CHAPITRE PREMIER
Historique
Depuis lort longtemps, on a constaté qu’il existait des rapports entre les traumatismes et la tuberculose et en particulier la tuberculose pulmonaire; néanmoins, la confusion n’a pas cessé de régner à cet égard et nombreuses ont été les discussions qu’a fait naître la constatation de ces rapports.
Suivant les époques, la tuberculose traumatique connût des fortunes diverses ; tantôt niée, tantôt admise, elle a toujours conservé cependant quelques partisans ou quelques détracteurs.
On peut dire que, d’une façon générale, on n’a attaché que fort peu d’importance au traumatisme dans l’éclosion de la tuberculose et, à la lecture des traités classiques, on constate que la plupart des auteurs se bornent à citer le traumatisme parmi les nombreuses causes occasionnelles qu’il est d’usage d’énumérer lorsqu’on étudie l’étiologie de la tuberculose.
A l'heure actuelle, l’accord n’est pas encore réalisé à ce sujet. Pourtant, depuis la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail, le problème de la tuberculose traumatique revêt une importance considérable puis-
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BOSVIEUX.
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que, quittant le plan théorique où il était resté cantonné le plus souvent jusqu'ici, il est passé dans le domaine pratique.
Quel rôle attribuer au traumatisme dans l’évolution d'une tuberculose? Quel est le montant de l'indemnité qu’il est équitable d’accorder à la victime d’un accident du travail ou d’un accident de droit commun? Tels sont les problèmes que les experts ont très fréquemment à résoudre aujourd’hui. De nombreux travaux cliniques et expérimentaux ont eu pour but d’en trouver la solution.
Il faut remonter à l’antiquité pour retrouver l’observation, la plus ancienne à notre connaissance, relative à la tuberculose traumatique. Elle est rapportée par HERODOTE. Bien que l’anecdote ci-après ait été citée très souvent, nous pensons qu'il est intéressant de la rappeler au début du présent travail, car l’hémorragie consécutive au traumatisme, qui a particulièrement retenu notre attention, y est déjà signalée. Hérodote raconte en effet que « Pharnuchès, général de cavalerie du roi Xerxès, fut retenu à Sardes par une maladie que lui avait occasionné un accident fâcheux pendant que l’armée partait de cette ville. Son cheval, effrayé par un chien qui arriva à l’improviste entre ses jambes, se dressa et le jeta à terre. Pharnuchès vomit le sang et tomba dans une maladie qui dégénéra en phtisie. »
En France, PORTAL rapporta le premier un cas de tuberculose traumatique, dans un ouvrage intitulé
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« Observations sur la nature et le traitement de la phtisie pulmonaire » paru en 1792. Là encore, il y eut hémorragie à la suite du choc. Un maçon fit une chute d’un lieu élevé et la violente contusion thoracique qui en résulta détermina presque immédiatement une abondante hémoptysie. Un mois après l’accident, les premiers signes de phtisie apparurent et le malade mourut rapidement.
À cette époque, l’hémoptysie initiale n’était pas in-
terprétée comme nous le faisons actuellement. Cette hémoptysie, que nous considérons aujourd’hui comme un signe révélateur et souvent providentiel d’une tuberculose en évolution, paraissait alors en constituer la cause même.
. LAENNEC et ANDRAL, rejetant le vieil adage de Morton : « phtisis ab hemoptoase » refusaient d’attribuer à l’hémorragie un rôle déterminant dans la genèse de la tuberculose pulmonaire. Ils niaient de même lexistence de la phtisie traumatique. Il est curieux, par contre, de noter que ces mêmes auteurs reconnaissaient l’action du traumatisme sur l’évolution de la pleurésie, dont la nature tuberculeuse était d’ailleurs méconnue de leur temps.
Dans la suite, le rôle du traumatisme ne fut plus guère admis. LARREY, le fils du chirurgien de la Grande Armée, écrivait cependant un peu plus tard : « Les causes de l’adénite tuberculeuse sont souvent externes, agissant tantôt sur les ganglions directement comme les contusions, les plaies, les frottements répétés, tantôt indirectement comme les lésions susceptibles de