c’est celle de la survie des malades, celle de la guérison de la tuberculose.
On trouvera dans le tableau qui précède le résumé de 24 observations, qui, sauf celles arrêtées par la mort, ont un maximum de 22 ans, un minimum de 18 mois d’ancienneté.
Il faudra bien se garder de prendre au pied de la lettre les résultats fournis par ce tableau; nous l’avons dit : notre statistique est bien loin, d’être intégrale et ne peut donner aucune idée du nombre total des cas traités de la sorte. Cependant ils peuvent fournir quelques notions réellement utiles en ce qu’ils résument l’état des malades qui ont été suivis régulièrement, ou mieux, de ceux que nous avons pu retrouver.
Sur les 24 malades indiqués ci-dessus :
7 sont morts tuberculeux, dans un laps de temps écoulé depuis le début du traitement, variant de quatre ou cinq mois à trois ans. Une seule malade (n° 3) était guérie de sa lésion du pied.
LE TRAITEMENT
1 malade conserve une fistule quatre ans après un évidement du calcanéum.
2 ont une récidive.
3 sont atteints de manifestations tuberculeuses secondaires à distance (péritoine, organes génito-urinaires), le pied restant guéri.
Restent 1 1 malades qu’on peut considérer à l’heure présente comme guéris, non pas seulement de leur tumeur blanche, mais encore de leur tuberculose ; leur état général étant bon, leurs poumons saufs, et cela chez des malades suivis depuis dix-huit mois au moins et dixsept ans au plus.
Cette proportion de succès définitifs paraîtra encore assez élevée à qui connaît la gravité de la tuberculose du pied, étant donné que nos malades quoique jeunes, sont adultes, et que leur guérison semble avoir été obtenue à peu de frais. Mais on remarquera d’abord que beaucoup des malades recherchés (14 environ) n’ont pu être retrouvés malgré tous nos efforts et qu’on doit se demander si la plus grande partie de ces disparitions n’est pas due à la mort des sujets. D'autre part, les cas traités étaient le plus souvent (2 ou 3 exceptés) de gravité légère ou moyenne.
Notre statistique a ce défaut considérable de ne pas comprendre un nombre d’enfants satisfaisant. Dans sa thèse, Dutrait avait cité 5 observations d’enfants ainsi soignés, dont la guérison s’était maintenue plusieurs années plus tard. Les renseignements oraux qui nous ont été fournis par M. Ollier nous ont appris qu’il avait eu dans sa clientèle nombre de très jeunes sujets traités par
IMMOBILISATION ET CAUTERISATION
la cautérisation large, dont la guérison locale est restée définitive.
Quoi qu’il en soit, on peut considérer comme bien établi ce fait que les traitements économiques sagement employés sont capables de donner, au point de vue de la survie de l’individu et au point de vue d’une guérison locale persistante, une proportion de succès définitifs élevée.
La question serait de savoir si, oui ou non, ils sont préférables, par exemple, aux résections. Nous pensons qu’il n’en est rien; car la proportion des succès obtenus par ces dernières, en des circonstances infiniment plus graves, est au moins égale à celle qui précède. C’est pourquoi si l’on voulait, même chez l’enfant, accaparer toutes les indications au profit des opérations économiques, on ferait certainement fausse route1.
En résumé : L’arthrotomie ignée, etc., guérissent souvent et bien les tuberculoses du pied dans des circonstances données; rien ne nous permet de croire qu’elles font mieux, ni même peut-être aussi bien qu’une autre méthode, encore inessayée dans les cas comparables. Seulement il paraît inutile de faire aux dépens des malades les frais d’une nouvelle expérience.
1 Cabot a obtenu huit succès sur huit enfants auxquels il a réséqué l’astragale ( Boston med. journ., 1881), à la vérité, c'est trop beau. Gritti (de Milan) recommande également l’ablation précoce de l’astragale chez les jeunes sujets. Il est très satisfait des résultats, mais se plaint d’avoir eu quelques récidives tardives ( Centralbl . fur Chir., 1888).
DES RESECTIONS
Si nous n’avons pas voulu ranger les résections parmi les opérations économiques, c’est simplement pour être à même d’apporter dans ce travail un ordre facile à suivre ; mais il est clair qu’en réalité elles ne sont rien autre chose que la plus haute expression des précédentes, interventions. D'ailleurs il faut bien reconnaître qu’elles constituent véritablement une classe d’opérations distinctes, autonomes, dont l’importance suffit largement à légitimer l’individualisation.
Les mots de « résection » et « ablation » devront souvent être considérés comme équivalents. Nous étudierons séparément chacune des résections portant sur un ou plusieurs os, sur une ou plusieurs articulations, et constituant une intervention définie1.
Une fois pour toutes nous rappelons qu’à la clinique l’expression de « résection2 » est synonyme de « résection
1 Nous avons dit que nous restreignons aux limites les plus étroites notre bibliographie. Nous avons cependant tenu à indiquer en temps et iieu les grandes lignes historiques et les noms les plus illustres qui y restent attachés.
Le lecteur ^qui tiendrait à des renseignements bien détaillés, à des indications explicites, les trouvera dans l'excellent article de Paulet et Chauvel ( Dictionnaire de Dechambre) ou dans les grands mémoires par nous consultés et dont nous donnerons, chemin faisant, l’exacte indication. Au reste, cette partie de notre travail se retrouvera pour une large part dans le Traité des résections de M. Ollier (tome III). Les ouvrages anciens (Jàger, Heyfelder, etc., etc.) sont insuffisants.
2 La résection est une opération qui consiste à sectionner un os vivant et à en retrancher une portion notable (assez grande pour que son absence change la forme extérieure et les rapports de l’os) en conservant toutes les parties molles et dures situées au delà. Ollier; Traité des résections , p. 1 22.
RÉSECTIONS TIBIO-TARSIENNES
sous-périostée »; celle-ci étant toujours telle, bien entendu, dans les limites du possible.
Nous étudierons successivement :