TUMEURS DU LOBULE ET DU PLI COURBE
siste dans l’impossibilité pour le malade de dénommer les objets qu'on met sous ses yeux, tandis que, s’il en prend connaissance par le toucher, le goût, l’odorat, ou l’ouïe, il les désigne aussitôt
Nous nous sommes déjà expliqué sur les causes de Yalexie, de la cécité verbale , de l 'aphasie sensorielle , et de Y hémianopsie, dans les lésions du pli courbe. — Celui-ci fait partie de la zone du langage; il est le centre où se déposent les images visuelles commémoratives des mots (imprimés ou écrits), d’où Yalexie, c’est-àdire la lecture rendue impossible. — L ’agrapliie (sauf pour la copie) s’y joint habituellement; car, ainsi que le fait remarquer Déjerine, pour écrire, l’intégrité des images commémoratives visuelles est nécessaire.
D’autre part, au voisinage du pli courbe et sous le lobule pariétal inférieur, passent les faisceaux nerveux, qui unissent les centres visuels des deux lobes occipitaux, aux lobes temporal et frontal gauches (Qg. 52). La destruction de ces fibres entraîne des troubles d’aphasie sensorielle. — Celle-ci peut survenir, d’autre part, par l’action compressive directe de la tumeur, sur le lobe temporal voisin.
Quant à I’hémianopsie, elle esL le résultat de la destruction ou de la compression des radiations optiques de Graliolet, qui vont à la scissure calcarine (fig. 51, 52).
Plus la tumeur pénètre profondément dans la substance blanche sous-jacente, plus ces divers troubles s’accentuent; ils sont à leur maximum, si la lésion atteint le voisinage des ventricules et altère le faisceau longitudinal , le tapétum et le splénium (voir fig. 126 et 128).
Lorsqu'il s’agit de tumeurs de cette région, siégeant dans l’hémisphère droit, le diagnostic ne peut compter sur l’existence des troubles de Y aphasie sensorielle. — Une malade, qui avait un assez gros fibro-sarcome de la scissure inlerpariétale , ne présenta d autres symptômes que les troubles généraux des tumeurs cérébrales, et de la titubation, sans paralysie. Elle ne pouvait se tenir debout sans être entraînée en arrière, avec une tendance au mouvement de manège, de gauche à droite. Bernheim, qui rapporte le fait, le rapproche de celui que nous avons déjà cité, pour montrer que des troubles de l’équilibration peuvent exister dans les tumeurs de cette région du cerveau : ils ne nous paraissent, à l’heure présente, avoir aucune valeur localisatri.ee 3 .
Wernicke ( tlerderkrankung des unleren Scheitellapchens, Arch. f. Psych., Bd. 20, Heft I). — Bruns (Neurol. Centralblatt, 1894, n°* 1 et 2). — Sanger(ilfefL Centralbl., 1895, n° 10). — Mingazzini (Rivista di freniatria, 1898, vol. XXIV). — Oppenheim (toc. cit., p. 117).