PÉRONÉ
27. Brid..., soixante-deux ans (lésions de huit mois et demi). Amputation. Infiltration tuberculeuse, occupant l’extrémité de la malléole externe ; quelques fongosités dans la tibio-tarsienne et les gaines.
28. Pierre Fr..., vingt-cinq ans (lésions de cinq ans). Amputation. Astragale fongueux, friable; dans l’épaisseur de la malléole externe, on trouve un séquestre dur, entouré de matière caséeuse. Fongosités tibio-tarsiennes. Altérations considérables des cartilages de la mortaise.
29. Bard..., douze ans (lésions de quatre ans). Ablaticn de l’astragale. Fongosités tibio-tarsiennes envahissant les couches supérieures de l’astragale. Dans l’épiphyse tibiale et sur la face articulaire de la malléole externe : foyers caséeux.
30. Marie Th.. , vingt-deux ans (lésions de six mois). Résection de la malléole externe. Infiltration tuberculeuse de l’extrémité de la malléole externe. Articulation tibio-tarsienne, portion supérieure de l’astragale envahie par les fongosités, ainsi que l’articulation astragalo- calcanéenne.
Ainsi qu’on a pu le voir, les désordres offrent des types et une étendue très variables, qu’elles soient primitives ou secondaires; du reste, ces dernières acquièrent vite une importance telle, qu’elles se mettent au premier plan.
La lésion tuberculeuse initiale .peut se présenter sous la forme d’une véritable infiltration caséeuse entée sur de l’ostéite raréfiante, étendue en nappe dans l’épiphyse tibiale dont elle isole les cartilages, ou occupant l’extrémité aiguë des malléoles. Quelquefois les fongosités s’agminent, en un foyer entièrement intra- osseux, et pénètrent dans l’articulation par un fin pertuis qui livre passage au
pus ou à des prolongements du néoplasme tuberculeux. Les séquestres ont les caractères classiques ; on les rencontre un peu partout, mais surtout dans l’épaisseur des malléoles. Quelquefois, parties de la région juxta-épiphysaire de la diaphyse, les lésions peuvent prendre sur cette dernière un développement considérable. Au reste, rien de constant, rien de typique, ni dans le siège, ni dans la forme.
Les désordres consécutifs aux lésions initiales, même exiguës, sont presque toujours très étendus. A une époque généralement très rapprochée du début, l’articulation tibio -tarsienne est envahie par les fongosités qui poussent des prolongements dans les gaines tendineuses, en arrière surtout, autour du tendon d’Achille. L’astragale, quelquefois encore intact, peut être entamé, presque détruit dans sa forme et sa consistance par l'érosion périphérique et progressive de la poulie. Les fongosités se glissent jusque dans les articulations sous-astragaliennes, et de là elles pénètrent dans les couches supérieures du calcanéum. Elles n’atteignent guère l'interligne de Ghopart, pas plus que les os de la rangée tarsienne antérieure.
Elle reste limitée au tarse postérieur, qui peut ainsi être pris en tout ou en partie.