‹ Les tuberculoses du piedChapitre 44 sur 46 · M CO · texte numérisé non relu

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DES AMPUTATIONS

Résultats éloignés. — Il reste donc 17 malades ayant dépassé la première année ; parmi eux, un seul a succombé au bout de douze années ; 1 s’est présenté dix ans plus tard avec une tumeur blanche d’une autre articulation et des fistules conduisant sur le tibia amputé; un autre est en puissance de tuberculose évoluant1.

Nous ne nous arrêterons pas sur les résultats locaux ; les moignons n’ont rien présenté d'intéressant, nous dirons seulement que ceux qu’a fournis la désarticulation du pied sont restés tous irréprochables, il n’en est pas de même des autres ; chez un malade amputé il y a dix-huit ans, le moignon est rouge, douloureux, peu utile. Un autre, au contraire, opéré il y a vingt-huit ans, est très satisfait des services que n’a pas cessé de lui rendre le sien.

Relativement à la survie définitive, on sera frappé par ce fait qu’un seul de nos amputés suivis plus d’un an a succombé; mais malheureusement cela ne représente pas du tout la réalité : nous ne connaissons le sort que des opérés qui ont survécu, parce que tous n’ont pas été suivis exactement comme nos réséqués : la preuve manifeste réside encore en ce fait que, parmi les désarticulations sous-périostées qu’on a tenues en observation avec soin, 3 sur 8 ont succombé à la tuberculose pulmonaire au bout de quelques mois. On commettrait donc une erreur grave en concluant de nos observations qu’elles accordent à l’amputation un pouvoir curateur définitif plus efficace qu’aux résections pratiquées d’après les indications que

1 La seule désarticulation sous-périostée du pied a été pratiquée 18 fois pour tuberculose par M. le professeur Ollier : aux 8 observations citées, nous pouvons ajouter celle d’un opéré de la période préantiseptique qui succomba à la pourriture d’hôpital.

DES AMPUTATIONS

nous avons posées. Si l’on amputait tout à fait au début pour toutes les localisations tuberculeuses effectuées sur le pied, peut-être obtiendrait- on réellement une survie moyenne un peu plus prolongée ; mais aucun chirurgien ne consentira jamais à considérer le diagnostic de tumeur blanche comme synonyme d’amputation. D’autre part, pour peu que la maladie remonte à quelque temps, ce serait une erreur de s’imaginer que l’opération radicale écartera toutes les chances d’infection, l’extrême fréquence des adénites suffit à démontrer l’inanité d’une prétention d’ailleurs démentie par la pratique.

Cependant nos faits nous fournissent un résultat d’un très haut intérêt : ils nous montrent qu’il ne faut jamais désespérer, et que dans les cas les plus graves, chez les sujets les plus profondément atteints, l’amputation peut donner des guérisons définitives, en améliorant les lésions pulmonaires, et en restaurant l’état général. C’est une notion moins banale que quelques personnes seront tentées de le croire, car elle ne prouve rien de moins que la curabilité des tuberculoses les plus graves.

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