II. Astragale
31. Ray..., trente ans (lésions datant de deux ans). Ablation de l'astragale. Séquestre central occupant la partie supérieure de cet os.
32. Hélène Et..., trente-cinq ans (lésions de trois mois). Ablation l’astragale. Caverne caséo-fongueuse occupant le centre de
TUBERCULOSES D’ORIGINE OSTEALE
Fastragale et communiquant avec l’articulation astragalo-calcanéenneparun trajet étroit. Cette dernière articulation est envahie.
33. Vann..., vingt-cinq ans (lésions d’un an). Ablation de l’astragale. Un foyer sur la face interne du col de l’astragale ; deux autres secondaires sur la face interne du calcanéum et de la malléole interne.
34. Mich..., vingt-six ans (lésions de quatorze ans). Ablation de l’astragale, du cuboïde, du scaphoïde, d’une partie du calcanéum. Lésions diffuses parties d’un vaste séquestre astragalien fongueux et grisâtre. Scaphoïde et cuboïde graisseux.
35. Carron..., 14 ans (lésions de six mois). Ablation de l’astragale. Deux superbes tubercules situés en plein tissu osseux, dans l’épaisseur du col, un peu en arrière de la tête et constitués par deux petites cavités limitées remplies de matière caséeuse et de fongosités.
36. Ail..., vingt-deux ans (début il y a sept ans). Ablation de l’astragale et du calcanéum. La tête de l’astragale est transformée en un gros séquestre. La partie antéro-supérieure de la grande apophyse du calcanéum est semblablement atteinte. Fongosités astragalo-calcanéennes.
37. Barthélemy Mal..., quinze ans (lésions de dix-huit mois). Arthrotomie sous-astragalienne. Gros séquestre fongueux de la portion antéro-inférieure de l’astragale. Lésions secondaires de la partie antérieure du calcanéum. Fongosités dans les sous-astragaliennes.
38. François Bul..., quarante- deux ans (lésions de six ou sept ans), résection de la totalité du tarse, sauf la partie postérieure du calcanéum. Astragale intact dans sa partie postérieure ; sa tête et son col sont infiltrés de pus et de fongosités. Lésion semblable de la grande apophyse du calcanéum. Scaphoïde détruit, cuboïde graisseux. L’interligne tibio-tarsien et celui de Lisfranc sont respectés.
39. Marie Gr..., vingt-huit ans (lésions de douze ans). Ablation de l’astragale. Astragale infiltré de fongosités. Mêmes lésions caséo-fonguetises des couches supérieures du calcanéum.
40. Bess.,., quarante ans (lésions de trente ans)* Amputation.
Fongosités tibio-tarsiennes, etc., parties de l’astragale où l’on retrouve un séquestre dont l’origine centrale est un peu douteuse, en raison de l’ancienneté très grande de la maladie.
41. Boiv..., vingt-trois ans (lésions d’un an). Ablation de l’astragale et du calcanéum. Astragale fongueux et carié en masse. Mêmes lésions occcupant les couches supérieures du calcanéum.
42. Clotilde Mich..., onze ans (lésions de dix-huit mois). Décapitation de l’astragale. Foyer caséeux superficiel dans la partie antéro-supérieure de la tête de l’astragale. Fongosités dans l’articulation astragalo-scaphoïdienne.
43. Logn..., quarante ans (lésions de trois mois). Ablation de l’astragale. Infiltration totale et récente de l’astragale. Pus et fongosités dans l’articulation ti bio-tarsienne.
44. Louis P..., six ans. Ablation de l’astragale. Infiltration fongueuse; séquestres multiples occupant toute la partie moyenne et supérieure de l’astragale.
45 Pons. ., quatre ans. Ablation de l’astragale. Infiltration et séquestres tuberculeux au centre de l’astragale.
46. Perrod..., seize ans. Ablation de l’astragale; évidement tibio péronier. Foyer central d’infiltration fongueuse étendue de l’astragale, avec novaux caséeux. Lésions secondaires dans les malléoles.
47. Claudine Ro..., vingt-sept ans. Ablation de l’astragale. Tubercule caséo-fongueux avec séquestres de la partie centrale de l’astragale, ouvert dans le sinus du tarse.
48. Etchv..., douze ans. Ablation de l’astragale. Séquestre occupant la poulie astragalienne.
Les lésions tuberculeuses, primitivement développées dans Tastragale, paraissent offrir quelques particularités intéressantes. Nous reviendrons tout à l’heure sur leur rareté relative ; elles sont moins fréquentes, en effet, que ne le pensent quelques chirurgiens. Mais, qu’elles offrent l'apparence de foyers centraux cavitaires, d’infil-
TUBERCULOSES D’ORIGINE OSTÉALE
tration gélatiniforme ou fongueuse, diffuse ou limitée, de carie, etc., elles gardent, pour le segment antérieur de l’os, une prédilection manifeste.
11 est à remarquer que, dans un bon nombre de cas, des lésions étendues de la grande apophyse calcanéenne accompagnent celles de la tête et du col de l’astragale ; ce n’est pas toujours, tant s’en faut, vers l’articulation tibio— tarsienne ou astragalo-scaphoïdienne que s’opère la poussée des fongosités y c’est bien plutôt dans le sinus du tarse, autour du ligament inter-astragalo-calcanéen.
Voilà un caractère qui tend assez nettement à catégoriser l’ensemble de plusieurs de ces lésions et à les différencier des tuberculoses tibio- tarsiennes primitives; peutêtre la coïncidence des lésions du calcanéum antérieur indique-t-elle, à ce niveau de la voûte tarsienne, un locus minoris resisianliæ .
Au surplus, chez plus d’un malade atteint de tuberculose évidemment partie du calcanéum, nous allons retrouver cette association ; il y aura lieu de chercher à déterminer la cause étiologique qui pourrait y présider.
En clinique, il serait injuste et dangereux de faire un fond quelconque sur l’étude rigoureuse des tuberculoses primitives de l’astragale. Que les fongosités entament cet os par sa périphérie, venues des synoviales, de la tibio— tarsienne, du calcanéum, ou qu’elles évoluent centrales, autochtones; en pratique, il importe peu. Dans tous les cas, l'astragale est également atteint et infecté, et les indications thérapeutiques restent identiques.
Quelquefois même, on ne pourra assigner, pièces en main, qu’un point de départ peu précis à la maladie, celle-ci remontant encore à une date relativement récente,