Archives générales de médecine, 1828, vol. XVI, p
la paraffine, les produits empyreumatiques de la fumée de tabac, qui ont été souvent chez l’homme accusés de produire des ulcérations spécialement susceptibles de dégénérer en épithéliomas. Ce fait pourrait être facilement étudié, mais avec le soin d’expérimenter moins sur la peau, très rarement atteinte de cancroïdes, que sur les surfaces muqueuses voisines de la peau beaucoup plus susceptibles. La lèvre chez le chat, l’anus chez le chien constitueraient les meilleurs points d’expérience. Une autre substance accusée récemment de produire souvent chez les mineurs du Harz des cancers du poumon, les poussières de minerai de cobalt composées en grande partie d’arseniure de cobalt, mériterait aussi d’être essayée en inhalations.
Pour les tumeurs des végétaux l’influence des inflammations se confond en grande partie avec celles des traumatismes. Quelques faits curieux méritent pourtant une courte mention. Les platanes de Londres présenteraient, d’après Roger Williams L, de très nombreuses tumeurs dues à la pénétration des poussières de charbon et autres corps étrangers dans les fissures qui se produisent au moment de la chute périodique de leur écorce. Presque tous en sont atteints; les plus vigoureux et les plus beaux sont seuls épargnés, comme s’ils offraient seuls à l’agent d’irritation une force de résistance suffisante. La production des galles à la suite de piqûres d’insectes offre un autre exemple intéressant de prolifération cellulaire sous l’influence d’irritation. Il est à remarquer que cette prolifération des cellules évolue toujours de même sous l’influence de la piqûre du même insecte. Mais il est à remarquer aussi qu’elle prend avec chaque insecte un aspect particulier. Sur les chênes d'Europe seuls, on a pu distinguer près de cent espèces différentes de ces tumeurs, toutes très caractérisées et produites toutes par autant de variétés d’insectes. Ceux-ci appartenant à des espèces très voisines, il suffit donc de la plus légère différence dans le mode d’irritation pour changer d'une façon souvent très notable l’évolution de la prolifération cellulaire. Des tumeurs analogues aux galles ont d’ailleurs pu être produites sur les végétaux par divers irritants chimiques. Darwin, dans les dernières années de sa vie, avait fait un très grand nombre d’expériences pour étudier cette prolifération des cellules des végétaux produites par les diverses sortes d’irritants; ses recherches furent malheureusement interrompues par la mort. Et Virchow avait déjà montré avec autorité le point qui rapproche ces productions végétales des tumeurs de l’homme. Si éloignées qu’elles soient les unes des