‹ Les tumeurs chez les animauxChapitre 6 sur 33 · Archiv fur klinische Chirurgie, t. XXVII, p · texte numérisé non relu

Archiv fur klinische Chirurgie, t. XXVII, p

REVUE DE CHIRURGIE

fait confirmant le rôle des congestions et des inflammations, dans le cancer du sein on a aussi signalé le nombre d’ordinaire considérable des grossesses chez les femmes qui en sont atteintes. 21 p. 100 des femmes observées par von Winiwarter 1 avaient eu plus de six enfants. Sans avoir, bien entendu, de nombre précis, est-il possible de retrouver ces deux facteurs dans le cancer des mamelles si fréquent chez la chienne? Le rôle des engorgements laiteux antérieurs, la transformation possible d’engorgements encore existants en tumeur sont admis par tous les vétérinaires. Le siège primitif du mal vient constituer une nouvelle preuve; il occupe presque toujours au début les mamelles postérieures, celles qui sont aussi le plus fréquemment le siège des engorgements. On retrouverait enfin la même influence du sexe que dans l’espèce humaine : le cancer des mamelles est aussi commun chez la chienne qu il est rare chez le chien.

Une différence dans l’étiologie nous était cependant signalée par M. Leblanc. Chez la chienne, le nombre des portées n’a aucune influence; peut-être même les chiennes stériles ou peu fécondes seraient- elles davantage atteintes. 11 est facile d’expliquer ce fait par une différence physiologique, le rut qui survient deux fois par an chez la chienne, s’accompagnant, qu’il y ait ou non fécondation, d’une très forte congestion mammaire avec sécrétion de lait. Chez la femme, au contraire, la congestion menstruelle est peu importante et la sécrétion ne s’établit que dans le cas de grossesse.

Dans leur travail, ancien déjà mais si remarquable, sur la pathologie comparée des tumeurs, Trousseau et Leblanc2 ont signalé chez les animaux la présence de tumeurs mixtes en partie inflammatoires, en partie néoplasiques. Les moyens résolutifs pouvaient même, dans quelques cas, amener la disparition presque totale de la tumeur, mais le noyau restant reprenait ensuite sa marche envahissante. Chez l’homme, cette inflammation surajoutée au néoplasme pourrait se retrouver surtout dans les sarcomes. Nous avons même vu un fait où la diminution obtenue sous l’influence de l’iodure de potassium et des frictions mercurielles (agissant sans doute comme résolutifs et aidés d’ailleurs par le repos) fit changer le diagnostic et croire à une affection syphilitique. Mais, ce premier effet épuisé, le sarcome reprenait bientôt tous ses droits.

Pourrait-on faire quelques recherches expérimentales sur le rôle de l’inflammation dans la production des tumeurs chez les animaux? Il est un certain nombre de produits chimiques : la suie, le goudron,

Page 1